Premières lignes #3

Bonjour, amis lecteurs et amies lectrices.

Aujourd’hui, c’est le troisième rendez-vous des Premières lignes. Pour retrouverez le pourquoi du comment j’ai décidé de mettre en place ce rendez-vous, je vous renvoie au premier ; pour simplifier, il s’agit de vous présenter chaque semaine l’incipit d’un roman.
Celui que je vous présente aujourd’hui est un livre que j’adore, dont je vous ai déjà parlé, mais que je n’ai pas encore chroniquer. Rassurez-vous, cela viendra ! En attendant, voici les premières lignes du Nom du Vent  :

 

Prologue

C’était de nouveau la nuit. L’auberge de la Pierre levée était envahie par le silence, un silence en trois parts.
Le premier était un calme creux, l’écho de choses absentes. S’il y avait eu du vent, il aurait soupiré en passant entre les arbres, fait grincer la chaîner de l’enseigne et chassé le silence sur la route comme un tas de feuilles mortes. S’il y avait eu une foule de chient, même une poignée seulement, attablés dans la salle de l’auberge, ils auraient rempli le silence de leurs conversations et de leurs rires, du vacarme et des clameurs que l’on s’attend à trouver dans un débit de boissons à une heure avancée de la nuit. S’il y avait eu de la musique… mais non, bien sûr, il n’y avait pas de musique. En fait, il n’y avait rien de tout cela et seul le silence demeurait.
À l’intérieur de l’auberge, deux hommes étaient installés à un bout du comptoir. Ils buvaient avec une tranquille détermination, évitant de discuter des nouvelles inquiétantes. Ainsi, ils ajoutaient un petit silence maussade au premier, celui qui était plus vaste, celui qui était creux, combinant avec lui une sorte d’alliage, un genre d’harmonie.

Le Nom du Vent, Patrick Rothfuss, 2007.

Le Nom du Vent