L’Opoponax

L’Opoponax

Quatrième de couverture :

Mon Opoponax, c’est peut-être, c’est même à peu près sûrement le premier livre moderne qui ait été fait sur l’enfance. Mon Opoponax, c’est l’exécution capitale de quatre-vingt-dix pour cent des livres qui ont été faits sur l’enfance. C’est la fin d’une certaine littérature et j’en remercie le ciel. C’est un livre à la fois admirable et très important parce qu’il est régi par une règle de fer, jamais enfreinte ou presque jamais, celle de n’utiliser qu’un matériau descriptif pur. Ce dernier prend ici tout son sens. Il est celui-là même – mais porté au plain-chant par l’auteur – dont l’enfance se sert pour déblayer et dénombrer son univers. Ce qui revient à dire que mon Opoponax est un chef d’œuvre d’écriture parce qu’il est écrit dans la langue exacte de l’Opoponax.

Marguerite Duras
Extrait de la postface
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Premières lignes #280

Salutations, les lecturovores !
Ce dimanche, je vous propose de découvrir les premières lignes de L’Opoponax de Monique Wittig. C’est un roman sur l’enfance et j’avoue que j’appréhendais quelque peu, pour des raisons que j’ignore. Mais quand j’ai ouvert le livre… mon appréhension est restée. Je pense que vous allez comprendre en lisant les lignes ci-dessous. Pourtant, quelques dizaines de pages plus tard, impossible de décrocher.
On ne va pas le nier, L’Opoponax est un roman dense et exigent. Toutefois, il mérite d’être lu – choisissez seulement le bon moment pour vous y mettre.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Le petit garçon qui s’appelle Robert Payen entre dans la classe le dernier en criant qui c’est qui veut voir ma quéquette, qui c’est qui veut voir ma quéquette. Il est en train de reboutonner sa culotte. Il a des chaussettes en laine beige. Ma sœur lui dit de se taire, et pourquoi tu arrives toujours le dernier. Ce petit garçon qui n’a que la route à traverser et qui arrive toujours le dernier. On voit sa maison de la porte de l’école, il y a des arbres devant. Quelquefois pendant la récréation sa mère l’appelle. Elle est à la dernière fenêtre, on l’aperçoit par-dessus les arbres. Des draps pendent sur le mur. Robert, viens chercher ton cache-nez. Elle crie fort mais Robert Payen ne répond pas, ce qui fait qu’on continue d’entendre la voix qui appelle Robert. La première fois que Catherine Legrand est venue à l’école, elle a vu de la route la cour de récréation l’herbe et les lilas au bord du grillage, c’est du fil de fer lisse qui dessine des losanges, quand il pleut les gouttes d’eau glissent et s’accrochent dans les coins, c’est plus haut qu’elle. Elle tient la main de la mère qui pousse la porte. Il y a beaucoup d’enfants qui jouent dans la cour de l’école mais pas du tout de grandes personnes seulement la mère de Catherine Legrand et il vaudrait mieux qu’elle ne rentre pas dans l’école c’est seulement les enfants, il faut lui dire, est-ce qu’il faut lui dire, et dedans l’école c’est très grand, il y a beaucoup de pupitres, il y a un gros poêle rond avec encore du grillage à losanges autour, on voit le tuyau qui monte presque jusqu’au plafond, par endroits il est en accordéon, ma sœur est sur une échelle contre la fenêtre, elle fait quelque chose, elle essaie de fermer la dernière vitre.

L’Opoponax, Monique Wittig, 1964.

L’Opoponax

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

PAL du mois d’août 2021

PAL du mois d’août 2021

Salutations, les lecturovores !
Août a déjà commencé et j’ai déjà lu les tomes 6 et 7 de l’édition Perfect de Fullmetal Alchemist d’Hiromu Arakawa. Cette série, je l’ai lu il y a une éternité ; je regardais le premier anime à l’époque, et on m’avait alors prêté le manga. Je redécouvre enfin l’œuvre dans cette belle (et grande édition) et ça me fait bien plaisir de m’y replonger. Ce mois-ci, je poursuis également Costumes de Bretagne de Yann Guesdon et L’Opoponax de Monique Wittig, un roman sur l’enfance que j’ai commencé lundi matin.
Pour la suite, j’ai prévu pas mal de choses, à commencer par l’anthologie Toucher le noir, avec notamment Thilliez et (celles qui m’intéressent le plus) Mayeras et Bakowski. Autre recueil, de science-fiction cette fois : Robots et chaos (il y a là de grands noms, tels que Verne, Wells, Doyle…, ça promet!). Histoire de bien faire baisser ma PAL, j’ai prévu plusieurs lectures jeunesse, notamment les trois premiers tomes de Drôle de licorne de Pip Bird (ça a l’air drôle et léger), Extra de Delphine Pessin dont je vous partageais dimanche dernier les premières lignes, Trouille Académie de Bertrand Puard (je n’ai que le tome 4 mais, si c’est comme les autres séries de cette collection que j’ai eu l’occasion de lire, ça ne devrait pas poser de problème) et Hôtel Parallell d’Alexis Flamand – histoire de passer les vacances dans une autre dimension ! Enfin, j’aimerais beaucoup poursuivre ma lecture de La Compagnie noire de Glen Cook, une saga de dark fantasy que j’apprécie grandement.

Très bon mois d’août à vous, et bonnes aventures littéraires !