Premières lignes #279

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, on reste dans de la littérature jeunesse avec Extra, l’histoire d’un gamin qui va avoir pour correspondant un… Oh, eh bien je vous laisse regarder la couverture et le découvrir par vous-même ! Un indice : le titre n’est pas anodin.
Bon dimanche à vous, et bonne lecture !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

CHAPITRE UN
Le défi

Bla, bla, bla.
Le maître parlait depuis un moment et, comme d’habitude, je n’écoutais le cours que d’une oreille. Déjà que le français ne me passionne pas, mais la conjugaison, c’est le risque d’endormissement maximum. C’est sans doute pour ça que je me suis retrouvé embarqué dans cette histoire. Engourdi par une captivante leçon sur les temps composés de l’indicatif, j’ai baissé ma garde et je me suis fait piéger. Il n’y a pas d’autre explication. Pourtant, j’aurais dû comprendre en voyant l’enthousiasme de M. Mathéï. Il faut savoir que le visage de M. Météo, comme on le surnomme, reflète son humeur. Et là, il indiquait « journée ensoleillée ».
– Et comme je viens de vous le dire, il est capital de se montrer accueillant, a-t-il déclaré.
Un bruissement de voix s’est élevé dans la classe. Des voix agitées, comme lorsqu’on discute d’une sortie scolaire ou d’une rencontre sportive. Sauf que là, personne n’était d’accord.
– C’est génial ! s’est écriée Darsha.
– Ouais, d’enfer ! a renchéri Benji.
Une partie des élèves semblaient excités par l’annonce faite par le maître. D’autres, presque aussi nombreux, ne paraissent pas emballés du tout. Kristy a pincé le nez en prenant un air dégoûté et Angelo a grogné :
– On est vraiment obligés ?
– Tu n’est obligé de rien, a répondu M. Météo. Néanmoins, il est préférable que celui qui logera le correspondant ait envie de le faire.
Apparemment, j’avais manqué un épisode. Un correspondant ? Quel correspondant ? Darsha a secoué la tête en soupirant.
– Mes parents ne seront jamais d’accord.
– Les miens non plus.
Inès a murmuré d’une voix timide :
– Moi, je n’oserais jamais lui parler, alors l’inviter chez moi…
À présent, j’étais tout à fait réveillé. Pourquoi faire tant d’histoire ? J’ai lâché mon radiateur et fait basculer ma chaise pour me pencher vers Darsha, mon amie depuis la maternelle.
– Hé ! Tu peux m’expliquer ce qui se passe ?
Elle n’a pas eu le temps de me répondre. Un rappel à l’ordre a claqué dans la classe, aussi fort qu’un coup de tonnerre :
– Élias !
Pris en flagrant délit de bavardage, j’ai bondi comme un diable sortant de sa boîte. Le maître m’a fusillé d’un regard noir.

Extra, Delphine Pessin, 2021.

Extra

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Premières lignes #278

Salutations !
Ce dimanche, je vous propose un peu de fantasy jeunesse avec un livre dont le titre m’a tout de suite attirée : Dino Chevaliers. Je pense qu’il fera partie des lectures de mon été.
Vous connaissez ?

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
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Chapitre un

Henry Fairchild fut réveillé par un giga-grognement. Il se frotta le ventre – il n’avait quand même pas si faim ! Puis il entendit un ronflement et un autre grognement. Le bruit venait de l’écurie, sous le grenier où il dormait.
Je sais ce qu’ils veulent, pensa-t-il en se laissant glisser de son matelas.
Il se releva sous la corniche avant de baisser la tête juste au bon moment. Il s’était cogné le front sur les poutres du grenier un nombre incalculable de fois, il n’y avait qu’à voir ses bleus.
Il retint son souffle : ça puait la paille humide. Il descendit l’échelle bancale, sauta du dernier barreau et atterrit doucement sur le sol de terre. Il pivota et regarda la rangée de box.
– Tout le monde debout !
Les dinosaures bougèrent dans leur enclos, leurs oreilles remuant au son de sa voix. Ils savaient tous ce que ça voulait dire : petit déjeuner !

Dino Chevaliers, tome 1 : Menace sur le château, Jeff Norton, 2019.

Dino Chevaliers, tome 1 : Menace sur le château

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Premières lignes #277

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CHAPITRE 1

 

LE CLAIRON DE BEAUPRÉ,
ÉDITION DU 15 AVRIL 1990

Will contempla d’un air absent les titres du journal : lancement du télescope Hubble, décès de Greta Garbo, appel à la paix de Nelson Mandela… Il soupira et ouvrit le quotidien directement à la page des petites annonces.
Il devait dénicher un job pour cet été. Ses parents avaient été clairs : ils ne le supporteraient pas une saison de plus à tourner en rond dans la maison. Will savait qu’ils cherchaient surtout à ce que leur fils expérimente l’autonomie. Il approchait de ses dix-sept ans et, dans quelques temps, il quitterait le foyer pour poursuivre ses études.
La page convoitée s’étala bientôt devant lui, mur intimidant dont chaque brique promettait autant d’espoirs que de déceptions. Il parcourut la première colonne comme un alpiniste étudie une paroi avant son ascension. Quelques formules attirèrent son attention : job d’été, tourisme, horaires souples. Il prit une longue inspiration et plongea dans sa lecture. Il parcourut posément chaque annonce, parfois à plusieurs reprises afin de décrypter les abréviations que les radins utilisaient pour gagner dix centimes sur le nombre de lettres.
Prestations de menuisier, d’employé, offre de garde d’enfants, de cours à donner, recherches d’apprenti… Au milieu de la deuxième page, il sentit la migraine le gagner. Il se tortilla sur sa chaise, se massa le front et tomba sur un minuscule entrefilet tout en bas de la rubrique. Il le considéra avec perplexité. Il ne l’avait pas remarqué auparavant, ce qui était étonnant car il avait été entouré au feutre rouge.
Il se pencha et lut : Hôtel Parallell cherche homme à tout faire pour la période juillet-août. Se rendre sur place, chemin des Sept-Chutes, pour plus d’informations.
Plusieurs pensées jaillirent simultanément dans l’esprit de Will. La première était l’orthographe fantaisiste du nom de l’établissement, avec ses deux paires de L comme autant de segments parallèles. Une coquille du rédacteur ou un effet voulu par le gérant ?
La seconde réflexion était qu’il n’avait jamais vu aucun hôtel aux Sept-Chutes. D’un autre côté, on construisait tellement vite, ces jours-ci… Et puis, si l’annonce recherchait de la main-d’œuvre pour cet été, c’est peut-être qu’elle n’avait pas encore recruté de saisonniers, ce qui allait dans le sens d’une édification récente.
Et pour finir, qui avait entouré l’insert ? Il baissa la tête jusqu’à effleurer le papier. Ce n’était pas un effet d’impression destiné à mettre le paragraphe en évidence mais bien un tracé manuel.

Hôtel Parallell, Alexis Flamand, 2021.

Hôtel Parallell

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Premières lignes #276

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INTRODUCTION
S’APPROCHER DU FÉMINISME

Aux gens qui veulent savoir qui je suis et ce que je fais, je dis fièrement, partout où je vais, que je suis écrivaine, théoricienne féministe, critique culturelle. Je leur dis que j’écris sur le cinéma et la culture populaire, à partir de l’idée que le vrai message, c’est le médium lui-même. La plupart des gens trouvent ça passionnant et veulent en savoir plus. Tout le monde va au cinéma, regarde la télévision, jette un coup d’œil aux magazines, réfléchit sur les messages qu’il ou elle reçoit, sur les images qu’il ou elle regarde. Il est facile pour le public diversifié que je rencontre de comprendre ce que je fais en tant que critique culturelle, de comprendre ma passion pour l’écriture (beaucoup de gens ont envie d’écrire, et le font). Mais quand je mentionne la théorie féministe, c’est là que s’arrêtent les questions et que commencent généralement toutes sortes de rengaines à propos du mal que causent le féminisme et les méchantes féministes : qu’« elles » détestent les hommes ; qu’« elles » s’opposent à la nature – et à Dieu ; qu’« elles » sont toutes lesbiennes ; qu’« elles » prennent tous les emplois et rendent le monde invivable pour les hommes blancs qui n’ont aucune chance face à « elles ».
Quand je demande à ces mêmes gens de me parler des livres ou des magazines féministes qu’ils ont lus, des discours féministes qu’ils ont entendus, des militantes féministes qu’ils connaissent, leurs réponses montrent bien que tout ce qu’ils savent sur le féminisme est entré dans leur vie par ouï-dire, qu’ils ne se sont pas suffisamment approchés du mouvement féministe pour savoir ce qui s’y passe et de quoi il s’agit réellement. Le plus souvent, ils pensent que le féminisme, c’est une bande de femmes en colère qui veulent être comme les hommes. Il ne leur vient pas même à l’esprit que le féminisme puisse être une question de droits – un combat des femmes pour l’égalité des droits.

Tout le monde peut être féministe, bell hooks, 2000.

Tout le monde peut être féministe

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Premières lignes #275

Je ne sais absolument plus ce que dit le résumé de ce roman, j’ai tendance à oublier vite une fois que j’ai le livre, pour mieux le découvrir ensuite. Quand je lis ces premières lignes déjà pleines de tension, avec un compte à rebours, j’ai tout de suite envie de poursuivre, pas vous ?

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Chapitre 1

Il y a des choses qui ne se font pas. Courir dans un cimetière, par exemple. Surtout un cimetière militaire. Cracher sur les tombes, non plus. Encore moins sans prendre le temps de s’arrêter. Geoff, lui, fait ça tous les matins depuis bientôt deux ans.
Il court en tennis et jogging, serviette autour du cou, la foulée sûre et tranquille, et il crache sur une trentaine de tombes en marmonnant des mots que lui seul comprend. Ce sont pourtant des phrases simples.
Salut, vieux salopard.
T’as l’air fin sous ta pelouse, maintenant.
Tiens ? T’es encore là, toi ?
Redis-moi qui c’est qui pète la forme, gros malin.
Alors, fils de pute, toujours calanché ?
Oui, ce sont des phrases simples, car Geoff Tyler est quelqu’un de simple. Il a promis qu’il irait cracher sur les tombes de tous les fumiers qui commettraient l’impudence de crever avant lui et il tient parole. C’est ainsi qu’on est un homme d’honneur. Et qu’importe si cela défrise les rares oreilles qui ont la déveine d’intercepter un mot ou deux.

Rainbow Warriors, Ayerdhal, 2013.

Rainbow Warriors

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Premières lignes #274

Je ne sais absolument plus ce que dit le résumé de ce roman, j’ai tendance à oublier vite une fois que j’ai le livre, pour mieux le découvrir ensuite. Quand je lis ces premières lignes déjà pleines de tension, avec un compte à rebours, j’ai tout de suite envie de poursuivre, pas vous ?

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1

Black Country, mars 2015

Trois minutes.
Les descentes de police à l’aube prennent rarement une telle ampleur. L’enquête a duré des mois. À présent, la brigade de Kim se tient fin prête. Positionnés de l’autre côté de la route, les assistants sociaux attendent qu’on leur fasse signe d’entrer. Ce soir, deux petites filles ne dormiront pas dans leurs lits.
Deux minutes.
Kim active la radio.
— Tout le monde est en place ?
— On atend vos ordres, répond Hawkins.
Postés à deux rues de là, ses hommes bouclent l’arrière de la propriété.
— On est bon, confirme Hammond, tapi dans la voiture derrière elle.
Il détient l’indispensable « grosse clé » qui leur permettra de faire une entrée fracassante.
Plus qu’une minute.

Nos monstres, Angela Marsons, 2015.

Nos monstres

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Premières lignes #273

J’imagine que, comme moi, vous avez des livres qui traînent dans votre pile à lire depuis une éternité. Vous les avez achetés en vous disant que vous les lirez rapidement, mais il y a toujours eu d’autres lectures à passer avant. Chez moi, Chroniques des Ombres de Pierre Bordage est dans ce cas-là. Certes, c’est une brique, mais ce n’est pas ça qui me rebute – rien ne me rebute, en fait, si ce n’est la flemme. C’est un roman post-apocalyptique avec, semble-t-il, une touche de thriller. Je compte m’y mettre cet été (à voir si je m’y tiens!).

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Chapitre 1

Ne te laisse jamais enfermer dans une Cité Unifiée :
tu y perdrais bien plus que ton âme.
L’homme qui sacrifie sa liberté au nom de la sécurité
jette de la terre sur le rêve humain.

Proverbe horcite

Cité Unifiée de NyLoPa

La première offensive des Ombres ne fut précédée d’aucun signe. Elle se produisit dans un quartier banal de NyLoPa, l’un de ces soirs paisibles que rien ne semblait devoir perturber.

Chroniques des Ombres, Pierre Bordage, 2013.

Chroniques des Ombres

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Premières lignes #272

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1

Ogui ouvre lentement les yeux. Tout est blanchâtre autour de lui. Une lumière l’éblouit. Il ferme les yeux et des rouvre. Ça lui coûte un peu. Il est rassuré, il sent qu’il est en vie. Son éblouissement et la difficulté physique qu’il éprouve à remuer les paupières en sont la preuve.
Il regarde le plafond et voit des plaques de plâtre et des tubes fluorescents bien alignés, tous allumés. Il doit s’agir  d’un hôpital, c’est  le seul endroit qui nécessite autant de lumière.
Il tente péniblement de tourner la tête. Il parvient à imprimer un mouvement de ses pupilles.
– Monsieur.

Le jardin, Hye-Young Pyun, 2016.

Le jardin

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Premières lignes #271

Salutations !
J’en parlais il y a peu ; la dernière fois que j’ai acheté des livres, j’ai demandé à ma meilleure amie de m’en choisir un. Il s’agit de La dame de Reykjavík et j’ai choisi de vous en partager les premières lignes aujourd’hui. Bonne lecture à vous !

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JOUR 1

1

– Comment m’avez-vous trouvée ? demanda la femme.
Sa voix tremblait. Son visage était livide.
L’inspectrice principale Hulda Hermannsdóttir sentit son intérêt redoubler. Rompue à ce petit jeu, elle s’attendait à susciter ce type de réactions – même quand les personnes qu’elle interrogeait n’avaient rien à se reprocher. Être passé au crible par la police est toujours intimidant, que ce soit au poste ou lors d’une conversation informelle comme celle qu’elles avaient en ce moment.
Elles étaient assises en face l’une de l’autre dans la petite salle de repos, juste à côté de la cantine du personnel de la maison de retraite de Reykjavík où la femme travaillait. La quarantaine, les cheveux coupés court, l’air fatigué… La visite imprévue de Hulda semblait la perturber. Bien sûr, son trouble ne prouvait rien, mais Hulda avait la sensation que la femme cachait quelque chose. Au fil des ans et des interrogatoires, elle avait fini par acquérir un certain talent pour sentir quand on essayait de la mener en bateau. Certains auraient parlé d’intuition, mais Hulda détestait ce mot, l’alibi commode des flics paresseux.
– Comment je vous ai trouvée ? répéta-t-elle calmement. Mais vous vouliez être trouvée, n’est-ce pas ?
Elle jouait sur les mots, mais c’était une façon comme une autre de lancer la conversation.
– Quoi ? Oui…
La femme avait posé sa main sur la table. Sa paume laissa une empreinte moite quand elle la ramena vers sa joue. En temps normal, Hulda se serait réjouie de repérer un tel signe. Peut-être le préambule à des aveux ? Mais elle n’éprouvait pas sa satisfaction habituelle. Elle reprit :
– Je voudrais vous poser quelques questions à propos d’un incident qui s’est déroulé la semaine dernière.

La dame de Reykjavík, Ragnar Jónasson, 2015.

La dame de Reykjavík

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Premières lignes #270

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Chapitre 1

– Tex, où es-tu ?
Pas de réponse. Bizarre. Tex répond toujours quand je l’appelle. Un bref miaulement qui veut dire : « Qu’est-ce que tu veux, Zoé ? » Enfin, je crois. Je ne parle pas vraiment le chat. Je le devine seulement.
J’ai couru dans la salle de bains. Maman se lavait les dents.
– Tu n’as pas vu Tex ?
Ma mère a émis un long « scrscructschhh » en me regardant d’un air désolée. Ce qui signifiait probablement « non » en langage dentifrice. Je me suis arrêtée devant les toilettes.
– Papa, Tex est avec toi ?
Un grognement négatif a traversé la porte. Inutile d’attendre qu’il en sorte pour avoir plu de précisions : mon père peut rester deux heures dans cette pièce minuscule. Il lit tout ce qu’il attrape : des magazines, des journaux, des prospectus, des catalogues et même des modes d’emploi !
Quand je suis revenue dans ma chambre, j’ai remarqué la fenêtre : elle était entrouverte. J’avais eu si chaud hier soir que j’avais oublié de la fermer pour la nuit. Maman est apparue sur le pas de la porte, les cheveux en pétard.
– J’ai l’impression que Tex est parti se balader sans toi, Zoé. Allez, dépêche-toi, tu vas être en retard à l’école !
De plus en plus bizarre. Tex ne met jamais les pattes dehors la nuit. Trop trouillard. D’habitude, il se lève avec moi le matin et m’attend pour sortir dans le jardin.

La sorcière des marais, Karine Guiton, 2021.

La sorcière des marais

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