Anno Dracula

Anno Dracula, tome 1

Quatrième de couverture :

Londres, 1888. Depuis que Dracula a épousé la reine Victoria, la terreur règne sur la capitale. Sous l’influence du sulfureux comte, les citoyens sont de plus en plus nombreux à rejoindre les rangs des vampires, toujours plus puissants, et il ne fait pas bon être simple mortel. Mais la riposte ne se fait pas attendre. Dans les sinistres ruelles de Whitechapel, des prostituées vampires sont assassinées par un mystérieux inconnu aux scalpels d’argent. Lancés dans la traque du tueur, Geneviève Dieudonné, une vampire à la jeunesse éternelle, et Charles Beauregard, espion au service du Diogene’s Club, vont devoir gravir les échelons du pouvoir. Et s’approcher dangereusement du souverain le plus sanguinaire qu’a jamais connu le royaume…

Premières lignes #335

Bien le bonjour, les aficionados de la lecture !
C’est dimanche, c’est Premières lignes. On arrive à la fin des vacances estivales et donc, d’ici une vingtaine de jours, arrivera l’automne. Pour ma part, rien de mieux que des bouquins horrifiques, des romans gothiques et autres histoires avec des créatures fantastiques pour me plonger dans l’ambiance. Au programme aujourd’hui, Anno Dracula 🧛‍♂️

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

« Nous, les Szekeley, avons toutes les raisons d’être fiers, car dans nos veines coule le sang de maintes tribus qui bataillèrent avec un courage de lion pour affirmer leur suprématie. Ici, dans le tourbillon des races européennes, surgit le clan des Ugriques, descendu d’Islande et possédé par l’amour du combat que leur avaient légué Thor et Odin. Leurs Berserkers montrèrent une telle férocité sur toutes les rives de l’Europe, d’Afrique et d’Asie, que les populations terrifiées crurent que c’étaient des loups-garous. Et c’est ici aussi qu’ils s’opposèrent aux Huns dont la furie guerrière avait submergé les terres tel un incendie meurtrier, jusqu’à ce que les mortels portent dans leur sang celui de ces vieilles sorcières qui, chassées de Scythie, s’étaient accouplées avec les démons du désert. Fous d’humains ! Quel guerrier fut plus redoutable qu’Attila dont le sang court dans ces veines ? Comment s’étonner que nous ayons été une race conquérante et que nous ayons refoulé les Magyars, les Lombards, les Avars, les Bulgares ou les Turcs quand leurs hordes déferlèrent sur nos frontières ? Quoi de surprenant à ce qu’Arpád et ses légions nous aient trouvé sur sa route ? Et quand le flot hongrois se déversa à l’est, les Szekeley furent déclarés cousins par les Magyars victorieux, et des siècles durant nous eûmes la garde de la frontière turque ; et sans cesse nous la surveillâmes, car comme le disent les Turcs, “l’eau dort parfois, l’ennemi jamais”. Qui, parmi les Quatre Nations qui reçurent “l’Épée Sanglante”, en fut plus fier que nous ? Et quand fut rachetée la honte de Cassova, où les étendards des Valaques et des Magyars touchèrent le sol devant ceux frappés du Croissant, qui, sinon l’un de nous, alors voïvodes, traversa le Danube pour aller humilier les Turcomans sur leurs propres terres ? Oui, ce fut un Dracula ! Et quel malheur que son traître de frère ait vendu son peuple à l’ennemi et l’ait ainsi livré à la honte de l’esclavage… Mais une fois encore, après la bataille de Mohács, nous brisâmes le joug hongrois, et à la tête de la révolte allaient les Dracula, car nous n’acceptons pas d’être privés de liberté. Ah, jeune homme, les Szekeley – et les Dracula qui sont leur sang, leur esprit et leur épée – ont la capacité d’établir une dynastie bien plus grande que celle des Habsbourg ou des Romanov. L’époque des guerres appartient au passé. Le sang est chose trop précieuse en ces temps de paix déshonorante et la gloire des grandes races n’est plus qu’une histoire racontée au coin des feux. »

Comte DRACULA

Anno Dracula, Kim Newman, 1992.

Anno Dracula, tome 1

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Premières lignes #326

En 2018, je vous partageais l’incipit de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Alors que je vais enfin me lancer dans ce texte d’ici peu, je me rends compte que ce n’est pas tant l’introduction qui m’intéresse – elle est intéressante, mais elle parle de l’écrivain or, je ne vais pas vous mentir, quand je veux lire un bouquin, c’est l’histoire qui m’attire avant tout. Alors, aujourd’hui, je vous partage les premières lignes du récit ; il prend place avant la Première Guerre mondiale.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre) avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haines et injurieuses. La plupart des gens n’ont qu’une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à le sémouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.
Ainsi en fut-il cette fois-là dans notre société de commensaux tout à fait bourgeois, qui d’habitude se livraient paisiblement à de small talks et à de petites plaisanteries sans profondeur, et qui le plus souvent, aussitôt après le repas, se dispersaient : le couple conjugal des Allemands pour excursionner et faire de la photo, le Danois rondelet pour pratiquer l’art monotone de la pêche, la dame anglaise distinguée pour retourner à ses livres, les époux italiens pour faire des escapades à Monte-Carlo, et moi pour paresser sur une chaise du jardin ou pour travailler. Mais cette fois-ci, nous restâmes tous accrochés les uns aux autres dans cette discussion acharnée ; et si l’un de nous se levait brusquement, ce n’était pas comme d’habitude pour prendre poliment congé, mais dans un accès de brûlante irritation qui, comme je l’ai déjà indiqué, revêtait des formes presque furieuses.
Il est vrai que l’événement qui avait excité à tel point notre petite société était assez singulier.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig, 1927.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

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Le Génie lesbien

Le génie lesbien

Quatrième de couverture :

Publié à l’automne 2020, Le Génie lesbien est devenu le livre de référence d’une nouvelle génération de féministes. Des citations de l’ouvrage ont fleuri sur les murs des villes et les pancartes de manifestations. Des milliers de lectrices se sont reconnues dans le parcours de son autrice, journaliste et activite lesbienne. De vifs débats en ont émergés, de la violence aussi : Alice Coffin a fait l’objet d’une campagne médiatique parfois mensongère, de menaces, de harcèlement.
Lire Le Génie lesbien, c’est comprendre les enjeux de la révolution féministe depuis #MeToo mais aussi ce qu’être lesbienne aujourd’hui veut dire, à travers le parcours familial, amoureux, professionnel et militant de l’autrice, désormais figure incontournable du mouvement féministe en France.

Premières lignes #313

Pour les Premières lignes du jour, j’ai choisi un livre que j’espère lire cette année, qui fait partie de la saga du Bourbon Kid : Que le diable l’emporte. En dehors du fait que Rodeo Rex est un personnage que j’apprécie, je trouve que, même sans le connaître, on saisit une que c’est un gars plutôt sympa, et surtout qu’il doit être fort.
Pour les personnes ayant lu ce tome, qu’en avez-vous pensé ?
Bon dimanche à vous !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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1

Dans la jeunesse de Rodeo Rex

« RANDALL’S STEAKS & BURGERS ».
Parfait. C’était précisément le genre de resto que cherchait Rodeo Rex. Sur la route depuis plus d’une heure, il avait justement passé la majeure partie du trajet à penser à des steaks et à des burgers. Ainsi qu’à des frites. Et des ailes de poulet. De la sauce barbecue. Des côtes de porc. De la bière. Du bacon. Des œufs. Du fromage fondu.
Tout occupé qu’il était à visualiser les mets délicieux susceptibles de figurer au menu, il faillit bien passer devant le restaurant sans s’arrêter. Il tourna brusquement pour quitter la route et gara sa Harley Davidson sur le parking de l’établissement, à côté d’un pick-up rouge. C’était le seul autre véhicule en vue, ce qui était une bonne chose. Rex n’était pas d’humeur à poireauter pendant des heures pour se faire servir son petit déjeuner.
Le restaurant était une sorte de cabane en bois géante dont les rondins semblaient provenir directement de la forêt d’arbres immenses qui se dressait alentour. Rex en aimait assez l’apparence, quoiqu’il n’y eût aucun moyen de savoir si l’intérieur était aussi sympa puisqu’il n’y avait pas de fenêtre.
Il n’avait pas fait trois pas vers son petit déjeuner lorsque la porte du restaurant s’ouvrit brusquement. Une petite fille brune vêtue d’une robe jaune vif sortit en courant, hurlant à pleins poumons. Rex n’était pas particulièrement doué pour deviner l’âge des gamins, mais celle-ci ne devait pas avoir plus de huit ou neuf ans. Et quelque chose lui avait de toute évidence fichu une trouille bleue puisqu’elle courait vers le pick-up rouge sans le moindre regard en direction de Rex. Quand elle arriva à son niveau, il tendit la main et l’attrapa par le bras. Les jambes de la gamine continuèrent de mouliner l’air, Rex l’ayant par inadvertance soulevée à quelques centimètres du sol. Lorsqu’il la reposa, elle réagit en le rouant de coups de pied dans les tibias et se tortilla pour se libérer de son étreinte. Son visage terrifié était constellé de taches de rousseur et de gouttes de sang.
« Ça va ? » lui demanda Rex.

Que le diable l’emporte, anonyme, 2019.

Que le diable l’emporte

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Premières lignes #312

Salutations !
Voici un livre qui traîne dans ma pile à lire depuis bien longtemps déjà… J’espère avoir l’occasion de le découvrir cette année, d’autant plus que j’en ai entendu beaucoup de bien.
Connaissez-vous No Home de Yaa Gyasi ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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Effia

La nuit où naquit Effia dans la chaleur moite du pays fanti, un feu embrasa la forêt, jouxtant la concession de son père. Il progressa rapidement, creusant son chemin pendant des jours. Il se nourrissait d’air ; il dormait dans les grottes et se cachait dans les arbres ; il brûla, se propagea, insensible à la désolation qu’il laissait derrière lui, jusqu’à ce qu’il atteigne un village ashanti. Là, il disparut, se fondant dans la nuit.
Le père d’Effia, Cobbe Otcher, laissa sa femme, Baaba, avec la nouveau-née, pour aller inspecter les dommages causés à ses ignames, ces précieuses racines essentielles à la nourriture des familles. Cobbe en avait perdu sept, et chaque perte était pour lui un coup porté aux siens. Il comprit alors que le souvenir du feu qui s’était embrasé, puis enfui, le hanterait, lui et ses enfants, aussi longtemps que durerait sa lignée.

No Home, Yaa Gyasi, 2016.

No Home

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Le Noël d’Hercule Poirot

Le Noël d’Hercule Poirot

Lecture commune avec Millina et 4E DE COUVERTURE.

Résumé de l’éditeur :

Est-ce une très bonne idée de réunir, à l’occasion des fêtes de fin d’année, des enfants qui ont tous de bonnes raisons de vous haïr ? Surtout quand il s’agit de leur annoncer que vous modifiez votre testament ?
Toujours est-il que, le 24 décembre, Simeon Lee, vieillard aussi riche que cynique, est sauvagement assassiné dans sa chambre. Et voici Hercule Poirot s’interrogeant sur Alfred et sa femme, tyrannisés depuis longtemps par leur père et beau-père ; sur Harry, qui ne lui pardonne pas les humiliations que sa mère a subies ; sur Pilar, la petite-fille espagnole, devant qui le vieil homme a peut-être imprudemment étalé ses diamants…

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Premières lignes #303

Enfin, je commence à vraiment sortir la tête des cartons et mon nouveau chez-moi prend forme petit à petit. Le sommeil revient également, ce qui est très appréciable, on ne va pas se mentir. En déménageant, j’en ai profité pour prendre des livres chez ma mère, la débarrassant et m’encombrant par la même occasion – mais ce sont des livres que je veux lire depuis un bon moment déjà, comme Rebecca de Daphné du Maurier dont je vous présente aujourd’hui les premières lignes.

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CHAPITRE PREMIER

J’ai rêvé l’autre nuit que je retournais à Manderley.
J’étais debout près de la grille devant la grande allée, mais l’entrée m’étais interdite, la grille fermée par une chaîne et un cadenas. J’appelais le concierge et personne ne répondit ; en regardant à travers les barreaux rouillés, je vis que la loge était vide.
Aucune fumée ne s’élevait de la cheminée et les petites fenêtres mansardées bâillaient à l’abandon. Puis je me sentis soudain douée de la puissance merveilleuse des rêves et je glissai à travers les barreaux comme un fantôme.

Rebecca, Daphné du Maurier, 1938.

Rebecca

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Battle Royale

Battle Royale

Quatrième de couverture :

Dans un pays asiatique imaginaire existe un programme gouvernemental connu sous le nom de «Battle Royale». Chaque année, une classe de 3e est choisie au hasard, emmenée sur une île coupée du monde, et les collégiens doivent combattre entre eux jusqu’à ce qu’il ne reste qu’un survivant… Ceci afin de servir d’exemple à la population, à la jeunesse particulièrement, et aussi de recueillir des statistiques sur le temps mis par le champion à éliminer ses camarades. Version contemporaine survitaminée de Sa Majesté des Mouches, de William Golding, Battle Royale a défrayé la chronique à sa publication, avant de devenir l’un des plus grands best-sellers de l’édition nippone.

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Premières lignes #251

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous présente le début de ma lecture en cours : Battle Royale. De façon anodine, on nous présente le principe de la battle royal durant les matchs de catchs, nous amenant ainsi à comprendre de quoi il sera question dans le roman – si la couverture n’est pas assez parlante, et si l’on ne connaît pas déjà les adaptations cinématographiques ou manga.
En vérité, le roman débute par des citations et par une liste d’élèves mais, ayant passé ça pour découvrir les premières lignes du récit, je me permets de le faire ici aussi.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Petit avertissement en guise
d’introduction

(Monologue d’un fan de catch dans un univers parallèle)
Hein ? Battle Royale ? Tu me demandes ce qu’est une Battle royale ? Tu ne connais pas ? Oh lala à quoi ça sert que tu viennes voir des matchs de catch ? Quoi ? Le nom d’une prise ? D’un championnat ? Non, pas du tout, une Battle royale, c’est un type de combat. Hein ? Aujourd’hui ? Ici ? Non, il n’y en a pas de prévue au programme. D’ailleurs, ce genre de truc, on l’organise le plus souvent dans un grand stade destinée aux événements exceptionnels. Hé, regarde ! Là, c’est Takako Inoué, ma catcheuse préférée, elle est bonne, hein ? Ah… euh… oui, pardon. Mouais… Donc on parlait de Battle royale. Ouais, la Fédération nationale nippone de catch en organise encore de temps en temps. En fait, une Battle royale… Hmm… bon, en général, les combats de catch, ça se résume à un champion contre un autre, ou alors une équipe en binôme contre un autre binôme, d’accord ? Alors que dans la Battle royale, ils sont une dizaine ou une vingtaine… t’as tout un tas de catcheurs qui montent en même temps que le ring. Et entre eux, ils peuvent se battre comme ils veulent, un contre un, un contre dix, pas de problème ! Bref, plusieurs joueurs ont le droit de se ligue ensemble.

Battle Royale, Kôshun Takami, 1999.

Battle Royale

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