Le Cheval d’Orgueil

Le Cheval d’Orgueil – Mémoires d’un Breton du pays bigouden

Quatrième de couverture :

« Trop pauvre que je suis pour posséder un autre animal, du moins le Cheval d’Orgueil aura-t-il toujours une stalle dans mon écurie. » Ainsi parlait à l’auteur, son petit-fils, l’humble paysan Alain Le Foff qui n’avait d’autre écurie que sa tête et d’autre terre que celle qu’il emportait malgré lui aux semelles de ses sabots de bois. « Quand on est pauvre, mon fils, il faut avoir de l’honneur. Les riches n’en ont pas besoin. » […]
L’auteur […] n’enseigne pas, il raconte minutieusement, paysannement, comment on vivant dans une « paroisse » bretonnante de l’extrême ouest armoricain au cours du premier demi-siècle. Il ne veut rien prouver, sinon que la véritable histoire des paysans reste à faire et qu’il est un peu tard pour l’entreprendre.
Il affirme tranquillement que ceux qui jugent les paysans comme des êtres grossiers sont eux-mêmes des esprits sommaires et naïfs. Il ajoute que les hommes ou les régimes qui ont suscité des révoltes de paysans ont faire entrer ces derniers en jacquerie à force de mépriser leur culture.
Alors le Cheval d’Orgueil a secoué furieusement sa crinière !
L’auteur n’est pas convaincu, en passant d’une civilisation à l’autre, d’avoir humaine gagné au change. Mais aujourd’hui, la grande question qui se pose est de savoir s’il existe encore des paysans, c’est-à-dire des hommes qui, avant d’être de leur temps, sont d’abord de quelques part où ils doivent se mettre à l’heure du temps qu’il fait.

C’est lundi, que lisez-vous ? #304

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Je n’ai mis que la première couverture de Migali car je n’ai pas trouvé les autres dans une qualité satisfaisante, mais j’ai lu les trois BD (et je me suis régalée). J’ai terminé le deuxième tome de L’Empire d’Écume et c’était franchement super. En fait, je n’ai eu que de bonnes lectures, cette semaine !

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Premières lignes #326

En 2018, je vous partageais l’incipit de Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Alors que je vais enfin me lancer dans ce texte d’ici peu, je me rends compte que ce n’est pas tant l’introduction qui m’intéresse – elle est intéressante, mais elle parle de l’écrivain or, je ne vais pas vous mentir, quand je veux lire un bouquin, c’est l’histoire qui m’attire avant tout. Alors, aujourd’hui, je vous partage les premières lignes du récit ; il prend place avant la Première Guerre mondiale.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre) avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haines et injurieuses. La plupart des gens n’ont qu’une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à le sémouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.
Ainsi en fut-il cette fois-là dans notre société de commensaux tout à fait bourgeois, qui d’habitude se livraient paisiblement à de small talks et à de petites plaisanteries sans profondeur, et qui le plus souvent, aussitôt après le repas, se dispersaient : le couple conjugal des Allemands pour excursionner et faire de la photo, le Danois rondelet pour pratiquer l’art monotone de la pêche, la dame anglaise distinguée pour retourner à ses livres, les époux italiens pour faire des escapades à Monte-Carlo, et moi pour paresser sur une chaise du jardin ou pour travailler. Mais cette fois-ci, nous restâmes tous accrochés les uns aux autres dans cette discussion acharnée ; et si l’un de nous se levait brusquement, ce n’était pas comme d’habitude pour prendre poliment congé, mais dans un accès de brûlante irritation qui, comme je l’ai déjà indiqué, revêtait des formes presque furieuses.
Il est vrai que l’événement qui avait excité à tel point notre petite société était assez singulier.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme, Stefan Zweig, 1927.

Vingt-quatre heures de la vie d’une femme

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Migali, tomes 1 à 3

Migali, tome 1 : Bienvenue à l’Académie Royale !

Quatrième de couverture :

Aujourd’hui, Migali fait sa rentrée à la prestigieuse Académie Royale ! Escrime, danse classique et course de licornes : un programme complet pour perfectionner son éducation de future souveraine.
Grâce à ses dons d’acrobate et son talent pour les catastrophes, Migali ne manquera pas d’impressionner toute la classe.

Chat de yakuza, tome 1

Chat de yakuza, tome 1

Quatrième de couverture :

Quand un (ex-)yakuza recueille un adorable chaton… En voilà, un duo improbable !
Une comédie animalière feel-good !

Sabu, un chaton abandonné dans la rue, grelote de froid sous la pluie, quand un jeune homme qui passait par là s’arrête devant lui…
Le pauvre minou se croit sauvé, avant de voir que son bienfaiteur… a une vraie dégaine de yakuza ! Et ce qu’il va découvrir par la suite ne pas va du tout, mais alors pas du tout le rassurer !
Que va-t-il advenir de cette petite boule de poil, désormais aux mains de la pègre ?

Tant que le café est encore chaud

Tant que le café est encore chaud

Résumé de l’éditeur :

Chez Funiculi Funicula, le café change le cœur des hommes.

A Tokyo se trouve un petit établissement au sujet duquel circulent mille légendes. On raconte notamment qu’en y dégustant un délicieux café, on peut retourner dans le passé. Mais ce voyage comporte des règles : il ne changera pas le présent et dure tant que le café est encore chaud.
Quatre femmes vont vivre cette singulière expérience et comprendre que le présent importe davantage que le passé et ses regrets. Comme le café, il faut en savourer chaque gorgée.

C’est lundi, que lisez-vous ? #303

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Le deuxième tome de L’empire d’Écume est une jolie brique, mais qui se lit très bien !
J’enchaîne les bonnes lectures et ça fait du bien.

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Premières lignes #325

Pour ce nouveau rendez-vous « Premières lignes », il s’agit du deuxième tome d’une saga jeunesse dont le premier m’avait agréablement surprise : Les licornes du Belöwan de Thomas Verdois. Si vous n’avez pas lu le précédent livre, cela ne vous divulgachera pas grand chose, mais ce sera peut-être un brin mystérieux (et intrigant). Dans le premier tome, nous découvrions un groupe de licornes fuyant leur monde (le Belöwan) attaqué par les Ratskalls, les terrifiants hommes-rats ; nos héroïnes partaient en quête d’aide dans le monde d’Enderal, où vivent les humain·es. Désormais, au Belöwan, la révolte gronde, les licornes refusent d’être exploitées et maltraitées plus longtemps…
Pour mieux comprendre le passage suivant, notez bien que le ker peut enlever aux licornes leurs pouvoirs.
Bonne lecture et bon dimanche à vous !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

CHAPITRE 1

L’étincelle

Virandyaa, je n’en peux plus.
Dans les profondeurs du Belöwan, la plus âgée des licornes se retourna pour voir qui venait de s’adresser à elle. En contrebas, sur le chemin qui serpentait depuis l’Eden Ker, elle aperçut Rosalia, membre du clan des licornes de Glace, dont la robe bleutée était mouchetée de timides flocons blancs.
Comme toutes les licornes, elle traînait de lourds blocs de ker d’un bleu turquoise, presque translucide. Elle avait l’air épuisée.
Encore un effort, petite Rosalia. Nous y sommes presque. Ce soir, tu pourras te reposer.
Rosalia n’avait que trente-sept ans, ce qui particulièrement était jeune pour une licorne. Virandyaa veillait sur elle avec la bienveillance d’une grand-mère, et s’en voulait de ne rien pouvoir faire pour alléger son fardeau.
Parce qu’elle était jeune, les Ratskalls la faisaient travailler plus que les autres et ne lui accordaient aucun répit. De toute façon, ces monstres leur en demandaient toujours plus. Toujours plus de ker. Toujours plus de magie brute qu’elles devaient remonter sous forme de cubes luminescents depuis l’Eden Ker, le poumon du monde.
Je ne sais pas si j’en suis capable, Virandyaa. Je n’y arrive plus. Je suis à bout.
Tiens bon. Je te l’ai dit, nos amies vont bientôt nous délivrer. Fais-leur confiance. Ce calvaire va prendre fin.
En effet, il était temps !
Depuis presque un an, elles vivaient sous le joug des hommes-rats, les Ratskalls, qui s’étaient échappés par dizaines de la Grotte du Temps Figé. Franchissant le Ryorim, ils avaient transformé leurs villages autrefois féeriques en terribles camps de puise-magie, et les licornes n’avaient eu d’autre choix que de leur obéir. Elles qui avaient toujours veillé sur le ker, la source de toute vie et de toute magie, s’étaient retrouvées forcées de travailler afin d’en livrer autant que possible à leurs bourreaux.
C’était d’ailleurs parce qu’elles étaient les seules à pouvoir extraire cette substance des tréfonds du Belöwan que les Ratskalls les avaient épargnées. Grâce à leurs luminorias, leurs cornes magiques, les licornes pouvaient manipuler le ker et le transformer en des blocs solides utilisables par les autres créatures.
Comble de malheur, elles-mêmes étaient maintenant incapables de se servir de la magie du ker. La faute aux horribles colliers kericides, vestiges de la Guerre du Ker, que leur avaient attachées de force les Ratskalls.

Les licornes du Belöwan, tome 2 : Rébellion, Thomas Verdois, 2022.

Les licornes du Belöwan, tome 2 : Rébellion

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Miaou, bordel !

Miaou, bordel !

Résumé de l’éditeur :

[…] Catia, minette quimpéroise « surdouée », mène l’enquête en assistant son maître, journaliste d’investigation, dans ses recherches. Elle maîtrise le langage humain dans ses nuances les plus intimes et emploie parfaitement des termes fleuris pour juger les comportements des « bipèdes ».

L’auteur signe un ouvrage à la fois tendre et très drôle, laissant la part belle au suspense, qui ravira les amateurs de romans policiers, de Bretagne, et les amoureux des chats… Un remède à « la crise », une pause entre les soucis.

Deux amantes au Caméléon

Deux amantes au Caméléon

Quatrième de couverture :

Gabor Tsenyi aurait-il pu prévoir qu’il photographierait un jour l’une des personnalités les plus fascinantes et terrifiantes du XXe siècle ?
Fraîchement arrivé de sa Hongrie natale dans le Paris des années vingt, il fait de la ville sa muse, traquant ses ombres et ses protagonistes nocturnes. Sa curiosité pour les marges le conduit sans surprise au Caméléon, club d’initiés et de travestis où se croise le Tout-Paris, de la baronne Lily de Rossignol, mondaine et mécène à ses heures, au sarcastique écrivain américain Lionel Maine.
C’est en ce lieu mythique des Années folles qu’il rencontre Louisiane Villars. Ancienne prodige sportive devenue danseuse, Lou est désormais l’amante scandaleuse de la meneuse de revue. Mais alors que l’exubérance de l’époque commence à pâlir sous la montée des extrêmes, un désir d’amour et de reconnaissance entraîne la jeune femme au physique d’homme dans une voie bien plus dangereuse encore.
En réinventant les vies de Brassaï et des personnalités marquantes de l’époque, Francine Prose restitue de manière saisissante les bouleversements sociaux, les troubles politiques et les questionnements artistiques de ces années. Plus encore, elle interroge la difficulté de situer la vérité historique et de porter un jugement moral sur ses acteurs.