Premières lignes #273

J’imagine que, comme moi, vous avez des livres qui traînent dans votre pile à lire depuis une éternité. Vous les avez achetés en vous disant que vous les lirez rapidement, mais il y a toujours eu d’autres lectures à passer avant. Chez moi, Chroniques des Ombres de Pierre Bordage est dans ce cas-là. Certes, c’est une brique, mais ce n’est pas ça qui me rebute – rien ne me rebute, en fait, si ce n’est la flemme. C’est un roman post-apocalyptique avec, semble-t-il, une touche de thriller. Je compte m’y mettre cet été (à voir si je m’y tiens!).

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Chapitre 1

Ne te laisse jamais enfermer dans une Cité Unifiée :
tu y perdrais bien plus que ton âme.
L’homme qui sacrifie sa liberté au nom de la sécurité
jette de la terre sur le rêve humain.

Proverbe horcite

Cité Unifiée de NyLoPa

La première offensive des Ombres ne fut précédée d’aucun signe. Elle se produisit dans un quartier banal de NyLoPa, l’un de ces soirs paisibles que rien ne semblait devoir perturber.

Chroniques des Ombres, Pierre Bordage, 2013.

Chroniques des Ombres

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L’incroyable vie normale de Joséphine

L’incroyable vie normale de Joséphine

Quatrième de couverture :

Joséphine a un rêve : décrocher un prix Nobel, comme son idole Marie Curie. Avec sa mère et son meilleur acolyte – leur chien Pitch –, elle vit en Bretagne, où elle passe le plus clair de son temps libre sur le très sérieux site Doctissimo.
Seulement voilà, à la suite d’une étude menée par la meilleure scientifique qu’elle connaisse – elle-même –, Jojo est formelle : Pitch va mourir. Ni une ni deux, elle débarque au cabinet voisin, où elle fait la connaissance d’Alek. Ce jeune vétérinaire la rassure, devient son allié et accepte même qu’elle fasse un stage d’observation à ses côtés. Au fil de ses rencontres, et à la lueur des valeurs qui l’animent telles que le respect du vivant et de la nature, Joséphine se construit, imaginant un futur radieux. Mais le passé de son nouvel ami Alek pourrait bien ternir l’idée qu’elle se fait du monde idéal.

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Premières lignes #261

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, je vous retrouve avec les premières lignes d’un roman qui a l’air drôle, plein de légèreté : L’incroyable vie normale de Joséphine. Bonne lecture et bon dimanche à vous !

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1

— J’ai chaud aux yeux !
— Rince-les à l’eau glacée, répondit distraitement Sophie, en pleine partie de jeu vidéo.
La jeune maman était allongée sur le ventre, à même le sol, tâtonnant à l’aveugle de sa main libre sur un plateau, à la recherche de sablés bretons ouvert quelques minutes auparavant… Vide. Impossible ! Elle lorgna du côté de son chien, le regard sévère. Pitch dormait paisiblement, la preuve de son délit encore bien en vue : collée à ses moustaches. La pause hebdomadaire qu’elle avait coutume de s’accorder ne se passait jamais comme prévu. Elle soupira d’agacement et focalisa son attention sur sa fille.
Joséphine, à peine neuf ans, les yeux bleus ornés de lunettes rondes, venait de se matérialiser sur le seuil de la pièce de vie, l’air affolé.
— Rapport ? soupira Sophie.
La petite, soulagée, s’assit à l’extrémité du canapé en tissu. Elle prit soin de garder ses distances avec les deux autres membres de la famille, craignant d’être contagieuse.
— Ça dépend des sites… Bon, je commence par le plus sérieux : Doctissimo. Dans le cas le moins grave, fatigue oculaire, voire sécheresse des yeux. Une femme sur le forum a attiré mon attention sur le glaucome…

L’incroyable vie normale de Joséphine, Angéline Michel, 2020.

L’incroyable vie normale de Joséphine

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Premières lignes #243

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Première Partie

Le départ

1

« Prononcez le mot secret et gagnez cent dol-
lars. George, qui sont nos cent premiers concur-
rents ? George… ? Tu es là, George ? »
Groucho MARX, You Bet Your Life

Une vieille Ford bleue se présenta ce matin-là au guichet du parking, l’air d’un petit fatigué après une longue course. Un des gardiens, un jeune homme sans expression portant un uniforme kaki et ceinturon, demanda à voir la carte d’identité en plastique bleu. Le garçon assis à l’arrière la donna à sa mère, qui la remit au gardien. Celui-ci l’emporta vers un terminal d’ordinateur qui avait l’air bizarre et déplacé dans ce cadre rural. Le terminal avala la carte et écrivit sur son écran :

GARRATY RAYMOND DAVIS
RTE 1 POWNAL MAINE
CANTN D’ANDROSGOGGIN
N° d’immat.  49-801-89
O.K. — O.K. — O.K.

Le gardien appuya sur un bouton et tout disparut, laissant l’écran lisse, vert et vide. Il leur fit signe d’avancer.
— Ils ne rendent pas la carte ? demanda Mrs. Garraty. Ils ne…
— Non, maman, répondit patiemment Garraty.
— Eh bien, je n’aime pas ça, remarqua-t-elle en allant se garer dans un espace libre.
Elle répétait cela depuis qu’ils étaient partis dans la nuit, à 2 heures du matin. Ou plutôt, elle gémissait.
— Ne te fais pas de souci, dit-il à sans même y prêter attention.
Il était occupé à tout observer et absorbé par ses propres sentiments, d’attente et de peur. Il descendit avant même que la voiture eût pu pousser son dernier soupir. C’était un grand garçon, bien charpenté, portant un blouson militaire fané contre la fraîcheur de ce petit matin de printemps.

Marche ou crève, Stephen King, 1979.

Marche ou crève

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Courts retours #24

Bien le bonjour, cher·es lecturovores !
Au programme de ce Courts retours, uniquement des suites car je vais enfin vous parler de la deuxième intégrale du Trône de fer  de George R.R. Martin, puis il sera question des tomes 30 et 31 de L’attaque des titans de Hajime Isayama, et on terminera par le tome 2 de Our Colorful Days de Gengoroh Tagame.

Premières lignes #240

Bien le bonjour, ami·es lecteur·rices !
Pour les premières lignes de ce jour, c’est un peu particulier puisqu’il s’agit de celles du premier roman des Aventuriers de la mer de Robin Hobb, histoire se déroulant dans l’univers de L’assassin royal mais avec des personnages qui n’ont aucun rapport les uns avec les autres (en tout cas pour ce début). Le livre s’ouvre avec un prologue où l’on suit les échanges de bien étranges serpents… J’avoue que je ne m’attendais pas à cela en commençant ma lecture et j’ai pourtant été prise par cette introduction. Je vous laisse découvrir cela…

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PROLOGUE

LE NŒUD

D’un mouvement puissant qui souleva un épais nuage de débris, Maulkin s’éleva de la fange dans laquelle il se vautrait ; des lambeaux de mue s’éloignèrent de lui, emportés par les tourbillons de sable et de boue, tels les vestiges d’un songe au réveil. Paresseusement, son long corps sinueux dessina une boucle et se frotta contre lui-même pour arracher les derniers restes de son ancienne peau. Tandis que la vase retombait lentement, il se tourna vers la vingtaine d’autres serpents étendus dans les sédiements qui les grattaient agréablement. Il secoua la crinière de sa grande tête puis banda son long corps musclé. « Il est temps, trompeta-t-il de sa voix profonde. L’heure est venue. » Du fond de la mer, tous levèrent dans sa direction leurs grands yeux verts, or et cuivre qui ne cillaient jamais. Shriver, parlant au nom du groupe, demanda : « Pourquoi ? L’eau est chaude, ici, et la nourriture abondante. L’hiver n’est pas venu depuis cent ans. Pourquoi faut-il partir ? »
Maulkin s’enroula de nouveau sur lui-même. Ses écailles nouvellement mises à nu étincelaient dans la lumière bleue et tamise du soleil. Le frottement aviva les teintes des faux yeux couleur or qui couraient tout le long de son corps et le désignaient comme l’un des détenteurs de la vision d’autrefois : Maulkin possédait des souvenirs, des souvenirs du temps d’avant le temps d’aujourd’hui ; ses perceptions manquaient de logique et de clarté car, comme beaucoup de ceux qui se trouvaient pris entre les époques, il était souvent distrait et incohérent. Il secoua sa crinière jusqu’à ce que son poison paralysant forme un nuage pâle autour de sa tête ; alors il avala sa propre toxine et la recracha par les ouïes pour affirmer la véracité de ses dires. « Parce qu’il est temps ! » lança-t-il d’un ton pressant, et il fut brusquement volte-face pour foncer droit vers la surface, s’élevant plus vite que les bulles d’air. Très loin au-dessus du groupe, il creva le plafond, bondit brièvement dans le grand Vide avant de replonger et de se mettre à nager éperdument en rond, rendu muet par le sentiment d’urgence qu’il éprouvait. « Certains nœuds sont déjà partis, dit Shriver d’un ton pensif. Pas tous, pas même la plupart, mais assez pour constater leur absence quand nous montons chanter dans le Vide. Il est peut-être temps. » Sessuréa s’enfonça davantage dans la boue. « Ou bien non, répondit-il d’une voix indolente.À mon sens, nous devrions attendre que le nœud d’Aubren s’en aille. Aubren est plu… stable que Maulkin. »
Près de lui, Shriver s’extirpa brusquement de la vase. Sa nouvelle peau avait une saisissante couleur écarlate par contraste avec les lambeaux marron qui pendaient encore de son corps. Elle en attrapa un grand morceau dans sa gueule et l’engloutit avant de répliquer : «  Il vaudrait peut-être mieux que tu rallies le nœud d’Aubren si tu doutes de la parole de Maulkin. Pour ma part, je compte le suivre vers le Nord. Je préfère partir trop tôt que trop tard, si cela doit nous éviter d’arriver en même temps que des vingtaines d’autres nœuds et d’être obligés de nous battre pour manger. » Souplement, elle fit une boucle de son corps pour arracher les derniers fragments de sa mue, puis elle secoua sa crinière et dressa la tête. Son barrissement strident ébranla les eaux : « Je viens, Maulkin ! Je t’accompagne ! » Et elle s’élança pour rejoindre le chef qui poursuivait sa danse tournoyante au-dessus d’elle.
Alors, l’un après l’autre, les grands serpents quittèrent la boue collante en y laissant leur peau morte. Tous, même Sessuréa, montèrent des profondeurs pour se joindre au ballet du nœud dans l’eau chaude juste en-dessous du plafond du Plein. Ils allaient partir vers le Nord pour retrouver les eaux d’où ils étaient venus, dans le temps lointain dont bien peu se souvenaient.

Les aventuriers de la mer, tome 1 : Le vaisseau magique, Robin Hobb, 1998.

Les aventuriers de la mer, tome 1 : Le vaisseau magique

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La liste de Schindler

La liste de Schindler

Quatrième de couverture :

Cracovie 1943, Oskar Schindler, industriel allemand, est venu en Pologne sur les pas de l’armée nazie et a vite fait de prospérer grâce à ses amis S.S., en fabriquant de la vaisselle émaillée. Il sort chaque soir, croix gammée au revers du smoking, pour ripailler le plus souvent chez Amon Goeth, commandant du camp de travaux forcés de Plaszow, près de Cracovie. Buveur, sadique, amateur de poules de luxe, Goeth lui fournit, contre cadeaux, la main-d’œuvre de ses ateliers, juive, bon marché.
Mais ce qui est bon marché, en 1943, c’est la vie des juifs. En les gardant à travailler chez lui, Schindler les sauve de l’extermination. Car Auschwitz-Birkenau est tout près. Au cœur de l’enfer concentrationnaire. Une « liste » de juifs échappe ainsi à la mort. Ils témoigneront après la guerre. Aujourd’hui, un arbre à Jérusalem se nomme O. Schindler.

Courts retours #20

Salutations !
Un nouveau Courts retours pour parler en bref de quelques lectures ! Et je vais commencer, comme avec le précédent Courts retours, avec L’assassin royal de Robin Hobb mais, cette fois-ci, il s’agit du cinquième tome : La voie magique. Ensuite, je vais vous parler du premier tome de deux manga que j’ai découvert grâce aux éditions Akata et leur opération « Reste chez toi avec un manga« , à savoir Éclat(s) d’âme de Yuhki Kamatani et Orange de Ichigo Takano.

Courts retours #19

Salutations !
Je vous retrouve aujourd’hui pour Courts retours, où l’on va parler fantasy avec L’assassin royal, tome 4 : Le poison de la vengeance de Robin Hobb, puis nous nous lancerons dans de la dark fantasy avec Les annales de la Compagnie noire, tome 3 : La Rose Blanche de Glen Cook avant de terminer avec le comics super trash qu’est I Hate Fairyland, tome 1 de Skottie Young.

Courts retours #15

Bien le bonjour, les lecturovores !
Au programme de ce Courts retours, vous trouverez L’assassin royal, t.3 : La nef du crépuscule de Robin Hobb, la sympathique mais dérangeante Adèle, licorne malgré elle de Ludivine Irolla ainsi que le sixième volume du manga historique Reine d’Egypte de Chie Inudoh. Nous allons donc naviguer vers l’Egypte antique en faisant le détour par une fantastique ferme !