Premières lignes #292

Habituellement, je publie les Premières lignes le dimanche mais aujourd’hui fera exception.
Au programme, l’introduction du recueil Revenants et diableries, parfait pour cette saison. Les textes ont été choisis et regroupés par Christian Poslaniec ; peut-être vous souvenez-vous qu’il est déjà à l’origine de l’anthologie D’étranges visiteurs. Cette fois, pas de science-fiction, pas d’extraterrestres, place au fantastique, au frisson et au diable…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Introduction

Les fantômes existent depuis aussi longtemps que les fantasmes dont ils partagent l’étymologie, mais ils n’étaient pas maléfiques, au début.
Dans l’Égypte ancienne, on croit que les défunts vivent autrement après leur décès – d’où les rites funéraires –, mais il y a d’autres interactions entre les vivants et les morts.
Dans l’Antiquité gréco-romaine, les dieux peuvent se rendre invisibles, agir sans se faire remarquer, mais cela n’a rien à voir avec la mort, puisqu’ils sont immortels.
C’est au Moyen Âge que les diableries commencent à s’imposer dans les croyances, que les morts reviennent tourmenter les vivants, que sorciers et sorcières ont commerce avec Lucifer, dans l’affrontement sans fin entre Dieu et Satan : les sarabandes et les danses macabres alternent avec les processions religieuses.
Au XIXe siècle, beaucoup se persuadent qu’il est possible de communiquer avec l’au-delà, où les âmes détachées des corps, après la mort, continueraient d’exister. Par exemple, on fait tourner les tables au cours de cérémonies destinées à faire parler les défunts à l’aide d’un dispositif particulier. Victor Hugo, Arthur Conan Doyle, Théophile Gautier, Camille Flammarion, notamment, se sont livrés à cette pratique. D’autres, comme Allan Kardec (1804-1869) codifient, sous le nom de « spiritisme », les relations entre les vivants et les morts, dans Le Livre des esprits et Le Livre des médiums. Un siècle et demi après sa mort, sur sa tombe, au cimetière du Père-Lachaise,  à Paris, on trouve en permanence des fleurs fraîches, preuve qu’il a toujours des adeptes. D’autres encore répertorient toutes les manifestations supposées provenir de l’au-delà : esprits frappeurs, matérialisation de fantômes sous forme de poltergeist, déplacement ou disparition d’objets, etc. Tout un folklore de mythes qui a abondamment été repris dans la littérature, puis au cinéma.
Dans les lettres, cela donne naissance au genre fantastique, qui se caractérise par le surgissement de l’irrationnel ou du surnaturel dans notre monde familier. Ce genre se développe dans la seconde moitié du XIXe siècle, surtout en France, en Allemagne, en Russie et en Angleterre, et il fait bon ménage avec le romantisme. Hoffmann, Balzac, Gautier, Maupassant, Poe, Pouchkine, Gogol en sont les pionniers.
Cependant, cette littérature fantastique tend à dériver très tôt vers des histoires qui font peur, comme celles qui sont rassemblées dans ce recueil, des histoires de revenants et de diableries. Il ne s’agit pas encore de l’épouvante, qui a fini par se constituer en un genre à part entière et, au cinéma, a inspiré les films d’horreur. Mais, face à ces histoire qui presque toutes, originellement, étaient publiées dans la presse, le lecteur est déjà terrorisé parce qu’il ne peut définir ce qui n’est ni rationnel ni explicable : des bougies qui s’éteignent toutes seules, un rat qui s’érige en juge des Enfers, une défunte qui semble se changer en animal vampirique, ou une messe de minuit fantomatique qui se reproduit chaque année dans une église en ruine…
Dans ces histoires, il y a des créatures de la nuit terrifiantes, des choses innommables, des maisons hantées, des statues redoutables et des revenants qui pensent avoir encore leur mot à dire…

CHRISTIAN POSLANIEC

Revenants et diableries, collectif, 2017.

Revenants et diableries

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

PAL du mois d’octobre 2021

PAL du mois d’octobre 2021

Bien le bonjour à vous, les lecturovores !
Pour ce mois d’octobre, je prévois une grande pile de lecture. Toutefois, il y a pas mal de livres assez rapides à lire dedans, et comme je vous partage ma PAL ce 6 octobre, quelques livres ont déjà été lus, et je vais commencé par ceux-ci.
Octobre commence bien avec la découverte du premier tome de La Sorcière invincible, tueuse de Slimes depuis 300 ans ! de Kistesu Morita, Yusuke Shiba et Benio, et le roman jeunesse Mamie Fatou, la catcheuse de Kinshasa de Sébastien Gayet et illustré par Thomas Baas. J’ai également passé un bon moment avec Frères de foot, tome 1 : Unis pour la vie de MX18, Ludovic Danjou et Alession Zonno, et avec 30 minutes pour survivre : L’Odyssée de la peur de Bertrand et Neil Puard, un livre dont on est le héros. Je suis un peu plus mitigée concernant le tome 1 du Huitième fils de Hiroki Kusumoto, Y.A et Fuzichoco – je vous reparle très bientôt de ces lectures, comme je compte bien terminer le mois en étant le plus à jour possible sur mes chroniques !
Je suis toujours plongée dans Bienvenue à Perfect City de Helena Duggan, un roman jeunesse qui nous plonge dans une ville parfaite mais aussi étrangement inquiétante… Passons désormais aux lectures qui vont suivre.
A la bibliothèque, j’ai totalement craqué et j’ai emprunté les tomes 7 et 8 du Tigre des neiges d’Akiko Higashimura, un manga historique que j’aime beaucoup, Viendra le temps du feu de Wendy Delorme, Fuki-no-tô et Azami d’Aki Shimazaki et Le cheval d’orgueil de Pierre-Jakez Helias. Il y a également l’adaptation de Hamlet de Shakespeare en manga, qui commence à traîner depuis trop longtemps dans ma PAL. Et divers livres que je souhaite lire très prochainement, soit parce que c’est la saison, soit parce que je dois les lire pour le boulot. Il s’agit de Pistache & Soda de Paule Battault et Miss Paty, Les Langoliers de Stephen King (que je voulais lire en septembre), le tome 2 de Tant qu’il le faudra de Cordélia, L’équarrisseur de Nadine Matheson (un thriller, c’est parfait pour l’automne!), Revenants et diableries (un recueil pour se plonger dans l’ambiance de Halloween), le premier tome du manga Les sorcières de la fin du monde de Kujira, Héla et les quatre royaumes de Marie-Line Brault (de la fantasy, ça fait toujours du bien) et – enfin – Passing Strange d’Ellen Klages (que je vais lire pour un book club).

Du coup, avec tout ça, ma pile à lire mensuelle arrive à mes genoux ! Et mes jambes ne sont pas petites, croyez-moi…
Et vous, votre PAL d’octobre, elle en est où, par rapport à vous ?
Passez un très bon mois, et bonne lecture à vous !