Premières lignes #263

Je ne sais pas si vous connaissez Mary Wollstonecraft, la mère de Mary Shelley ? C’était une écrivaine, féministe et philosophe anglaise du XVIIIe siècle. Je suis passée en librairie l’autre jour et j’ai vu Défense des droits des femmes à 2€. J’ai lu les quatre premières lignes et je l’ai acheté. Ah, si elle savait où on en est aujourd’hui…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

« J’espère que, quand on reverra votre
constitution, les droits de la femme
seront enfin comptés pour quelque chose
et respectés comme ils doivent l’être. »

Défense des droits des femmes, Mary Wollstonecraft, 1792.

Défense des droits des femmes

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Premières lignes #262

Salutations !
Aujourd’hui, je vous propose les premières lignes d’un huis-clos fantastique : Si longue soit la nuit de Christophe Lambert. Ce roman fait partie de mes lectures prévues en avril et je me demande bien où il va nous mener…

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Chapitre 1
Danny

J’entends une voix jaillir de nulle part – « Trois, deux, un… » – puis il y a un flash, accompagné d’un grésillement.
J’ouvre les yeux, le cœur battant, la sueur aux temps. Complètement désorienté. Je suis dans une salle de cours, celle de sciences – biologie et physique. Je la reconnais tout de suite avec ses paillasses plastifiées et ses petits éviers carrelés. Mr Willoughby, le prof de sciences, est absent. Je ne l’aime pas, Willoughby. Il est proche de la retraite, ronchon, pas motivé et pas motivant. J’ai toujours trouvé sa voix aussi soporifique d’un gaz chimique. Et puis, de toute façon, je n’aime pas les sciences. J’ai pas l’esprit formaté pour ça. Mon truc à moi, c’est plutôt la littérature.
Willoughby a disparu et je découvre quatre de mes camarades debout à mes côtés. Enfin, quand je dis « camarades », je vais peut-être vite en besogne. Je ne parle jamais, ou presque, à la plupart d’entre eux. Et je doute que Johnny Esparza, la petite brute de service, devienne un jour un ami. Pour l’heure, Johnny ouvre de grand yeux ronds. Il regarde autour de lui, poings serrés. Il est tout en nerfs et en muscles. Pas vilain – il a des traits fins, des pommettes saillantes –, mais sec et dur.
– Quelqu’un peut m’expliquer ? il lâche, sur la défensive.
Nous ressemblons tous à une bande de somnambules mal réveillés.
– Je ne me sens pas bien du tout…, dit Calista Hamilton.
Elle est aussi blanche que la rangée d’éviers. Tout à coup, elle tombe à genoux et vomit des litres d’eau. Littéralement des litres ! Les spasmes plissent son ventre en hoquets douloureux. Les autres s’écartent d’instinct. On se croirait dans un film d’horreur. Calista tousse, crache ses poumons et finit par expulser un jet de bile jaunâtre. Laura Jackson est la première à se ressaisir. Elle sort de sa stupeur pour aider Calista à se relever.

Si longue soit la nuit, Christophe Lambert, 2021.

Si longue soit la nuit

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Premières lignes #261

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, je vous retrouve avec les premières lignes d’un roman qui a l’air drôle, plein de légèreté : L’incroyable vie normale de Joséphine. Bonne lecture et bon dimanche à vous !

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1

— J’ai chaud aux yeux !
— Rince-les à l’eau glacée, répondit distraitement Sophie, en pleine partie de jeu vidéo.
La jeune maman était allongée sur le ventre, à même le sol, tâtonnant à l’aveugle de sa main libre sur un plateau, à la recherche de sablés bretons ouvert quelques minutes auparavant… Vide. Impossible ! Elle lorgna du côté de son chien, le regard sévère. Pitch dormait paisiblement, la preuve de son délit encore bien en vue : collée à ses moustaches. La pause hebdomadaire qu’elle avait coutume de s’accorder ne se passait jamais comme prévu. Elle soupira d’agacement et focalisa son attention sur sa fille.
Joséphine, à peine neuf ans, les yeux bleus ornés de lunettes rondes, venait de se matérialiser sur le seuil de la pièce de vie, l’air affolé.
— Rapport ? soupira Sophie.
La petite, soulagée, s’assit à l’extrémité du canapé en tissu. Elle prit soin de garder ses distances avec les deux autres membres de la famille, craignant d’être contagieuse.
— Ça dépend des sites… Bon, je commence par le plus sérieux : Doctissimo. Dans le cas le moins grave, fatigue oculaire, voire sécheresse des yeux. Une femme sur le forum a attiré mon attention sur le glaucome…

L’incroyable vie normale de Joséphine, Angéline Michel, 2020.

L’incroyable vie normale de Joséphine

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Premières lignes #260

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I

C’était un cauchemar, un horrible songe aux allures de réalité où s’entrechaquaient ses pires craintes.
An s’accrochait à cet espoir et dans son esprit anesthésié bouillonnait la révolte.
Statique, aussi stoïque qu’une statue de glaise, elle ne pouvait ni bouger, ni avancer, ni réagir, mais seulement percevoir le froid qui envahissait ses entrailles, les gouttes de sueur qui perlaient le long de son cou et de son dos. En face d’elle, un homme ricana et elle eut l’impression d’entendre un tombeau s’ouvrir en grinçant.
Une fraîcheur mortelle régnait dans la pièce. L’esprit ralenti par la température, Ann ne parvenait pas à réfléchir. Spectatrice de l’horrible scène, elle observait, impuissante, l’homme qui avançait lentement, un sourire carnassier éclairant son visage. Au fond de son regard, l’envie de goûter brillait d’une lueur émeraude, étincelante de malice et de cruauté. Aucun mot n’avait besoin de sortir de sa bouche pour dévoiler ses intentions, sa seule présence et le malaise qu’il dégageait suffisaient à Ann pour deviner que la suite ne serait pas à son avantage.

Ann Radcliffe contre Dracula, Bénédicte Coudière, 2020.

Ann Radcliffe contre Dracula

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Premières lignes #259

L’autre jour, je suis tombée sur un livre qui avait l’air chouette, puis j’ai réalisé que c’était un quatrième tome – trop tard. Cela dit, cela me semble être le genre de roman qui n’a pas besoin qu’on lise forcément tout. Au début du roman, la narratrice nous présente en effet les personnages, et ça me donne envie de poursuivre ma lecture !

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1

Ce soir-là, je suis rentrée tard de chez Mme Herrera. Il faisait nuit. Une nuit d’un noir aveuglant, après toute une soirée passée parmi les couvertures multicolores des livres. Ce kaléidoscope m’avait fait tourner la tête !
Mercedes Herrera est la libraire de la ville. Sa boutique ne se trouve pas avec les autres commerces, près de la boulangerie et la boucherie, mais un peu à l’écart, à mi-chemin entre le centre et le cimetière, sur les pentes d’une petite colline.
Si on met de côté la maison en meulière où j’habite en compagnie de mes parents, la librairie est l’endroit où je me sens le mieux.
On s’y retrouve souvent avec Orphée, mon meilleur ami. Orphée est le fils d’Hadès, le gardien du cimetière. Lui n’est pas amateur de romans, comme moi. Il dévore les bandes dessinées. Mme Herrera, qui ne tenait pas le genre en haute estime, s’est mise à l’apprécier grâce aux conseils avisés de mon camarade et a commencé à étoffer son rayon jusqu’à ce qu’il occupe la moitié de la surface du magasin.

Trouille Académie, tome 4 : Fantômes connectés, Bertrand Puard et Claudia Petrazzi (illustrations), 2021.

Trouille Académie, tome 4 : Fantômes connectés

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Premières lignes #258

Salutations !
Aujourd’hui, je reviens avec les premières lignes d’un roman sorti récemment : Missouri 1627. L’héroïne, Veronica (Ronnie), n’a pas eu ses règles depuis un moment. On la découvre aux toilettes, s’apprêtant à faire un test de grossesse.
Au moment où je vous écris ces lignes, je suis sur le point de terminer ma lecture de ce roman et j’ai passé un très chouette moment ! Je vous en parle très bientôt…
Passez une belle journée.

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Kilomètre 0

Assise sur la cuvette glaciale, dans le troisième cabinet de toilettes des filles, je serre désespérément les cuisses et me concentre pour ne pas faire pipi.
– Ronnie, tu as bientôt fini ? On va être en retard en cours, me signale Emily à travers la porte.
Non, je n’ai pas bientôt fini. Et je me fiche totalement d’arriver en retard.
– Euh… Ne m’attends pas. J’ai… un problème de fille.
Mais pas mes règles, non.
Je prie pour qu’elle n’insiste pas. Je n’aurais jamais dû boire ce deuxième verre de jus orange-mangue, ce matin. Maudit soit son irrésistible goût sirupeux.
Emily se décide enfin à partir. Un brouhaha de pas s’engouffre dans les toilettes quand elle ouvre la porte, le temps que le flot des lycéens rejoigne les salles de classe. Puis le silence retombe. Je tends l’oreille, au cas où une élève retardataire –  ou pire, une prof –  ferait irruption dans w.c., mais je n’entends qu’un robinet qui goutte. Tout le monde doit être en salle d’appel. Je pousse un soupir de soulagement. Et je manque de libérer un jet d’urine.

Missouri 1627, Jenni Hendricks et Ted Caplan, 2021.

Missouri 1627

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Premières lignes #257

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INTRODUCTION

À toi qui lis.
Je veux dire merci. Pendant toute l’année que ce livre aura demandé pour être écrit, préparé, mis en page, j’ai souvent pensé à toi. J’ai essayé de me projeter dans tes intentions et tes espoirs ; j’ai écrit chaque ligne en cherchant à la rendre utile. Écrire aura été plus difficile que je le pensais, mais aussi moins solitaire. Parce que tu étais déjà là.

En attendant les occasions de se rencontrer, d’avoir (enfin) des retours de lecteur·rices·x sur ce texte, je ne peux que parler de mes intentions. J’avais l’envie – et je m’étais mise au défi – de créer un double niveau de lecture, pour que, d’une part, les personnes trans puisent des ressources et un empouvoirement ; et que, d’autre part, les personnes cisgenres trouvent des réponses et un espace de pédagogie.
Pédagogie sur quoi ? Pédagogie pourquoi ? Parce tout dans notre société se base sur des dynamiques de genres : tout n’y est qu’histoires de genres. Parce que le recul manque pour voir ce que ces dynamiques impliquent pleinement. Et surtout, parce qu’elles restent en grande majorité invisibles, et, au premier plan, celles qui concernent les personnes transgenres.

Il s’agit de comprendre et définir les spécificités des personnes trans et l’intégration de ce grand groupe social dans la société : une histoire de normes, de conditionnements, de rejets donc ; une histoire de la division trans/cis, des parcours individuels et des possibles blessures que la transidentité peut entraîner dans le rapport aux autres. J’ai voulu y mettre de moi ; un tel sujet aurait pu être traité de façon plus formelle mais j’avais à cœur de donner le sens d’une discussion entre nous, d’un partage de réflexions et de connaissances que j’espère pouvoir prolonger hors du papier.

J’avoue aussi avoir voulu être ambitieuse. Si l’exhaustivité n’était pas possible, l’idée était de créer un panorama des sujets que la transidentité peut recouvrir, des mots et arguments qui y sont souvent convoqués, des émotions que ceux-ci peuvent faire naître.  Ensemble, nous tenterons une déconstruction de tout un tas de choses ; pas pour le plaisir, mais par besoin de reconstruire. Reconstruire mieux, et pour tout le monde.

Écrire cet ouvrage n’a pas été chose aisée. D’abord justement parce que j’ai voulu être ambitieuse et produire un livre qui serait utile dans le temps, mais aussi parce que mon expérience personnelle de l’écriture ne m’avait encore jamais amenée à réfléchir à comment construire un livre.

Une histoire de genres. Guide pour comprendre et défendre les transidentités, Lexie, 2021.

Une histoire de genres. Guide pour comprendre et défendre les transidentités

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Premières lignes #256

Bien le bonjour !
En ce moment, après quelques mois sans en lire, je commence à avoir de grandes envies de thriller… En regardant ma pile à lire, ce roman de Karine Giébel m’a fait de l’œil et, si le prologue me semble quelque peu opaque, ma curiosité est tout de même sacrément piquée.

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PROLOGUE

Tous les soirs se ressemblent, les nuits aussi. Et les jours, c’est pareil.
À quoi se raccrocher, alors ?
Aux repères, ceux qui rythment le temps, évitant qu’il ne devienne une hideuse masse informe.
S’y cramponner, comme à des arbres au milieu d’une plaine infinie, à des voix au cœur du silence.
À chaque heure, quelque chose de précis. Gestes, odeurs ou sons.
Et, au-delà des murs, le train.
Décibels de liberté venant briser l’aphasique solitude. Celle-là même qui vous dévore lentement, morceau après morceau. Qui vous aspire sans heurt vers les abimes du désespoir.
Le train, comme un peu du dehors qui s’engouffre en vous jusqu’à l’âme, se moquant des barrières, de l’épaisseur du béton ou de la dureté de l’acier.
Fuir avec lui.
Voyages imaginaires qui transportent ce qu’il reste de soi vers des destinations choisies.
S’accrocher aux wagons, prendre le train en marche.
Il ne reste plus que ça.
Là, au cœur de la perpétuité.

Meurtres pour rédemption, Karine Giébel, 2006.

Meurtres pour rédemption

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Premières lignes #255

Salutations, les lecturovores !
Aujourd’hui, je fais fi de l’incipit pour, de nouveau, plonger directement dans les premières lignes de l’histoire. Ici, c’est l’histoire d’un jeune homme qui, mort, va revenir à la vie. Un roman qui promet d’être à la fois drôle et émouvant !

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1

Le dernier jour

— As-tu déjà pensé à ta mort ?
Voilà exactement le genre de question auquel on est en droit de s’attendre de la part de Nicolas le ténébreux. Nick est un type formidable, un ami précieux, mais il a un côté macabre qui n’est pas toujours de circonstance.
— Non, je ne pense pas à ma mort. Au risque de te paraître étrange, j’ai plutôt tendance à penser à ce que je vais faire de mon été. Te rends-tu compte, Nick, que l’école est finie ?
Oui, il s’en rend compte, et c’est pourquoi il extirpe de son sac deux masques en caoutchouc. Il m’en prête un et s’empresse d’enfiler l’autre sur son visage. Nicolas n’a pas trouvé de meilleure façon de déclarer son amour que d’apparaître devant l’élue de son cœur déguisé en mort-vivant. Avec sa nouvelle tête, il est persuadé que Sandra va lui tomber dans les bras. C’est dans les pommes qu’elle risque de tomber, s’il veut mon avis.
— De quoi j’ai l’air ? demande-t-il, ravi.
— Du tombeur de ces dames.
Je lui garantis qu’il va faire un malheur.

Mort et déterré, Jocelyn Boisvert, 2008

Mort et déterré

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Premières lignes #254

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, je vous partage les premières lignes d’un roman que j’ai récemment lu : La petite fille qui aimait Tom Gordon de Stephen King. L’écrivain nous permet de comprendre que les choses ont vite dérapé, et ce pour une chose justement si anodine.

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Juin 1998

Préliminaires

Le monde a des dents, et quand l’envie le prend de mordre, il ne s’en prive pas. Trisha McFarland avant neuf ans lorsqu’elle s’en aperçut. Ce fut un matin, au début du mois de juin. À dix heures, elle était assise à l’arrière de la Dodge Caravan de sa mère, vêtue de son maillot d’entraînement bleu roi de l’équipe des Red Sox (avec 36 GORDON inscrit au dos), et jouait avec Mona, sa poupée. À onze heures, elle s’efforçait de ne pas céder à la panique, de ne pas se dire Je suis en danger, de chasser de sa tête l’idée que les gens qui se perdent dans la forêt s’en tirent quelquefois avec de graves blessures, que parfois même ils en meurent.
Tout ça parce que j’avais envie de faire pipi, se disait-elle.

La petite fille qui aimait Tom Gordon, Stephen King, 1999.

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