Premières lignes #339

Bien le bonjour, cher·es lecturovores !
En cette belle journée d’automne, je vous invite à découvrir les premières lignes du dernier roman de Jo Walton paru en France : Ou ce que vous voudrez. C’est une autrice de SFFF que j’adore, elle ne m’a jamais déçue et je compte bien lire cette nouvelle parution dans les mois à venir.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

1
La caverne d’os

Elle ne veut pas que raconte ses histoires. Elle dit qu’à force, ça les rendrait monotones. En fait, elle en a ras le bol de mes astuces et de mon savoir-faire ; je l’ai beaucoup inspirée, mais elle en a fini avec moi. Me voici donc piégé dans cette caverne d’os, dans ce crâne vide, ce point de vue étroit et limité qui est tout ce qu’elle me permet, un peu comme l’unique rayon d’une lanterne presque entièrement voilée. C’est elle qui a le pouvoir. Mais parfois, elle a besoin de moi. Et donc, parfois, je sors.

Ou ce que vous voudrez, Jo Walton, 2020.

Ou ce que vous voudrez

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Premières lignes #338

Pour les premières lignes de ce dimanche, j’ai opté pour un roman qui a récemment rejoint ma pile à lire et que je compte lire durant l’automne : Afterlove de Tanya Byrne.
Bonne lecture à vous et bon dimanche.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

Alice Anderson se trouve à l’endroit exact indiqué par Deborah, sur la falaise de Saltdean. Elle contemple la mer. De toute façon, je n’aurais pas pu la rater, vu son manteau de fourrure rose vif. Le genre de fringue vers laquelle je fonce sitôt entrée dans une boutique, mais que je n’ai jamais le courage d’acheter. Je l’enfile, prends un selfie puis la range au profit d’une tenue plus sage. Un truc noir que je peux porter au lycée sans risquer d’être collée.
L’absolue banalité de mes sujets représente l’un des aspects les plus difficiles de ma tâche. Alice pourrait être une camarade de classe ou la cliente qui patiente derrière moi dans la queue aux cabines d’essayage de Primark. Une fille que j’aurais croisée dans la rue sans la remarquer. Avant cette nuit.
L’obscurité n’aide pas, mais je dirais qu’elle a mon âge, seize ou dix-sept ans. Ses boucles blondes légères que le vent chasse de son visage me dévoilent son profil. Si je ne distingue pas la couleur de ses yeux, je discerne la ligne de sa mâchoire et son joli petit nez, ainsi que son rouge à lèvres, d’une couleur identique à celle de son manteau.
À en juger par sa jupe à hauteur des genoux et les talons de ses chaussures, elle est sortie, ce soir. Il fait bien trop froid pour se balader sans collants, mais elle a sans doute cru qu’elle n’en souffrirait pas trop, comptant prendre un taxi pour rentrer chez elle, sauf qu’elle a perdu son sac et a dû revenir à pied. À moins qu’elle se soit disputée avec son petit ami et lui ait demandé d’arrêter la voiture ici, préférant regagner seule ses pénates.
J’ignore pourquoi je leur invente des histoires. J’imagine que ça me passera. D’ici plusieurs mois, quand j’aurais suffisamment œuvré pour oublier leurs noms.
En attendant, c’est plus fort que moi, je m’interroge sur leur présence ici.
Pourquoi eux ?

Afterlove, Tanya Byrne, 2021.

Afterlove

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Premières lignes #337

Salutations !
Aujourd’hui, ce sont les premières lignes d’un roman sorti il y a un an et qui, depuis, ne cesse de me faire de l’œil : Sidérations de Richard Powers. Je ne sais pas pourquoi, je m’attendais à un début différent. Cela dit, j’ai tout de même bien envie de me plonger dans cette lecture (d’ici la fin de l’année, j’espère). L’avez-vous lu et, si oui, qu’en avez-vous pensé ? Sinon, vous fait-il envie ? Les mots-clés qui reviennent le plus pour ce livre sont « science-fiction », « écologie » et « autisme ».
Bonne lecture et bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

MAIS ALORS, ON RISQUE DE NE JAMAIS LES TROUVER ? Nous avions installé le télescope sur la terrasse, par une claire soirée d’automne, à la lisière d’une des ultimes poches de ténèbres de l’Est des États-Unis. C’était dur à dénicher, des ténèbres aussi belles, et ainsi concentrées en un seul lieu elles illuminaient le ciel. Nous avons pointé la lunette vers une trouée entre les arbres, au-dessus de notre cabane de location. Robin a écarté son œil du viseur : mon triste et singulier garçon au bord de ses neuf ans, en porte-à-faux avec ce monde.
“Tu as absolument raison. On risque de ne jamais les trouver.”
Je m’efforçais toujours de lui dire la vérité, dès lors que je la connaissais et qu’elle n’était pas mortelle. Quand je mentais, de toute façon, il le sentait.
Mais il y en a partout, non ? Vous l’avez prouvé, les mecs.
“Enfin, pas vraiment prouvé.”
Peut-être qu’elles sont trop loin. Qu’il y a trop d’espace vide, un truc comme ça.
Ses bras firent des moulinets, comme toujours quand les mots lui faisaient défaut. L’heure du coucher approchait, ce qui n’arrangeait rien. Je posai la main sur sa tignasse châtain-roux. Du même roux qu’elle – Aly.
“Et si par hasard on n’entend jamais le moindre son venir de là-haut ? Qu’est-ce que ça indiquerait ?”
Il me fit taire d’un geste de la main. Alyssa disait souvent que quand il se concentrait, on entendait les rouages. Ses yeux se plissèrent, plongés vers le sombre ravin d’arbres en contrebas. Son autre main rabotait sa fossette au menton – une autre de ses habitudes quand il réfléchissait. Il rabotait avec tant de vigueur que je dus intervenir.
“Hé, Robbie ! Il est temps d’atterrir.”
Sa paume fusa pour me rassurer. Tout allait bien. Il voulait simplement s’abandonner à la question une minute encore, jusque dans le noir de la nuit, tant que c’était possible.
Tu veux dire si on n’entendait jamais rien, jamais jamais ?
J’encourageai mon petit scientifique d’un hochement de tête – vas-y en douceur. Finie pour ce soir, la contemplation des étoiles.

Sidérations, Richard Powers, 2021.

Sidérations

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Premières lignes #336

Salut, les lecturovores !
Aujourd’hui, un roman jeunesse qui nous plonge en plein automne – quoiqu’il me semble que le récit se passe plutôt au printemps, mais je vous avoue qu’entre la couverture et les premières lignes, ça me plonge plutôt en plein octobre ou novembre 🌧
Bon dimanche à vous.

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Des bruits d’explosion au loin. Le sol qui tremble. Les hurlements des soldats qui meurent, mitraillés. Une sirène stridente lui déchire les tympans. LA bombe.
Une main qui le touche.
Michel se réveille en sursaut. Secoué par son père, Maurice. À l’exception de la faible lueur émanant de sa veilleuse Mickey Mouse, sa chambre était plongée dans le noir. La pluie battait furieusement contre la fenêtre. Fouettées par le vent, des branches d’arbre heurtaient la vitre. Un crissement à en avoir la chair de poule.
— Viens, Michel.
L’enfant ne bougea pas, son esprit encore perdu dans les dédales de ses rêves.
— Qu’est-ce qui se passe, papa ? bredouilla-t-il.
— C’est l’heure. Dépêche-toi.

Déluges, Marc-André Pilon, 2022.

Déluges

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Premières lignes #335

Bien le bonjour, les aficionados de la lecture !
C’est dimanche, c’est Premières lignes. On arrive à la fin des vacances estivales et donc, d’ici une vingtaine de jours, arrivera l’automne. Pour ma part, rien de mieux que des bouquins horrifiques, des romans gothiques et autres histoires avec des créatures fantastiques pour me plonger dans l’ambiance. Au programme aujourd’hui, Anno Dracula 🧛‍♂️

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« Nous, les Szekeley, avons toutes les raisons d’être fiers, car dans nos veines coule le sang de maintes tribus qui bataillèrent avec un courage de lion pour affirmer leur suprématie. Ici, dans le tourbillon des races européennes, surgit le clan des Ugriques, descendu d’Islande et possédé par l’amour du combat que leur avaient légué Thor et Odin. Leurs Berserkers montrèrent une telle férocité sur toutes les rives de l’Europe, d’Afrique et d’Asie, que les populations terrifiées crurent que c’étaient des loups-garous. Et c’est ici aussi qu’ils s’opposèrent aux Huns dont la furie guerrière avait submergé les terres tel un incendie meurtrier, jusqu’à ce que les mortels portent dans leur sang celui de ces vieilles sorcières qui, chassées de Scythie, s’étaient accouplées avec les démons du désert. Fous d’humains ! Quel guerrier fut plus redoutable qu’Attila dont le sang court dans ces veines ? Comment s’étonner que nous ayons été une race conquérante et que nous ayons refoulé les Magyars, les Lombards, les Avars, les Bulgares ou les Turcs quand leurs hordes déferlèrent sur nos frontières ? Quoi de surprenant à ce qu’Arpád et ses légions nous aient trouvé sur sa route ? Et quand le flot hongrois se déversa à l’est, les Szekeley furent déclarés cousins par les Magyars victorieux, et des siècles durant nous eûmes la garde de la frontière turque ; et sans cesse nous la surveillâmes, car comme le disent les Turcs, “l’eau dort parfois, l’ennemi jamais”. Qui, parmi les Quatre Nations qui reçurent “l’Épée Sanglante”, en fut plus fier que nous ? Et quand fut rachetée la honte de Cassova, où les étendards des Valaques et des Magyars touchèrent le sol devant ceux frappés du Croissant, qui, sinon l’un de nous, alors voïvodes, traversa le Danube pour aller humilier les Turcomans sur leurs propres terres ? Oui, ce fut un Dracula ! Et quel malheur que son traître de frère ait vendu son peuple à l’ennemi et l’ait ainsi livré à la honte de l’esclavage… Mais une fois encore, après la bataille de Mohács, nous brisâmes le joug hongrois, et à la tête de la révolte allaient les Dracula, car nous n’acceptons pas d’être privés de liberté. Ah, jeune homme, les Szekeley – et les Dracula qui sont leur sang, leur esprit et leur épée – ont la capacité d’établir une dynastie bien plus grande que celle des Habsbourg ou des Romanov. L’époque des guerres appartient au passé. Le sang est chose trop précieuse en ces temps de paix déshonorante et la gloire des grandes races n’est plus qu’une histoire racontée au coin des feux. »

Comte DRACULA

Anno Dracula, Kim Newman, 1992.

Anno Dracula, tome 1

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Premières lignes #334

Salutations, les lecturovores !
Youpi, je suis en vacances ! Je vous ai donc programmé les premières lignes d’un roman qui me fait envie depuis un moment et qui a récemment rejoint ma pile à lire. A noter que je ne pourrai pas actualiser les liens cette semaine, n’hésitez donc pas à les laisser en commentaire ✍️
Pour en revenir au roman, je crois que tout est dans le titre et dans ces quelques mots qui ouvrent le récit, je vous laisse donc découvrir cela.
Bonne lecture à vous et bon dimanche.

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Mots

Ayoola m’appelle et prononce ces mots que j’avais espéré ne jamais plus entendre : Korede, je l’ai tué.

Ma sœur, serial killeuse, Oyinkan Braithwaite, 2018.

Ma sœur, serial killeuse

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Premières lignes #333

Salutations !
Nouvelles premières lignes aujourd’hui : celles d’un court roman biographique sur la célèbre aviatrice Amelia Earhart, disparue mystérieusement en mer lors de la dernière étape de son tour du monde. Je ne sais pas si la journaliste Cathy White a réellement existé – je n’ai rien trouvé à son sujet –, toujours est-il que ces paragraphes nous présentent les deux femmes et que c’est une bonne entrée en matière.
Merci à Patricia pour m’avoir permis la découverte de ce livre ! Sa chronique est ici (cliquez).

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2 juillet 1937, 10 heures du matin. Cathy White scrutait le ciel d’un bleu immaculé, en imaginant l’Electra qui venait de décoller, piloté par les mains expertes d’Amelia Earhart, célèbre aviatrice partie pour un tour du monde. La jeune journaliste, qui mesurait la chance qu’elle avait de couvrir un événement aussi exceptionnel, ne manquait pas de conserver précieusement les articles qu’elle avait écrits à son propos.
C’était son premier vrai sujet, le premier d’envergure. Il la rendait franchement fière, il justifiait les années de privations pendant les études, les railleries de son entourage incapable de comprendre son engouement pour un tel métier.

Depuis plusieurs années, Amelia Earhart occupait les grands titres des journaux. Ses compétences de pilote, ses exploits, sa féminité assumée, et maintenant ce tour du monde qu’elle avait entrepris, et qu’elle était sur le point de terminer.
Cathy avait été choisie pour suivre l’événement en exclusivité, aussi l’aviatrice était-elle devenu un modèle pour la jeune journaliste encore inexpérimentée, qui gardait ancrée en elle cette phrase parmi d’autres : « Comme les hommes, les femmes doivent tenter de réussir et si elles échouent, leur échec doit être un défi pour d’autres femmes. »
Message reçu, Amelia. Votre tour du monde était aussi un exploit pour Cathy, et pour cela elle vous serait éternellement reconnaissante.

Amelia Earhart – L’aviatrice qui voulait faire le tour du monde, Pascale Perrier et Isabelle Delorme, 2020.

Amelia Earhart – L’aviatrice qui voulait faire le tour du monde

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Premières lignes #332

Aimez-vous les licornes ?
Pour les premières lignes de ce jour, je vous propose de découvrir un ouvrage décrit comme « petit livre » mais qui, croyez-moi, est assez grand et promet d’être riche ! Il y a une touche d’humour dans l’avant-propos, je me demande si on la retrouvera au fil des pages. Quoiqu’il en soit, ça m’a donné envie d’en savoir plus.

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AVANT-PROPOS

Ce petit livre essaie de répondre avec le sérieux d’un rhinocéros et la légèreté d’une biche à quelques questions sur les licornes.

• D’où vient cette bête unicorne et imaginaire, connue de tous bien qu’absente tant des mythologies savantes que des traditions populaires ?
• Comment la licorne, qui fut d’abord assez trapue et armée d’une corne noire, a-t-elle acquis la silhouette qu’on lui connaît aujourd’hui, celle d’une fine et blanche cavale à la corne torsadée ?
• Quelles relations, honnêtes ou malhonnêtes, a entretenues et entretient encore la licorne avec les autres animaux, qu’ils soient imaginaires comme le dragon ou réels comme le lion ou l’éléphant ?
• Où trouve-t-on la licorne, comment la chasse-t-on, et qu’est-ce que c’est exactement cette histoire de jeune vierge ?
• Que peut-on bien faire avec une corne de licorne, si par hasard on en trouve une, ou si on en achète une chez un antiquaire – j’ai des adresses à Paris, si cela vous intéresse ?
• Et bien sûr, pourquoi voit-on depuis une quinzaine d’années des licornes partout ?

Ces questions, nous irons les poser à toutes sortes de licornes, à celles vues par les voyageurs, dessinées ou sculptées par les artistes, racontées par les écrivains, étudiées par les savants, à celles d’Europe mais aussi plus rapidement à celles du monde arabe ou oriental, à celles du Moyen Âge et de la Renaissance mais aussi à celles de l’époque romantique et à celles d’aujourd’hui. Si elles ne parlent guère, elles ont néanmoins toutes beaucoup à nous dire, et, en premier lieu, que les hommes qui les ont connues, ou du moins décrites, n’étaient pas si différents de nous.

Licornes – Métamorphoses d’une créature millénaire, Bruno Faidutti, 2022.

Licornes – Métamorphoses d’une créature millénaire

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Premières lignes #331

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, c’est l’avant-propos d’une autobiographie que je vous partage. J’ai trouvé cet incipit intéressant car il dit déjà beaucoup de choses : l’exil ? Une femme qui dérange. Sa colère quant au prix du livre trop élevé du livre ? Des convictions politiques. Et pas mal de baroudage. Aujourd’hui, je mets en avant Emma Goldman, une anarchiste du début du XXe siècle et que j’ai découvert avec le petit livre L’anarchisme.

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AVANT-PROPOS
PAR JACQUELINE REUSS ET LAURE BATIER

Emma Goldman n’a que 16 ans lorsqu’en 1885 elle quitte la Russie pour émigrer aux États-Unis. Quelque trente-cinq ans plus tard, c’est du Nouveau Monde qu’elle devra repartir, expulsée vers le pays des soviets. Au bout de deux ans à peine, elle sera pourtant contrainte de fuir, ses rêves brisés, devant la répression bolchévique. Comme son compagnon, Alexandre Berkman, elle vivra alors des années d’exil tandis que les deux sillonnent l’Europe à la recherche d’une terre d’accueil. Elle la trouvera en 1928 à Saint-Tropez, le temps de s’imposer une retraite quasi monacale pour écrire ses mémoire, Living My Life.
Goldman recevra des offres de huit éditeurs pour la publication de son autobiographie. Les négociations seront finalement conclues avec Alfred A. Knopf, à qui elle envoie l’ultime lot de chapitres début 1931. D’après leur contrat, son autobiographie devait paraître en un seul volume et « à un prix abordable pour la classe ouvrière ». Or, elle apprend avec colère à la sortie du livre qu’il se compose de deux volumes vendus 7,50 dollars, soit cinquante pour cent plus cher que le prix public convenu. Et effectivement, comme Goldman l’avait prévu, les ventes demeurent faibles dans un contexte de crise et d’effondrement économique.
Les critiques, en revanche, s’enflamment […].

Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions, Emma Goldman, 1931.

Vivre ma vie – Une anarchiste au temps des révolutions

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Premières lignes #330

Salutations, les lecturovores !
Aujourd’hui, je reviens vers vous avec des premières lignes un peu particulières : celles de la pièce de théâtre Dans ton cul de Valerie Solanas. Dans un premier temps, j’ai sauté l’introduction de Wendy Delorme (qui est super, soit dit en passant) pour découvrir d’abord le texte de Solanas. Elle se congratule elle-même et, si ça semble décalé, j’ai pourtant trouvé ça génial et plein de mordant : on ne se félicite jamais assez de nos propres réussites ! La sienne est d’avoir finalisé sa pièce ; elle n’est pas bien longue mais le travail a été important (qu’on accroche ou pas à Dans ton cul, ceci est indéniable). Voici donc les multiples titres de la pièce et ses propres remerciements.
Bon dimanche à vous.

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VALERIE SOLANAS

UP YOUR ASS
(DANS TON CUL)

ou

FROM THE CRADDLE TO THE BOAT
(DU BERCEAU AU BATEAU)

ou

THE BIG SUCK
(LA GRANDE ARNAQUE)

ou

UP FROM THE SLIME
(EN DIRECT DU CANIVEAU / SORTIR DE LA VASE)

Je dédie cette pièce à

MOI

source continue de force et de conseils,
et sans la loyauté, le dévouement et la foi indéfectibles
de laquelle cette pièce n’aurait jamais été écrite.

Remerciements supplémentaires :

Moi-même – pour la relecture, les commentaires rédactionnels, les conseils utiles, les critiques et les suggestions, et l’exquis travail de dactylographie.
Moi – pour l’étude autodidacte des hommes, des femmes mariées et autres dégénérés.

Dans ton cul, Valerie Solanas, 1965.

Dans ton cul

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