Bilan 2020

L’année 2020 se termine et le temps des bilans est venu. Je commence aujourd’hui avec le bilan annuel ; viendront bien sûr le bilan du mois de décembre et le bilan final du Challenge de l’Imaginaire.

Cette année, j’ai lu 143 livres, soit 13 de plus qu’en 2019. Parmi ces 143 livres, il y a 56 romans (dont 7 biographies et autobiographies) et 69 BD, manga et comics. Le reste est de la poésie, des essais, des beaux-livres…
Je n’ai pas compté le nombre de pages lues cette fois mais, croyez-moi, ça en fait un paquet !

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Premières lignes #236

Bien le bonjour, cher·es lecturovores !
Pour les Premières lignes de ce jour, j’ai pris au hasard un livre de ma pile à lire. Je dois dire qu’en les lisant, j’ai tout de suite apprécié l’atmosphère qui s’en dégage. Et vous, quel est votre ressenti ?
Passez une belle journée.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

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La riche senteur des roses emplissait l’escalier, et lorsque la brise d’été agitait les arbres du jardin, les lourds effluves de lilas, ou la fragrance plus subtile de l’épine rose, pénétraient par la porte ouverte.
Depuis le coin du divan aux motifs persans sur lequel il était étendu, fumant, comme à son habitude, cigarette sur cigarette, Lord Henry Wotton apercevait tout juste l’éclat d’un cytise aux fleurs couleur de miel, suaves comme le miel, dont les rameaux frémissants paraissaient à peine capables de porter le poids d’une beauté aussi flamboyante que la leur, cependant que de temps à autre les ombres fantastiques projetées par les oiseaux en vol s’inscrivaient un instant sur les longs rideaux de tussor tendus sur la fenêtre immense, et créaient passagèrement une sorte d’effet japonais qui lui rappelait le visage blafard comme le jade de ces peintres de Tokyo qui, par l’intermédiaire d’un art nécessairement immobile, tentent de traduire le mouvement et la vitesse. Le murmure obstiné des abeilles cheminant lourdement parmi les hautes herbes qu’on n’avait pas encore tondues, ou faisant des cercles monotones au-dessus des aigrettes dorées et poudreuses du chèvrefeuille qui poussait en tous sens, semblait rendre le silence encore plus oppressant. Le grondement indistinct de Londres était comme le bourdon d’un orgue dans le lointain.
Au centre de la pièce, fixé sur un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une beauté extraordinaire et, face à lui, à quelque distance, était assis l’artiste lui-même, Basil Hallward, dont la disparition subite, il y a quelques années, suscita dans l’opinion un tel émoi et fit naître de si étranges conjectures.
Le peintre regardait la forme gracieuse et avenante que son art avait si habilement reflétée, et un sourire de plaisir passa sur son visage et parut vouloir s’y attarder. Mais soudain il sursauta et, fermant les yeux, posa les doigts sur ses paupières, comme s’il cherchait à emprisonner dans son cerveau un rêve curieux dont il redoutait de s’éveiller.

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde, 1891.

Le portrait de Dorian Gray

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Premières lignes #235

Bien le bonjour, les lecturovores !
Je vous ai récemment fait la chronique de La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps de Clémence Michallon et je profite de ce rendez-vous pour vous faire découvrir les premières lignes. Le roman commence par une performance sportive : la narratrice va tenter de battre son record.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Chapitre 1er

[Dans l’application Notes du téléphone de Véronica, il existe un fichier intitulé Statistiques. Chaque paragraphe commence par une date. Le premier remonte au 23 octobre 2012.]

26 avril 2018
Poids : 52,5 kilos
Taux de graisse corporelle : 15%

Le taux de graisse corporelle d’un corps comme le mien se situe habituellement entre 25 et 31%.
Entre 21 et 24%, l’ébauche des muscles commence à apparaître sous la peau.
Entre 14 et 20%, on peut voir leur forme, leurs détails, leur début et leur fin.
Les culturistes, grâce à leur entraînement et à leur régime alimentaire, parviennent à descendre plus bas. Dans les catégories féminines, on tombe à 9 ou 13%.

Au début, il y a la barre d’haltère. Elle et ses disques de fonte de chaque côté. Caleb m’a regardée les transporter. J’en ai enfilé quatre à gauche, quatre à droite. Le mécanisme de sécurité s’est refermé, mâchoires de crocodile autour d’une proie. Caleb a perçu, peut-être, la tension entre mes omoplates, un léger plissement du front. Il a dit : «C’est pour ça que tu es là, non?»
Pour la première fois, l’haltère pèse quatre-vingt-trois kilos. Mains sur les hanches, jambes écartées, je plie les genoux. Je me suis échauffée. Caleb m’a fait faire des pompes.
Il va falloir soulever.

La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps, Clémence Michallon, 2020.

La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps

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La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps

La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps

Quatrième de couverture :

« Devant mon assiette vide, l’escalope de dinde et les haricots verts du dîner avalés, je fais défiler les photos du bout des doigts. Je me vois – muscles des cuisses saillants sous les leggings, quadrillage des abdos, chaque rigole un petit miracle de biologie et de patience. La bosse d’un biceps, la veine d’un coude, les épaules fières. Je fixe mon corps qui n’apparaît qu’en photo et jamais devant le miroir, cette silhouette insaisissable qui, quand j’essaie de l’observer en vrai, quand je baisse les yeux sur mon ventre et palpe mes bras, devient immanquablement plus grasse, plus molle, infiniment plus empotée que la mécanique longue et fine qui se dessine à l’écran.

« Je choisis le quatrième liché, celui que Caleb a pris lorsqu’il m’a dit d’arrêter de sourire. J’imagine que c’est à ça que je ressemblais ce matin quand j’essayais de me concentrer juste avant le record, quand j’ignorais les sonneries répétées de mon portable et les appels au secours de Camélia. J’ouvre Instagram. Contrairement à ce que beaucoup de mes abonnés semblent croire, je n’abuse pas des filtres. Je n’aime pas tricher. Je me contente d’augmenter la luminosité pour corriger l’éclairage de la salle qui me donne la jaunisse. »

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