Premières lignes #114

Homo Sapienne est un livre que j’ai découvert au cours de la semaine passée, et j’ai bien envie qu’il rejoigne ma pile à lire !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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PRÉFACE

Un autre Groenland

Le lecteur qui penserait trouver dans ce roman de Niviaq Korneliussen un récit de grands espaces, de glace, de neige, de froid extrême, de difficultés physiques, d’icebergs, de préoccupations environnementales et de survie culturelle, en somme un roman du Groenland qui reprendrait les schèmes de l’imaginaire du Nord tels que posés par les grandes cultures européennes et nord-américaines, se trouvera complètement dérouté. Sa lecture lui permettra plutôt de découvrir de l’intérieur et sans ménagement l’univers complexe et subtil des questionnements sexués de cinq jeunes urbains de Nuuk, pour qui la vie dans l’Arctique est au cœur des remises en question contemporaines sur le genre. Ceux-ci vivent intensément cette réflexion dans une forme littéraire actuelle et travaillée par la stridence des échanges sociaux multiples et croisés. Dans ce maëlstrom de cultures, le colonialisme envers les Inuits devient un prétexte condamnable et trop souvent utilisé pour esquiver l’essentiel : « Enough of that postcolonial piece of shit » écrit en anglais la romancière. Cesse de reporter la faute sur l’autre ; sois responsable de ton sort. « Tu n’es pas à plaindre. »

Homo Sapienne, Niviaq Korneliussen, 2014.

Homo Sapienne

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