C’est lundi, que lisez-vous ? #155

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous désormais organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas eu un week-end de libre. J’en ai profité pour participer au Week-end à 1000 organisé par Lili bouquine ; résultat, j’ai pas mal avancé dans mes lectures (mais je n’ai pas réussi le challenge) !

 

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Premières lignes #177

Aujourd’hui, ce sont les premières lignes de La neuvième tombe que je vous présente. Le roman sort le 4 septembre prochain et j’ai eu la chance de l’avoir en avant-première. Je vous en reparle très bientôt !

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Prologue

14 juin 1998 – 8 novembre 1999

Il faisait si noir qu’il y voyait à peine et le fourgon tanguait si fort sur le chemin défoncé que son écriture était pratiquement illisible. Mais c’était comme ça. Il tenait à tout expliquer avant de se vider de son sang. C’était sa dernière chance de raconter son histoire, l’histoire d’amour qui lui avait fait tout quitter et se lancer dans l’inconnu. Il voulait qu’on sache comment il s’était fait tirer dessus et prendre en otage par ses propre compatriotes et pourquoi il roulait à présent vers une mort quasiment certaine.
Il avait emporté le stylo avant de fuir le camp militaire israélien du barrage de Huwwara et de passer la ligne de cessez-le-feu pour entrer dans la zone libre de Cisjordanie. Il avait aussi pris quelques pages vierges dans le journal intime de Tamir, trouvé dans son sac à dos, ainsi qu’une enveloppe déjà utilisée.
Quand il eu terminé d’écrire, il plia les feuilles de ses mains ensanglantées, les glissa dans l’enveloppe et la ferma comme il put.
Il n’avait ni timbre ni adresse. Il n’avait qu’un nom. Pourtant, c’est sans hésitation qu’il poussa la lettre dans la minuscule fente et la lâcha. Si Dieu le voulait, elle arriverait à destination, songea-t-il avant de se laisser aller à son épuisement.

La neuvième tombe, Stefan Ahnhem, 2015.

La neuvième tombe

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Premières lignes #176

Salutations !
Pour ce nouveau RDV Premières lignes, je pensais en mettre plus mais, en relisant ce matin, j’ai trouvé que m’arrêter là dans l’extrait serait parfait car il marque déjà un certain malaise qui donne envie de lire la suite. C’est un thriller de Fred Vargas que je vais lire ce mois-ci et.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

1

— Pierre, il y a quelque chose qui déraille dans le jardin, dit Sophia.
Elle ouvrit la fenêtre et examina ce bout de terrain qu’elle connaissait herbe par herbe. Ce qu’elle y voyait lui faisait froid dans le dos.

Debout les morts, Fred Vargas, 1995.

Debout les morts

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Premières lignes #175

Dans cet incipit, on nous présente l’auteur avec beaucoup de sérieux mais une touche d’humour y point le bout de son nez et j’ai beaucoup apprécié. Cela m’a encore plus donné envie de commencer à lire cet essai, chose que j’ai fait cinq minutes après en avoir lu ces premières lignes.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

SEX FRIENDS
Comment (bien) rater sa vie amoureuse
à l’ère numérique

Richard Mèmeteau

est professeur de philosophie. Observateur
de la vie pop culturelle, il a contribué aux
Inrocks, à Audimat et à la Revue du Crieur.
Il aime jouer le script doctor de fortune
en échange d’un café allongé et citer
RuPaul sur son profil Grindr. Il est l’auteur
de Pop culture. Réflexions sur les industries
du rêve et l’invention des identités
(Zones, 2014).

Sex friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique, Richard Mèmeteau, 2019.

Sex friends – Comment (bien) rater sa vie amoureuse à l’ère numérique

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Premières lignes #174

Il y a deux semaines, je vous présentais l’incipit de Morwenna de Jo Walton. Ayant commencé à lire le roman il y a quelques jours, j’ai décidé de vous en présenter les premières lignes du récit.

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Auparavant, je vous demandais de mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article.  Désormais, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

JEUDI 1er MAI 1975

L’usine Phurnacite d’Abercwmboi avait tué tous les arbres à des kilomètres à la ronde. Nous avions mesuré avec le compteur de la voiture. On l’aurait dit sortie des profondeurs de l’enfer, sombre et menaçante, avec ses cheminées cracheuses de flammes se reflétant dans une mare noire qui tuait tout animal qui se risquait à y boire. La puanteur était indescriptible. Nous remontions les vitres de la voiture au maximum quand nous devions passer par là et essayions de ne pas respirer, mais Grampar disait que personne ne pouvait retenir sa respiration si longtemps, et il avait raison. Dans cette odeur se mêlaient le soufre, produit de l’enfer, comme chacun sait, et bien pire, des métaux innommables surchauffés et de l’œuf pourri.
Ma sœur et moi appelions cet endroit Mordor, et nous n’y étions encore jamais allées seules. Nous avions dix ans et étions donc de grandes filles, mais, dès que nous avons commencé à la regarder, à notre descente du bus, nous nous sommes donné la main.
C’était le soir et, plus nous approchions, plus elle se dressait noire et terrifiante. Six de ses cheminées étaient éclairées ; quatre crachaient une fumée délétère.
« Certainement une ruse de l’Ennemi », ai-je murmuré.
Mor n’avait pas envie de jouer. « Tu crois vraiment que ça va marcher ?
— Les fées en sont sûres, ai-je répondu de mon ton le plus rassurant.
— Je sais, mais par moments je me demande ce qu’elles comprennent du monde réel.
— Leur monde est réel, ai-je objecté. Il est juste différent, c’est une question de point de vue.
— Oui. » Elle ne pouvait détacher ses yeux de l’usine, de plus en plus grosse et effrayante à mesure que nous approchions.

Morwenna, Jo Walton, 2010.

Morwenna

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C’est lundi, que lisez-vous ? #151

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Ce que j’ai lu la semaine passée

J’avais mis en pause Batwoman 3 pour me concentrer sur La Vérité sur l’Affaire Harry Quebert. Je l’ai donc repris en fin de semaine. J’ai également participé à la Semaine à mille du Pingouin Vert donc j’ai lu pas mal (1053 pages).

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Premières lignes #173

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1

On raconte que, très loin à l’ouest, il existe des terres où les gens vivent comme des statues. Leurs journées, toutes identiques, sont rythmées par une routine immuable. À l’inverse, si l’on se dirige vers l’est, la population se comporte de plus en plus bizarrement, comme si l’on entrait en féerie ; les gens ont plus de pouvoirs, certes, mais ils n’arrivent pas à se rappeler qui ils sont d’un moment au suivant. Et tout au bout de l’orient, ils filent et se dissocient comme des arc-en-ciel dans de l’huile. Là-bas, seuls les dieux parviennent à rester entiers. Entre ces deux extrêmes, il y a les Marches, peuplées d’individus disposant de l’intelligence et de la volonté nécessaires pour vaquer tranquillement à leurs occupations.

Pierre-de-vie, Jo Walton, 2009.

Pierre-de-vie

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