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Quatrième de couverture :

Une femme voyage à travers le désordre de ses souvenirs : l’enfance dans sa cage dorée à Saigon, l’arrivée du communisme dans le Sud-Vietnam apeuré, la fuite dans le ventre d’un bateau au large du golfe de Siam, l’internement dans un camp de réfugiés en Malaisie, les premiers frissons dans le froid du Québec. Récit entre la guerre et la pais, Ru dit le vide et le trop plein, l’égarement et la beauté.
Dans ce tumulte, des incidents tragicomiques et des objets ordinaires émergent comme autant de repères d’un parcours. Un bracelet en acrylique rempli de diamants ou des bols bleus cerclés d’argent restituent le Vietnam d’hier et d’aujourd’hui. Ce premier roman fait déjà preuve de la maîtrise d’un grand écrivain.

Premières lignes #156

Aujourd’hui, je vous présente les premières lignes d’un roman qui retrace la vie d’une femme née à Saigon, réfugiée en Malaisie et qui finira par arriver au Québec. Le livre semble rapide à lire et je le prendrai donc avec moi la prochaine fois que je prendrai le train.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

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Je suis venue au monde pendant l’offensive du Têt, aux premiers jours de la nouvelle année du Singe, lorsque les longues chaînes de pétards accrochées devant les maisons explosaient en polyphonie avec le son des mitraillettes.
J’ai vu le jour à Saigon, là où les débris des pétards éclatés en mille miettes coloraient le sol de rouge comme des pétales de cerisier, ou comme le sang des deux millions de soldats déployés, éparpillés dans les villes et les villages d’un Vietnam déchiré en deux.
Je suis née à l’ombre de ces cieux ornées de feux d’artifice, décorés de guirlandes lumineuses, traversés de roquettes et de fusées. Ma naissance a eu pour mission de remplacer les vies perdues. Ma vie avait le devoir de continuer celle de ma mère.

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ru, Kim Thúy, 2009.

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