C’est lundi, que lisez-vous ? #299

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Cela faisait longtemps que je n’avais pas écouté de livre audio ; je découvre enfin que j’arrive à rester concentrée sur l’écoute ! Il y a une condition à cela : je dois faire du point de croix en même temps !

Lire la suite

Premières lignes #321

Salutations !
Avant de déménager, j’étais passée à la librairie à côté de chez moi et j’avais demandé à l’une des patronnes de me conseiller un livre qu’elle avait aimé. Seule exigence de ma part : qu’il soit au format poche. Et ce sont donc les premières lignes de ce roman que je vous partage aujourd’hui.
Bon dimanche à vous.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

I

Décider

 

1

La veille, Samuel et Sibylle se sont endormis avec les images des chevaux disparaissant sous les ombelles sauvages et dans les masses de fleurs d’alpage ; les parois des glaciers, des montagnes, les nuages cotonneux, la fatigue dans tout le corps et la nuit sous les étoiles, sur le sommet d’une colline format un replat idéal pour les deux tentes.
Et puis au réveil, lorsque Sibylle sort de sa tente, une poignée d’hommes se tient debout et la regarde.
Il lui faut trois secondes pour les compter, ils sont huit, et une seconde de plus pour constater que les deux chevaux sont encore à quelques mètres, là où on les avait laissés hier soir. Samuel se lève à son tour, il ne comprend pas tout de suite. Il regarde sa mère et, à l’agressivité qu’il reconnaît dans la voix des Kirghizes quand ils se mettent à parler, à questionner en russe, et surtout parce qu’à sa façon de répondre il voix que sa mère à peur, il se dit que la journée commence mal.

Continuer, Laurent Mauvignier, 2021.

Continuer

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Far West

Far West

Résumé de l’éditeur :

1865. Territoire du Dakota.
Suite à l’attaque de leur chariot, Wilma et Théodore se retrouvent seuls, perdus dans les Black Hills, pourchassés par une créature aussi dangereuse qu’inconnue…
Alors que l’hiver se rapproche dangereusement, un vieil Indien les prend sous son aile. Mais qui est réellement ce Wakan Tanka qui semble avoir d’étranges pouvoirs ? Et ce lièvre qui les aide en prenant des postures drôlement humaines ?
Pour sa part, le grand-père des enfants, TNT, quitte Boston et s’engage dans l’Ouest, prêt à tout pour retrouver sa famille saine et sauve !
D’un côté comme de l’autre commence alors une course-poursuite haletante en terres indiennes, où les légendes ancestrales ne sont pas que des mythes…

Les auteurs et autrices problématiques, on en fait quoi ?

Récemment, le sujet des auteurs et autrices problématiques est revenu sur le devant de la scène. En cause, des listes qui circulent. Si l’on peut parfois se désoler qu’il n’y ait pas plus de détails quant au pourquoi du comment tel auteur ou telle autrice pose problème, je trouve qu’elles ont le mérite d’exister. Cependant, si la sphère littéraire en parle en ce moment, c’est parce que certaines personnes s’insurgent : n’ont-elles pas le droit de lire les livres qu’elles veulent, les auteur·rices qu’elles veulent ?

Si je m’exprime aujourd’hui, c’est en tant que femme et en tant que lesbienne. Aussi, pendant longtemps, j’ai été relativement précaire (une chose désormais révolue, à ma grande chance). Je connais donc certaines oppressions et j’ai également conscience des autres oppressions (le racisme, la transphobie, la grossophobie, etc.) sans être pour autant une experte de quoi que ce soit. Quand on a conscience de certaines choses, cela peut nous frapper dans un roman, voire cela peut totalement nous déranger. Dans cet article, je souhaite revenir sur cette polémique autour des auteurs et autrices problématiques et des listes qui en sont faites. Lire la suite

Jeune éditrice tourmentée cherche chat pour mieux vivre

Jeune éditrice tourmentée cherche chat pour vivre mieux

Résumé de l’éditeur :

Charlotte, une jeune éditrice surmenée, passionnée par son métier, jongle avec difficulté entre son travail, son mec et ses copines… Sans parler de son chat. Cet équilibre précaire s’écroule quand elle se fait licencier et larguer la même semaine. Charlotte s’effondre, mais remonte peu à peu la pente grâce à un livre, Devenez zen comme votre chat. Elle applique à la lettre les conseils qui y sont prodigués et découvre avec bonheur la vie en mode chat. Son matou Modiano ne manque d’ailleurs pas une occasion pour participer à ses séances de ronronthérapie !

Mais la vie côté félin permet-elle de trouver du travail ? Et est-elle vraiment la solution pour retrouver l’amour ?

C’est lundi, que lisez-vous ? #298

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

En ce moment, je galère un peu sur les romans, même jeunesse ! En revanche, ma relecture de Sailor Moon est toujours un réel plaisir, qui me fait beaucoup de bien.

Lire la suite

Premières lignes #320

Bien le bonjour !
Aujourd’hui, je vous partage les premières lignes de ma lecture en cours, un roman sorti durant la semaine : Les enfants des sables mouvants d’Efua Traoré. Il a été primé mais, ce qui m’a le plus attirée, c’est la couverture (cela ne se voit pas sur un écran d’ordinateur mais, en plus d’être belle, elle brille) et la quatrième de couverture qui promet au moins un bon secret de famille et une touche de magie…

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

1

Vacances au bout du monde

Simi monta à contrecœur dans le taxi. Les sièges étaient râpeux et, si l’on se fiait à leur odeur, les passagers précédents avaient dû être une famille de chèvres. Elle fronça le nez en contenant de son mieux une autre vague de colère et de larmes.
Sa mère, qui venait de donner ses instructions au chauffeur, fit le tour de la voiture et posa une main délicate sur la portière encore ouverte. Simi l’ignora en regardant droit devant elle, les bras croisés.
— Simi, ce n’est que pour deux mois, souffla sa mère d’une voix douce.
Elle ne répondit pas.
— S’il te plaît, ne rends pas les choses plus difficiles qu’elles ne le sont déjà. Je suis vraiment heureuse d’avoir obtenu ce nouveau travail. Mais il faut que j’aille à Londres pour ma formation et je ne peux pas te laisser seule à Lagos aussi longtemps. Tu sais qu’on a vraiment besoin de cet argent maintenant que ton père et moi…
Elle ne termina pas sa phrase. Simi grimaça en rependant au divorce de ses parents et à tout ce que sa famille avait traversé depuis un an.
— Simi, crois-moi, si j’avais pu ne pas t’envoyer là-bas, je l’aurais fait. Mais je n’ai pas les moyens de te payer une colonie de vacances et je n’ai pas d’autre famille qu’elle.
Sa façon de prononcer « elle » ne fit qu’augmenter l’angoisse de Simi à l’idée de rencontrer sa grand-mère pour la première fois.

Les enfants des sables mouvants, Efua Traoré, 2021.

Les enfants des sables mouvants

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :

Elles, tome 1 : La nouvelle(s)

Elles, tome 1 : La nouvelles(s)

Résumé de l’éditeur :

Elle, c’est une fille un peu comme tout le monde mais pas tout à fait comme les autres. Jeune fille pétillante et équilibrée, c’est tout naturellement qu’elle est intégrée dans une joyeuse bande d’amis dès son arrivée au collège Mercury.
Mais se doutent-ils qu’Elle n’est pas seule ? Elle serait même plutôt cinq…
Cinq personnalités hautes en couleurs et pas toujours amicales.

C’est lundi, que lisez-vous ? #297

Ce que j’ai lu la semaine passée

Un bon début mais j’avoue que, sur la fin, je commence à avoir un peu de mal ; cet essai n’en reste pas moins intéressant, mais j’ai hâte de le terminer

Lire la suite

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par Millina, qui a désormais repris le flambeau.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Un bon début mais j’avoue que, sur la fin, je commence à avoir un peu de mal ; cet essai n’en reste pas moins intéressant, mais j’ai hâte de le terminer

Lire la suite

Premières lignes #319

Salutations !
Mi-mai sortira au format poche un roman qui me faisait envie lors de sa sortie en grand format et je vais donc enfin saisir l’occasion de découvrir cette histoire. Je vous partage aujourd’hui les premières lignes de Florida d’Olivier Bourdeaut, l’auteur du bien connu En attendant Bojangles (que je n’ai pas lu).

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.
N’oubliez pas de me citer, ça fait toujours plaisir ♡

 

Chapitre 1

Scotché sur une poubelle à l’intérieur du Popeyes Louisiana Kitchen, au coin des avenues Parkside et Flatbush :

Cherche jeune coloc célibataire pour le T4 du 5e étage. Loyer : 700 $. Conditions : être queer et trans friendly. Ne pas craindre le feu ni les chiens. Tout signe sauf Balance, on en a déjà un. Appeler Niko.

— Ça t’ennuie si je te touche ?
C’est la première question que son hôte tatoué pose à August après qu’elle s’est assise sur le coussin central fatigué du sofa de cuir brun – une épave toute craquelée dont elle n’a cessé de croiser le sosie au cours de ses quatre ans et demi de fac. Du genre où l’on s’écroule, où l’on se laisse ensevelir sous les bouquins, où l’on se réfugie lors des soirées pour boire un Coca éventé et ne plus avoir à parler à quiconque. Le cliché du canap’ de récup de toute colocation d’étudiants qui se respecte.
Le reste du mobilier d’étudiants est du même acabit : dépareillé, chiné dans des brocantes ou ramassé dans la rue, exception faite du fauteuil Eames haut de gamme, en face d’elle, dans lequel le tatoué (Niko de son petit nom, à en croire l’annonce) vient de s’installer.
Tout le logement est à l’avenant. Il mêle le familier au plus inhabituel. Une pièce étriquée, aux murs peints dans des tons verts et jaunes criards. Des plantes qui pendouillent dans tous les coins ou presque, avec leurs tiges lancées à l’assaut des étagères et leur délicat parfum de terreau. Les fenêtres – aux cadres collés par la peinture comme dans les vieux appartement de La Nouvelle-Orléans – ont des vitres à moitié recouvertes de dessins, donnant à la lumière de l’après-midi qui filtre à travers le papier une couleur tamisée, presque cireuse.
Dans un coin se dresse une statue de Judy Garland grandeur nature, constituée de pièces de vélo et de poussins en guimauve. On serait bien en peine de reconnaître l’actrice, sans cette pancarte qui proclame : « BONJOUR, JE M’APPELLE JUDY GARLAND ».
La main tendue, Niko observe August à travers la vapeur qui s’élève de sa tasse de thé. Il a un look rocker (noir, c’est noir), une coupe undercut de jais qui contraste avec sa peau mate plutôt claire, une mâchoire carrée et un cristal qui brille à l’une de ses oreilles. Des tatouages lui courent le long des bras et débordent de son col boutonné pour lui lécher le cou. Sa voix est un peu rauque, comme s’il venait tout juste de se débarrasser d’un rhume. Avec sa langue, il fait joujou avec un cure-dents qu’il balade le long de ses lèvres. Un vrai Danny Zuko, quoi.
August le dévisage, prise de court par sa demande.
— Pardon… Tu disais ?
— Mes intentions sont pures, précise Niko.
Il a une planche Ouija tatouée sur le dos de sa main. « FULL MOON » (pleine lune), lit-elle sur ses phalanges. Il ne manquait plus que ça…
— C’est juste pour me faire une meilleure idée de ton taux vibratoire. Parfois, le contact physique, ça aide.

One Last Stop, Casey McQuiston, 2021.

One Last Stop

Les blogueurs et blogueuses qui y participent aussi :