Premières lignes #117

Vendredi, je prenais la direction de Toulouse pour mon dernier match de roller derby de la saison. N’ayant pas envie de m’encombrer de gros livres papiers, je me suis armée de ma liseuse. Heureusement puisque le trajet en car a été plus long que prévu (et il est déjà loin d’être rapide…). J’en ai donc profiter pour lire La Sirène et la Licorne, un roman sorti récemment et que j’ai dévoré en un rien de temps !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Mettez le lien de votre RDV en commentaire de l’article, et je dresserai une petite liste. Elle est actualisée chaque semaine en fonction des participant.e.s.

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1. Dernière aube sur mon royaume

 Tapi au fond de sa tanière, le monstre m’observe d’un œil mauvais. Ses muscles roulent sous sa fourrure tigrée. Je tends vers lui une main amicale. J’espère encore une réconciliation. Car nous étions amis, avant. Nous étions frères d’armes. Je ne sais plus combien de fois j’ai pleuré sur sa fourrure, et, certes, je l’ai serré un peu trop fort, comme un gros ours en peluche, mais jusque-là il comprenait. Il a toujours compris.
Cependant le monstre possède un instinct de survie développé. Il a senti que, là, j’allais lui jouer un coup en traître. Même si je n’ai pas apporté la boîte dans ma chambre. Je connais mon monstre comme si je l’avais créé. Je murmure :
− Allez, sois sympa. Là on doit vraiment y aller.
En réponse, je reçois un grondement de mauvais augure. Je soupire. C’est déjà assez stressant de partir, ou plutôt de fuir comme je le fais, faut être honnête, sans me coltiner les sautes d’humeur de mon chat.

La Sirène et la Licorne, Erin Mosta, 2018.

La Sirène et la Licorne

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