Libre d’aimer

Libre d’aimer

Quatrième de couverture :

Juillet 1942.
Elle s’appelle Esther, elle a vingt ans, elle est juive.
Ses parents ont été arrêtés, elle erre dans les rues de Paris, perdue et terrifiée. Alors qu’elle se repose sur un banc, son regard croise celui d’une femme élégante, plus âgée qu’elle, qui fume de longues cigarettes à la terrasse d’un café.
Esther ne le sait pas encore mais sa rencontre prochaine avec Thérèse Dorval, l’épouse d’un homme cynique et violent qui collabore avec les Allemands, va bouleverser sa vie.
Naissance d’un désir irrésistible, en pleine tragédie. Amour interdit de deux femmes emportées par le feu de la passion.
À Dinard, où elles se réfugient, elles devront, sous la pluie des bombes alliées, décider de leur destin : se séparer pour tenter de survivre ou accepter de mourir par amour.La brûlante passion de deux femmes sous l’Occupation
Un hymne à la liberté, contre toutes les oppressions

Premières lignes #148

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

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– 1 –

La veille de l’événement, ses parents lui avaient fêté son anniversaire. Modestement. C’était la pénurie. Pour sa fille, le père avait acheté un vrai savon au marché noir. À un prix exorbitant. Il avait pourtant âprement négocié.
La mère avait cueilli un bouquet de coquelicots qui poussaient librement dans un terrain vague. Ces fleurs avaient la couleur du sang des exclus. Le sang de ceux qu’on méprise et qu’on raille. De ceux qu’on bat et tue.
Sur la table, les vingt bougies avaient été plantées sur une petite miche de pain que la mère s’était procurée à la boulangerie du quartier le matin même. Elle avait eu de la chance. C’était la dernière. Dans son dos, une longue file de clients s’échappait du magasin et s’enroulait sur le trottoir.
Quand la boulangère avait annoncé qu’il n’y avait plus de pain, il y avait eu des cris d’exaspération. Un homme avait lancé qu’il était honteux qu’une Juive passe avant les autres. La mère avait baissé la tête.

Libre d’aimer, Olivier Merle, 2019.

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