Premières lignes #239

Salutations, cher·es lecturovores !
Pour ces Premières lignes, j’ai choisi de vous présenter celles du deuxième tome d’Artemis Fowl. Plutôt que de commencer le récit avec les personnages principaux, on découvre le jeune héros (ou plutôt anti-héros) par le biais du Peuple – ou plutôt on y découvre son génie…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Evaluation
psychologique

EXTRAIT DE : Les Années d’adolescence

A l’âge de treize ans, Artemis Fowl, notre sujet d’étude, montrait les signes d’une intelligence sans équivalent chez un être humain depuis Wolfgang Amadeus Mozart. Artemis avait battu le champion européen d’échecs Evan Kashoggi au cours d’un tournoi en ligne, déposé les brevets de vingt-sept inventions et remporté le concours d’architecture pour la construction du nouvel opéra de Dublin. Il était également l’auteur d’un programme informatique qui lui avait permis de détourner à son profit plusieurs millions de dollars appartenant à des banques suisses. Il avait par ailleurs fabriqué plus d’une douzaine de faux tableaux impressionnistes et soutiré au Peuple des fées une substantielle quantité d’or.

Artemis Fowl, tome 2 : Mission polaire, Eoin Colfer, 2002.

Artemis Fowl, tome 2 : Mission polaire

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Premières lignes #238

J’ai pris un abonnement à la bibliothèque.
Cela fait des années que je souhaite reprendre un abonnement dans une bibliothèque mais que, vu la taille gigantissime de ma PAL, je ne le fais pas. Mais ça y est, j’ai sauté le pas, tant pis pour la PAL. Et puis, alors que j’errais, que je découvrais les lieux, je suis tombée sur un roman sorti cette année et qui me tentait bien… Je vous laisse découvrir.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Chapitre I : Le départ de la Matriarche

« Je donnerais tellement pour, ne serait-ce qu’un instant,
te reconnaître telle que tu fus, avant la série d’événements qui
bousculèrent notre siècle, et ta vie. J’abandonnerais les épées,
les combats, tout ce qui m’a fait soldate ; je renoncerais à mon
verbe, à ma voie. Je tournerais le dos à ma citadelle bien aimée,
au dragon qui partage mes pensées ; j’irais par les chemins à
travers la forêt, au cœur du Ravin sans jamais m’arrêter, si pour
un instant seulement, une petite seconde, un moment volé,
j’apercevais, derrière la nuit et les nuées, ce qui se cache sous ton
âme caparaçonnée.
T’en souveins-tu, Sophie Pendragon, de celle que tu étais avant
Lunde et Baldré, avant cette guerre insensée ? Gardes-tu la
mémoire de l’enfant que tu fus ?
Je donnerais tellement pour, ne serait-ce qu’un instant, découvrir
l’écuyère de tes premières années.
T’en souviens-tu Sophie, que nous nous sommes-aimées ? »
Les Jours de Sophie Pendragon
par Rosaline Ulysienne Mandée Ayrelle

Le chant des cavalières, Jeanne Mariem Corrèze, 2020.

Le chant des cavalières

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Premières lignes #237

Salutations !
Aujourd’hui, je vous propose de découvrir les premières lignes d’un roman que j’ai commencé hier soir, un roman inspiré de faits réels, qui se déroule en Norvège, en 1617, et qui parle de sorcellerie…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Par ordre du Roi

Tout sorcier ou homme de foi qui aura
renoncé à Dieu et sa parole sacrée, et à sa
christianité, et qui se vouera au diable devra
être jeté au feu et brûlé.

Extrait du Décret sur la sorcellerie (Trolddom)
au Danemark-Norvège de 1617, entré en
vigueur dans le comté de Finnmark en 1620.

Les graciées, Kiran Millwood Hargrave, 2020.

Les graciées

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Premières lignes #236

Bien le bonjour, cher·es lecturovores !
Pour les Premières lignes de ce jour, j’ai pris au hasard un livre de ma pile à lire. Je dois dire qu’en les lisant, j’ai tout de suite apprécié l’atmosphère qui s’en dégage. Et vous, quel est votre ressenti ?
Passez une belle journée.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

1

La riche senteur des roses emplissait l’escalier, et lorsque la brise d’été agitait les arbres du jardin, les lourds effluves de lilas, ou la fragrance plus subtile de l’épine rose, pénétraient par la porte ouverte.
Depuis le coin du divan aux motifs persans sur lequel il était étendu, fumant, comme à son habitude, cigarette sur cigarette, Lord Henry Wotton apercevait tout juste l’éclat d’un cytise aux fleurs couleur de miel, suaves comme le miel, dont les rameaux frémissants paraissaient à peine capables de porter le poids d’une beauté aussi flamboyante que la leur, cependant que de temps à autre les ombres fantastiques projetées par les oiseaux en vol s’inscrivaient un instant sur les longs rideaux de tussor tendus sur la fenêtre immense, et créaient passagèrement une sorte d’effet japonais qui lui rappelait le visage blafard comme le jade de ces peintres de Tokyo qui, par l’intermédiaire d’un art nécessairement immobile, tentent de traduire le mouvement et la vitesse. Le murmure obstiné des abeilles cheminant lourdement parmi les hautes herbes qu’on n’avait pas encore tondues, ou faisant des cercles monotones au-dessus des aigrettes dorées et poudreuses du chèvrefeuille qui poussait en tous sens, semblait rendre le silence encore plus oppressant. Le grondement indistinct de Londres était comme le bourdon d’un orgue dans le lointain.
Au centre de la pièce, fixé sur un chevalet droit, se dressait le portrait en pied d’un jeune homme d’une beauté extraordinaire et, face à lui, à quelque distance, était assis l’artiste lui-même, Basil Hallward, dont la disparition subite, il y a quelques années, suscita dans l’opinion un tel émoi et fit naître de si étranges conjectures.
Le peintre regardait la forme gracieuse et avenante que son art avait si habilement reflétée, et un sourire de plaisir passa sur son visage et parut vouloir s’y attarder. Mais soudain il sursauta et, fermant les yeux, posa les doigts sur ses paupières, comme s’il cherchait à emprisonner dans son cerveau un rêve curieux dont il redoutait de s’éveiller.

Le portrait de Dorian Gray, Oscar Wilde, 1891.

Le portrait de Dorian Gray

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Premières lignes #235

Bien le bonjour, les lecturovores !
Je vous ai récemment fait la chronique de La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps de Clémence Michallon et je profite de ce rendez-vous pour vous faire découvrir les premières lignes. Le roman commence par une performance sportive : la narratrice va tenter de battre son record.

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Chapitre 1er

[Dans l’application Notes du téléphone de Véronica, il existe un fichier intitulé Statistiques. Chaque paragraphe commence par une date. Le premier remonte au 23 octobre 2012.]

26 avril 2018
Poids : 52,5 kilos
Taux de graisse corporelle : 15%

Le taux de graisse corporelle d’un corps comme le mien se situe habituellement entre 25 et 31%.
Entre 21 et 24%, l’ébauche des muscles commence à apparaître sous la peau.
Entre 14 et 20%, on peut voir leur forme, leurs détails, leur début et leur fin.
Les culturistes, grâce à leur entraînement et à leur régime alimentaire, parviennent à descendre plus bas. Dans les catégories féminines, on tombe à 9 ou 13%.

Au début, il y a la barre d’haltère. Elle et ses disques de fonte de chaque côté. Caleb m’a regardée les transporter. J’en ai enfilé quatre à gauche, quatre à droite. Le mécanisme de sécurité s’est refermé, mâchoires de crocodile autour d’une proie. Caleb a perçu, peut-être, la tension entre mes omoplates, un léger plissement du front. Il a dit : «C’est pour ça que tu es là, non?»
Pour la première fois, l’haltère pèse quatre-vingt-trois kilos. Mains sur les hanches, jambes écartées, je plie les genoux. Je me suis échauffée. Caleb m’a fait faire des pompes.
Il va falloir soulever.

La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps, Clémence Michallon, 2020.

La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps

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Premières lignes #234

Salutations !
Pour ces Premières lignes, j’ai choisi de vous présenter l’incipit de L’homme-dragon. Si je n’ai pas accroché au roman, je dois bien admettre que le prologue m’a beaucoup plu. Je vous laisse découvrir cela…

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Prologue

Les dragons avaient longtemps régné seuls sur le monde d’Organd. La vie était douce à cette époque et le climat clément. Ils vivaient en bonne intelligence avec les autres formes de vie qui peuplaient le territoire, même avec les loups et les ours, pourtant réputés pour avoir un caractère bien trempé.
Les dragons n’aimaient rien moins que la paix et la sérénité. Ils avaient entendu parler de batailles passées, lointaines, qui les avaient opposées à des créatures venues des profondeurs de la Terre. Ils en gardaient de douloureux souvenirs et se méfiaient de la guerre qui n’apportait, selon eux, que souffrances et injustices. Et à ceux qui les traitaient de lâches, ils répliquaient qu’ils étaient devenus non violents et que c’était une chance pour le monde d’Organd. Sinon, comment expliquer que ce dernier vivait en harmonie depuis bientôt mille ans ?
Mais bientôt apparut le premier homme, suivi de beaucoup d’autres, et, imperceptiblement, les choses commencèrent à changer et l’équilibre du monde d’Organd à frémir. Personne ne savait d’où ils venaient. La veille, il n’y en avait pas et, le d’après, ils vivaient là, comme chez eux.

L’homme-dragon, Éric Sanvoisin, 2019.

L’homme-dragon

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Premières lignes #233

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Le climat de ras-le-bol s’était installé bien avant l’épisode Ameline Brillant. Être renvoyées chez vous pour des jeans troués et des tee-shirts trop courts nous hérissait depuis un bon moment, mais s’il n’y avait que ça… Ça nous faisait criser quand les surveillants d’internat empêchaient les filles de visiter leurs amies après 21 heures sous prétexte qu’elles étaient trop bruyantes, alors que les garçons avaient la permission de 23 heures. Ça nous énervait de voir qu’on dépensait des sommes astronomiques pour que l’équipe masculine de handball fasse la tournée des championnats, quand les coureuses, pourtant plus nombreuses et bien mieux classées, devaient vendre des croissants tous les matins pour financer le voyage jusqu’à Londres. Ça nous mettait en rogne d’apprendre qu’un prof de maths avait mis une retenue à une seconde qui avait éclaté en sanglots en plein cours à cause de ses règles douloureuses – elle faisait son cinéma, prétendait-il.
C’était donc loin d’être n secret : au lycée Olympe de Gouges, les femmes étaient bien moins loties que les hommes. Constat ironique quand on réalisait que l’établissement portait le nom d’une grande figure des droits des femmes, une qui aurait été du genre à balancer son porc. On ne s’y faisait pas, à cette ambiance misogyne, néanmoins on vivait avec ; l’établissement était renommé, et l’avoir fréquenté passait bien sur un dossier. Mais avec Ameline Brillant, tout avait éclaté.

Rose Rage, Illana Cantin, 2020.

Rose Rage

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Premières lignes #232

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, les premières lignes que je vous présente sont un peu spéciales : il s’agit du premier poème du recueil Les planches courbes d’Yves Bonnefoy.
Bonne lecture à vous.

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Les rainettes, le soir

I

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l’eau du bassin, coulant sans bruit,
Brillait dans l’herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.

Les planches courbes, Yves Bonnefoy, 2001.

Les planches courbes

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Premières lignes #231

Salutations !
J’ai commencé à regarder Cursed sur Netflix et j’ai donc eu envie de découvrir les premières lignes du roman éponyme. Je les partage donc avec vous.
J’étais bien emballée lorsqu’il est sortie mais je pense finalement me contenter tout simplement de la série. Je ne sais pas à quel point celle-ci est fidèle mais elle me suffit – pour l’instant en tout cas. Et vous, vous avez regardé ou lu Cursed ? Qu’en avez-vous pensé ?

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Chapitre 1

Cachée dans une botte de foin, le regard brouillé par les larmes, Nimue trouvait que le père Carden ressemblait presque à un esprit de lumière. Il se tenait dos au soleil, nimbé de ses rayons aveuglants et les bras tendus vers le ciel, si bien qu’il semblait flotter parmi les nuages. Sa voix s’éleva avec des trémolos par-dessus le bêlement affolé des chèvres, le fracas du bois brisé, les hurlements des enfants et les supplications de leurs mères.
— Dieu est amour. Un amour purificateur, un amour sanctificateur, un amour qui nous unit.
Ses yeux bleu pâle survolèrent la petite assemblée pathétique et gémissante qui se tenait prostrée dans la boue à ses pieds, cernée de moines en robe rouge.
— Dieu nous observe, poursuivit-il. Et aujourd’hui, Il sourit. Parce que nous avons accompli Son œuvre. Son amour nous a purifiés. Nous avons cautérisé la chair putréfiée !
Des braises tourbillonnaient dans la fumée qui s’élevait tout autour de lui. Sa bouche était luisante d’écume.
— Nous avons repoussé la corruption du démonisme, chassé les esprits sombres de cette terre. Oui, Dieu sourit, aujourd’hui !
Carden abaissa les bras. Ses lourdes manches retombèrent comme des rideaux, révélant la trentaine de croix enflammées sur la petite colline derrière lui. C’est à peine si l’on distinguait les corps des suppliciés dans l’épaisse fumée noire du bûcher.
Biette, une robuste petite villageoise mère de quatre enfants, se redressa telle une ourse blessée et avança péniblement à genoux vers le prêtre, mais l’un des moines tonsurés lui assena un coup de botte entre les épaules pour lui écraser le visage contre terre. La pauvre se retrouva impuissante, à grogner dans la boue.
Les oreilles de Nimue s’étaient mises à siffler dès qu’elle avait franchi l’entrée du village sur le dos de sa jument, Crépuscule, en compagnie de son amie Pym. Elles avaient tout de suite vu le premier cadavre en travers de la route. Il leur avait semblé reconnaître Mikkel, le fils du tanneur (celui qui cultivait les orchidées pour les rituels de mai), mais son crâne avait été défoncé par un objet lourd. Les deux adolescentes n’avaient guère eu le temps de s’attarder : le village était déjà en feu et les Paladins Rouges grouillaient de partout, les mouvements de leurs longues robes rouges semblables à la danse des flammes. Au sommet de la butte, une demi-douzaine de Sages du village brûlaient déjà sur des croix de fortune. Les hurlements de Pym lui parvenaient de très loin. Nimue était pétrifiée, incapable de penser. Où qu’elle regarde, les gens suffoquaient dans la boue ou étaient traînés de force hors de leurs huttes. Deux paladins tiraient la vieille Betsy par les bras et les cheveux à travers l’enclos où elle gardait ses oies. Les bêtes affolées s’éparpillaient en caquetant, ce qui ne faisait qu’ajouter au chaos ambiant. Très vite, les deux amies s’étaient perdues de vue et l’adolescente avait couru se réfugier dans le tas de foin, où elle n’osait presque plus respirer.

Cursed – La rebelle, Frank Miller et Thomas Wheeler, 2019.

Cursed – La rebelle

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Premières lignes #230

Bonjour !
Aujourd’hui, pour ce nouveau Premières lignes, j’ai opté pour celles du troisième tome de Millenium ; elles ne dévoilent rien de l’intrigue et pourtant en disent beaucoup. En les lisant, j’ai tout de suite été plongée dans le roman.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

1
Rencontre dans un couloir

8 au 12 avril

On évalue à six cents le nombre des femmes soldats qui combattirent dans la guerre de Sécession. Elles s’étaient engagées déguisées en hommes. Hollywood a raté là tout un pan d’histoire culturelle – à moins que celui-ci ne dérange d’un point de vue idéologique ? Les livres d’histoire ont toujours eu du mal à parler des femmes qui ne respectent pas le cadre des sexes et nulle part cette limite n’est aussi marquée qu’en matière de guerre et de maniement des armes.

De l’Antiquité aux Temps modernes, l’histoire abonde cependant en récits mettant en scène des guerrières – les amazones. Les exemples les plus connus figurent dans les livres d’histoire où ces femmes ont le statut de “reines”, c’est-à-dire de représentantes de la classe au pouvoir. La succession politique, fût-ce une vérité désagréable à entendre, place en effet régulièrement une femme sur le trône. Les guerres étant insensibles au genre et se déroulant même lorsqu’une femme dirige le pays, le résultat est que les livres d’histoire sont obligés de répertorier un certain nombre de reines guerrières, amenées par conséquent à se comporter comme n’importe quel Churchill, Staline ou Roosevelt. Sémiramis de Ninive, fondatrice de l’Empire assyrien, et Boadicée, qui me na une des révoltes les plus sanglantes contre les Romains, en sont deux exemples. Cette dernière a d’ailleurs sa statut au bord de la Tamise, en face de Big Ben. On ne manquera pas de la saluer si l’on passe par là.

En revanche, les livres d’histoire sont globalement assez discrets sur les guerrières sous forme de simples soldats qui s’entraînaient au maniement des armes, faisaient partie des régiments et participaient aux batailles conter les armées ennemies aux mêmes conditions que les hommes. Ces femmes ont pourtant toujours existé. Pratiquement aucune guerre ne s’est déroulée sans une participation féminine.

Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson, 2005.

Milénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

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