Premières lignes #290

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Je descends l’escalier en consultant ma montre. Il est trois heures passées. Je viens de prendre un déjeuner tardif au restaurant à l’étage.
Ce matin, j’ai interviewé monsieur L. pour le présenter aux lecteurs : il tiendra dorénavant une rubrique de conseils de vie dans notre revue. Après quoi, j’ai passé un long moment dans mon bureau à transcrire l’enregistrement de cette entrevue. On avait besoin du texte final avant deux heures cet après-midi. Plongé dans ma rédaction, j’ai complètement oublié d’aller manger.
Il me reste encore trente minutes de pause. En contemplant le bois naturel qui revêt le mur extérieur du restaurant, je me demande comment tuer le temps.
Je m’engage dans la rue commerçante à arcades, d’où je peux retourner directement à mon bureau. Il y a beaucoup de monde, car ce sont les vacances du golden-week. Je flâne sans but dans la foule.
Deux femmes entre deux âges me dépassent en caquetant à plein gosier. Une forte odeur de parfum me pique le nez. La couleur de leurs cheveux teints est pareille : violâtre. À leur air inhabituel, j’ai l’impression qu’elles sont entraîneuses de bar ou de cabaret. Elles entrent dans le pachinko-ten situé au bout de la rangée de boutiques à ma gauche. Le pachinko me tente, mais je continue de marcher.
Au bout de quelques pas, je m’arrête devant une vitrine. C’est un magasin soécialisé dans les stylos-plumes haut de gamme. Attiré par un stylo noir de marque P., je songe à en un acheter un plus tard, si ma femme est d’accord.
En passant devant un magasin de musique, j’entends une chanson populaire des années 70. Immobile, je tends l’oreille. En l’écoutant, je me souviens de la berceuse de ma grand-mère, Azami.

« Ce soir encore, ton oreiller est baignée de larmes.
À qui rêves-tu ? Viens, viens vers moi.
Je m’appelle Azami. Je suis la fleur qui berce la nuit.
Pleure, pleure dans mes bras. L’aube est loin encore. »

Quelqu’un chuchote mon prénom. Une voix masculine. Ce doit être une coïncidence. Je l’ignore.
— Kawano-san.
« C’est mon nom ! » Je me retourne vers la voix.

Azami, Aki Shimazaki, 2014.

Azami

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Bienvenue à Perfect City

Bienvenue à Perfect City

Résumé de l’éditeur :

Et si les murs avaient des yeux ?

Qui voudrait vivre dans une ville où tout le monde porte des lunettes pour ne pas devenir aveugle ?
Personne, n’est-ce pas ?
Pourtant, Violet n’a pas le choix. Ses parents l’ont obligée à emménager à Perfect City, la ville où tout est parfait… sauf la vue de ses habitants !
Mais, très vite, la jeune fille se rend compte que les soucis ophtalmologiques ne sont pas les seuls problèmes à Perfect City. Et la vie n’y est pas aussi génial qu’on voudrait bien le faire croire…
[…]

Ce sera moi

Ce sera moi

Quatrième de couverture :

Skye Shin a tout entendu. « Les filles grosses ne devraient pas danser. Elles ne devraient pas porter des couleurs vives. Elles ne devraient pas attirer l’attention sur elles. »
Pourtant Skye rêve de devenir une star de K-pop, quitte à briser toutes les règles que la société, les médias et même sa propre mère ont établies pour les filles comme elles.
Quand elle se présente à un concours télévisé, Skye est prête à tout pour remporter la victoire.
Mais rien ne l’avait préparée à la grossophobie des membres du jury, aux haters sur les réseaux sociaux et, encore moins, à un rapprochement avec un de ses concurrents…

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C’est lundi, que lisez-vous ? #267

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Après avoir terminé Bienvenue à Perfect City et refait une aventure de 30 minutes pour survivre, je me suis plongée dans une adaptation en manga de Hamlet, j’ai lu quelques pages de De Polyamour et d’eau fraîche et, surtout, j’ai commencé le thriller L’Equarrisseur qui est vraiment prenant ! Moi qui pensais le lire plus tard dans le mois, je suis contente de ne pas avoir attendu.

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Premières lignes #289

Quelle belle journée qui commence !
D’habitude, je publie mes articles plus tôt le matin (il est un peu plus de 10h au moment où j’écris ces lignes, alors que j’ai tendance à poster avant 8h). Seulement, il se trouve que je suis actuellement plongée dans un thriller et que j’ai du mal à le lâcher : L’Équarrisseur de Nathalie Matheson. Ce sont donc les premières lignes de ce roman que je vous partage aujourd’hui. Ce que j’aime avec celles-ci, c’est qu’elles nous présentent tout d’abord un simple témoin, que l’on sait comment la découverte se fait, tout comme j’aime que l’autrice prend le soin de nommer les personnages, même la chienne. Cela donne un aspect tout de suite plus humain au récit – alors même qu’il va être question de meurtres inhumains.
Bonne journée à vous, et bonne lecture.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Prologue

6 h 44, Greenwich Pier, à marée basse. Maxwell Perkins, qui promène sa chienne au bord du fleuve, ne s’attend pas à trouver des morceaux de cadavre. Évitant bouts de bois et pneus de voiture abandonnés, il marche sur une argile grise semée de galets humides et d’éclats de verre. Au moment où il délivre de sa laisse sa chienne, Petra, le soleil se reflète sur un objet par terre. Perkins se penche pour s’en emparer avec précaution.Hier, il a trouvé une escarboucle médiévale et une pièce radiée romaine. Aujourd’hui, hélas !, ce ne sont que les maillons d’une chaîne de bonde arrachée à une baignoire. Il se redresse, déçu, et surprend alors sa chienne à renifler quelque chose au milieu de la boue. C’est la fin de l’été. La vague de chaleur n’est pas terminée et la température monte rapidement dès le petit matin. Le tee-shirt collé aux bourrelets de graisse de son ventre, Maxwell se remet en marche en essuyant la sueur qui perle sur son front. À 6 h 48, il rejoint sa chienne et voit ce qui a attiré son attention.
– Oh, nom de Dieu !

L’Équarrisseur, Nadine Matheson, 2021.

L’Équarrisseur

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Courts retours #35

Salutations !
Dans ce nouveau Courts retours, je vais me pencher sur un manga et une BD : le tome 4 de Trait pour trait d’Akiko Higashimura et le tome 6 de Undertaker de Dorison, Delabie et Meyer. Je vais également vous parler d’un roman jeunesse : Mamie Fatou, la catcheuse de Kinshasa de Sébastien Gayet et Thomas Baas – place à l’empouvoirement !

Les années douces

Les années douces

Résumé de l’éditeur :

Tsukiko croise par hasard, dans le café où elle va boire un verre tous les soirs après son travail, son ancien professeur de japonais. Et c’est insensiblement, presque à leur cœur défendant, qu’au fil des rencontres les liens se resserrent entre eux. La cueillette des champignons. Les poussins achetés au marché. La fête des fleurs. Les vingt-deux étoiles d’une nuit d’automne… Ces histoires sont tellement simples qu’il est difficile de dire pourquoi on ne peut les quitter. Peut-être est-ce l’air du bonheur qu’on y respire, celui des choses non pas ordinaires, mais si ténues qu’elles se volatilisent quand on essaie de les toucher. Ce livre agit comme un charme, il capte en plein vol la douceur de la vie avant qu’elle ne s’enfuie.

C’est lundi, que lisez-vous ? #266

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Les manga et les BD, c’est assez rapide à lire ; le reste prend un peu plus de temps mais, ça tombe bien, j’en avais plus que la semaine précédente à consacrer à la lecture.

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Premières lignes #288

Salutations !
Cette semaine, je vous propose à nouveau les premières lignes de l’une de mes prochaines lectures. Il s’agit de Passing Strange, proposé ce mois-ci pour le club de lecture de Planète Diversité. Comme il vient de sortir en format poche, j’ai sauté sur l’occasion. Le début m’intrigue beaucoup (je n’ai volontairement pas relu le résumé). Si vous l’avez lu, l’avez-vous aimé ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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UN

AU SOIR DU DERNIER LUNDI DE SA VIE, Helen Young rentra de chez son médecin et se prépara une tasse de thé. Comme elle s’y était attendue, les nouvelles n’étaient pas bonnes ; il n’y avait plus rien à espérer.
Depuis les fenêtres de son appartement, au sommet de Nob Hill, les alignements en terrasses des maisons de San Francisco lui faisaient l’effet d’un empilement précaire de cubes en bois. Le soleil couchant transformait verre et acier en flaques de lumière orange et baignait la vieille pierre et les stucs d’une douce teinte pêche. Le brouillard sinuait au pied des collines comme un serpent d’albâtre.
Elle posa la fragile tasse de porcelaine sur un guéridon en teck et réfléchit à ce qu’il lui restait à accomplir. Sa liste des dernières choses à faire.Ivy, sa compagne – qui était aussi son aide-soignante – avait pris sa journée, ce qui allait tout à la fois simplifier la tâche et la rendre plus problématique. Elle n’aurait aucune explication à fournir, mais d’un autre côté elle devrait se débrouiller seule.
Peut-être valait-il mieux remettre au lendemain matin ? Helen trancha et s’empara de son téléphone. Après soixante-quinze ans, elle était la dernière encore en vie ; il n’y avait plus de temps pour les hésitations et la procrastination. Elle tapota sur l’écran pour commander un taxi.

Passing Strange, Ellen Klages, 2017.

Passing Strange

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