Premières lignes #164

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Introduction

Sang tabou (ni trompettes)

 

Comme des milliards de femmes depuis que le monde est monde, j’ai eu mes règles chaque mois pendant près de quarante ans. Entre avril 1975 et février 2015, cela représente environ 400 cycles si l’on enlève la période de la grossesse et les errances de la préménopause. Soit près de 2 400 jours marqués par l’écoulement entre mes jambes de ce qu’on appelle le sang menstruel : un signal d’ovulation et, donc, de fertilité. Par comparaison, la femme du Moyen Âge, en Europe, n’ovulant en moyenne qu’une centaine de fois dans sa vie. Le reste du temps, elle était enceinte, ou elle allaitait, ou elle était morte. Au XVIIIe siècle, la femme qui était parvenue à survivre à son enfance avait une espérance de vie de vingt-huit ans et, avec un taux de mortalité maternelle de 1,2%, avait mille fois plus de risques de mourir en couches qu’aujourd’hui.

Ceci est mon sang, Elise Thiébaut, 2017.

Ceci est mon sang – Petite histoire des règles, de celles qui les ont et de ceux qui les font

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

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Sorcières, l’impuissance invaincue des femmes

Sorcières – La puissance invaincue des femmes

Résumé :

Qu’elles vendent des grimoires sur Etsy, postent des photos de leur autel orné de cristaux sur Instagram ou se rassemblent pour jeter des sorts à Donald Trump, les sorcières sont partout. Davantage encore que leurs aînées des années 1970, les féministes actuelles semblent hantées par cette figure. La sorcière est à la fois la victime absolue, celle pour qui on réclame justice, et la rebelle obstinée, insaisissable. Mais qui étaient au juste celles qui, dans l’Europe de la Renaissance, ont été accusées de sorcellerie ? Quels types de femme ces siècles de terreur ont-ils censurés, éliminés, réprimés ?
Ce livre en explore trois et examine ce qu’il en reste aujourd’hui, dans nos préjugés et nos représentations : la femme indépendante — puisque les veuves et les célibataires furent particulièrement visées ; la femme sans enfant — puisque l’époque des chasses a marqué la fin de la tolérance pour celles qui prétendaient contrôler leur fécondité ; et la femme âgée – devenue, et restée depuis, un objet d’horreur.
Enfin, il sera aussi question de la vision du monde que la traque des sorcières a servi à promouvoir, du rapport guerrier qui s’est développé alors tant à l’égard des femmes que de la nature : une double malédiction qui reste à lever.

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française

Quatrième de couverture :

La race a une histoire, qui renvoie à l’histoire de la différence sexuelle. Au XVIIe siècle, les discours médicaux affligent le corps des femmes de mille maux : « suffocation de la matrice » « hystérie », « fureur utérine », etc. La conception du corps des femmes comme un corps malade justifie efficacement l’inégalité des sexes. Le sain et le malsain fonctionnent comme des catégories de pouvoir. Aux Amériques, les premiers naturalistes prennent alors modèle sur la différence sexuelle pour élaborer le concept de « race » : les Indiens Caraïbes ou les esclaves déportés seraient des populations au tempérament pathogène, efféminé et faible.
Ce sont ces articulations entre le genre, la sexualité et la race, et son rôle central dans la formation de la Nation française moderne qu’analyse Elsa Dorlin, au croisement de la philosophie politique, de l’histoire de la médecine et des études sur le genre. L’auteure montre comment on est passé de la définition d’un « tempérament de sexe » à celle d’un « tempérament de race ». La Nation prend littéralement corps dans le modèle féminin de la « mère », blanche, saine et maternelle, opposée aux figures d’une féminité « dégénérée » ? la sorcière, la vaporeuse, la vivandière hommasse, la nymphomane, la tribade et l’esclave africaine. Il apparaît ainsi que le sexe et la race participent d’une même matrice au moment où la Nation française s’engage dans l’esclavage et la colonisation.

Premières lignes #111

Etant en vacances, j’actualiserai les liens dans la mesure du possible (mes articles sont actuellement programmés, et j’ai peu de réseau).
Pour ce dimanche, j’ai choisi un livre que l’on m’a prêté, qui n’est peut-être pas le plus simple à lire mais qui promet d’être très intéressant.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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Préface

C’est une des difficultés auxquelles l’histoire féministe continue d’être confrontée : comment donner à voir les relations qui unissent l’histoire de la sexualité à celle de la politique ? Le plus souvent, on s’attache à décrire ce qu’on pourrait appeler la politique du sexe : l’histoire des relations de pouvoir entre hommes et femmes, soit les efforts des hommes pour maintenir les femmes en position dominée. La tâche est plus ardue lorsqu’il s’agit de montrer comment la conduite de la politique, autrement dit la négociation d’intérêts économiques, la guerre, la construction de la nation ou le colonialisme, est liée à des conceptions du sexe et de la sexualité.

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française, Elsa Dorin, 2006.

La matrice de la race – Généalogie sexuelle et coloniale de la Nation française

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi  :

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Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte

Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte

Quatrième de couverture :

« Fils de pute », « nique ta mère », « sale chien », « connasse », « pédé » : pourquoi insulte-t-on ? Dans quels cas les injures sont-elles efficaces ? Comment peuvent-elles aussi rater leur cible et se retourner contre celui qui les profère ?
Injurier, c’est chercher à humilier. Ce livre pourrait certes nous apprendre à « bien injurier », mais il pourrait aussi nous aider à résister à la violence des mots. Celui qui veut injurier efficacement doit se faire apprenti sociologue ! Car les injures renferment des mystères plus profonds qu’il n’y paraît à première vue. Elles tendent à nous assigner un rôle, à nous définir. Elles recèlent un réel pouvoir magique : celui qui est nommé peut se reconnaître, et trouver ainsi une nouvelle manière d’exister et… de se révolter.
Ce livre explore une variété d’injures et d’insultes courantes aujourd’hui. A chaque fois, il en reconstitue le contexte et le sens. Il propose ainsi un parcours amusant, plein de péripéties et d’aventures dans un monde pas toujours reluisant qui est pourtant le nôtre. C’est aussi un livre d’espoir pour un avenir meilleur.

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Premières lignes #15

Rappel du principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Je vous propose dorénavant de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste.
Cette fois-ci, je vous présente les premières lignes d’un essai : Injuriez-vous !.

 

« À 21 heures, Francine, probablement trop saoule, refuse le dernier pastis. C’est à ce moment-là que l’insulte  »triple buse » fuse. Le mot de trop qui a conduit au drame. Gilbert a été poignardé dans son fauteuil. » Voici un fait divers relaté dans La Voix du Nord. L’insulte « triple buse » a tué! Certes toute insulte ne mène pas à ce résultat, mais dans la plupart des cas son action va bien au-delà de son énonciation. Ici, l’invective « triple buse » a exaspéré Francine qui n’a pas eu d’autre réponse que de tuer Gilbert, son compagnon. Cette situation demeure singulière, c’est en cela que c’est un fait divers, la plupart des injures et insultes, si elles blessent, ne tuent pas ; mieux, elles peuvent nous rendre plus forts…

Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte, Julienne Flory 2016.

Injuriez-vous ! Du bon usage de l’insulte

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi (liens à actualiser pour cette nouvelle semaine) :
Moglug 
Les Livres de George
Nadège
• La Chambre rose et noire
Lily (Au café bleu)
• Mon Univers fantasy
• La bibliothèque de Céline
• A la page des livres
Mokamilla
• Lectoplum