C’est lundi, que lisez-vous ? #211

C’est lundi, que lisez-vous ? est un rendez-vous organisé par I Believe in Pixie Dust.

Ce que j’ai lu la semaine passée

J’ai beaucoup aimé Les griffes et les crocs de Jo Walton, une histoire typique de roman victorien si ce n’est que les personnages principaux sont… des dragons – un régal. J’ai également dévoré Rose Rase d’Illana Cantin, un roman jeunesse sur le féminisme et la lutte (ici, l’héroïne commence par boycotter les cours et invite les autres femmes à en faire de même). Puis je me suis fait plaisir avec l’adaptation en BD d’Artemis Fowl – adaptation par Eoin Colfer lui-même, adapté par Michael Moreci et dessiné par Stephen Gilpin. Un déception avec L’homme-dragon d’Éric Sanvoisin ; ce roman jeunesse me bottait bien mais les trop nombreux clichés m’ont exaspérée.
Hier, j’ai commencé deux nouvelles lectures : La dernière fois que j’ai cru mourir c’était il y a longtemps de Clémence Michallon (et je pense que je vais le lire assez rapidement! J’en suis au premier quart et ça me plaît) et Le Trône de fer – Intégrale 2 de George R.R. Martin (qui est en vérité une relecture et, pour le coup, avec ses presque mille pages et son texte écrit tout petit, ça va me prendre pas mal de temps).

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Premières lignes #233

Le principe : chaque semaine, je prends un livre et je vous en cite les premières lignes du récit. Pensez à mettre le lien de votre RDV en commentaire de l’article ou, si vous avez une page ou une catégorie dédiée, n’hésitez pas à me le faire savoir ; cela facilitera l’actualisation.

 

Le climat de ras-le-bol s’était installé bien avant l’épisode Ameline Brillant. Être renvoyées chez vous pour des jeans troués et des tee-shirts trop courts nous hérissait depuis un bon moment, mais s’il n’y avait que ça… Ça nous faisait criser quand les surveillants d’internat empêchaient les filles de visiter leurs amies après 21 heures sous prétexte qu’elles étaient trop bruyantes, alors que les garçons avaient la permission de 23 heures. Ça nous énervait de voir qu’on dépensait des sommes astronomiques pour que l’équipe masculine de handball fasse la tournée des championnats, quand les coureuses, pourtant plus nombreuses et bien mieux classées, devaient vendre des croissants tous les matins pour financer le voyage jusqu’à Londres. Ça nous mettait en rogne d’apprendre qu’un prof de maths avait mis une retenue à une seconde qui avait éclaté en sanglots en plein cours à cause de ses règles douloureuses – elle faisait son cinéma, prétendait-il.
C’était donc loin d’être n secret : au lycée Olympe de Gouges, les femmes étaient bien moins loties que les hommes. Constat ironique quand on réalisait que l’établissement portait le nom d’une grande figure des droits des femmes, une qui aurait été du genre à balancer son porc. On ne s’y faisait pas, à cette ambiance misogyne, néanmoins on vivait avec ; l’établissement était renommé, et l’avoir fréquenté passait bien sur un dossier. Mais avec Ameline Brillant, tout avait éclaté.

Rose Rage, Illana Cantin, 2020.

Rose Rage

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C’est lundi, que lisez-vous ? #210

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Ce que j’ai lu la semaine passée

Après avoir terminé la pavasse qu’est Docteur Sleep (vraiment bien), j’ai lu l’excellent Chère Ijeawele, ou un manifeste pour une éducation féministe avant de débuter Les griffes et les crocs – j’ai tellement attendu avant de m’y lancer !

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Premières lignes #232

Bien le bonjour, les lecturovores !
Aujourd’hui, les premières lignes que je vous présente sont un peu spéciales : il s’agit du premier poème du recueil Les planches courbes d’Yves Bonnefoy.
Bonne lecture à vous.

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Les rainettes, le soir

I

Rauques étaient les voix
Des rainettes le soir,
Là où l’eau du bassin, coulant sans bruit,
Brillait dans l’herbe.

Et rouge était le ciel
Dans les verres vides,
Tout un fleuve la lune
Sur la table terrestre.

Prenaient ou non nos mains,
La même abondance.
Ouverts ou clos nos yeux,
La même lumière.

Les planches courbes, Yves Bonnefoy, 2001.

Les planches courbes

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C’est lundi, que lisez-vous ? #209

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Ce que j’ai lu la semaine passée

Grosse semaine car j’ai terminé Millenium 3 (il me restait pas mal de pages…) et Les planches courbes, recueil de poésie sympathique à lire, qui change bien les idées. J’ai continué ensuite avec des lectures légères : le tome 2 de Sentaï School, que j’ai préféré au premier, et Super espions, tome 2 : Mission Odette (que j’ai lu en moins de vingt-quatre heures). Plusieurs lectures me tentaient mais, en découvrant le thème de septembre pour le Hold My SFFF Challenge, je me suis jetée sur Docteur Sleep qui est donc tout juste entamé.

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Premières lignes #231

Salutations !
J’ai commencé à regarder Cursed sur Netflix et j’ai donc eu envie de découvrir les premières lignes du roman éponyme. Je les partage donc avec vous.
J’étais bien emballée lorsqu’il est sortie mais je pense finalement me contenter tout simplement de la série. Je ne sais pas à quel point celle-ci est fidèle mais elle me suffit – pour l’instant en tout cas. Et vous, vous avez regardé ou lu Cursed ? Qu’en avez-vous pensé ?

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Chapitre 1

Cachée dans une botte de foin, le regard brouillé par les larmes, Nimue trouvait que le père Carden ressemblait presque à un esprit de lumière. Il se tenait dos au soleil, nimbé de ses rayons aveuglants et les bras tendus vers le ciel, si bien qu’il semblait flotter parmi les nuages. Sa voix s’éleva avec des trémolos par-dessus le bêlement affolé des chèvres, le fracas du bois brisé, les hurlements des enfants et les supplications de leurs mères.
— Dieu est amour. Un amour purificateur, un amour sanctificateur, un amour qui nous unit.
Ses yeux bleu pâle survolèrent la petite assemblée pathétique et gémissante qui se tenait prostrée dans la boue à ses pieds, cernée de moines en robe rouge.
— Dieu nous observe, poursuivit-il. Et aujourd’hui, Il sourit. Parce que nous avons accompli Son œuvre. Son amour nous a purifiés. Nous avons cautérisé la chair putréfiée !
Des braises tourbillonnaient dans la fumée qui s’élevait tout autour de lui. Sa bouche était luisante d’écume.
— Nous avons repoussé la corruption du démonisme, chassé les esprits sombres de cette terre. Oui, Dieu sourit, aujourd’hui !
Carden abaissa les bras. Ses lourdes manches retombèrent comme des rideaux, révélant la trentaine de croix enflammées sur la petite colline derrière lui. C’est à peine si l’on distinguait les corps des suppliciés dans l’épaisse fumée noire du bûcher.
Biette, une robuste petite villageoise mère de quatre enfants, se redressa telle une ourse blessée et avança péniblement à genoux vers le prêtre, mais l’un des moines tonsurés lui assena un coup de botte entre les épaules pour lui écraser le visage contre terre. La pauvre se retrouva impuissante, à grogner dans la boue.
Les oreilles de Nimue s’étaient mises à siffler dès qu’elle avait franchi l’entrée du village sur le dos de sa jument, Crépuscule, en compagnie de son amie Pym. Elles avaient tout de suite vu le premier cadavre en travers de la route. Il leur avait semblé reconnaître Mikkel, le fils du tanneur (celui qui cultivait les orchidées pour les rituels de mai), mais son crâne avait été défoncé par un objet lourd. Les deux adolescentes n’avaient guère eu le temps de s’attarder : le village était déjà en feu et les Paladins Rouges grouillaient de partout, les mouvements de leurs longues robes rouges semblables à la danse des flammes. Au sommet de la butte, une demi-douzaine de Sages du village brûlaient déjà sur des croix de fortune. Les hurlements de Pym lui parvenaient de très loin. Nimue était pétrifiée, incapable de penser. Où qu’elle regarde, les gens suffoquaient dans la boue ou étaient traînés de force hors de leurs huttes. Deux paladins tiraient la vieille Betsy par les bras et les cheveux à travers l’enclos où elle gardait ses oies. Les bêtes affolées s’éparpillaient en caquetant, ce qui ne faisait qu’ajouter au chaos ambiant. Très vite, les deux amies s’étaient perdues de vue et l’adolescente avait couru se réfugier dans le tas de foin, où elle n’osait presque plus respirer.

Cursed – La rebelle, Frank Miller et Thomas Wheeler, 2019.

Cursed – La rebelle

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C’est lundi, que lisez-vous ? #208

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Ce que j’ai lu la semaine passée

J’ai entamé Millenium 3 et c’est un sacré pavé mais quel plaisir de relire le dernier tome de la trilogie de Larsson ! A côté de ça, chaque matin au réveil, je lis quelques poèmes de Bonnefoy.

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Premières lignes #230

Bonjour !
Aujourd’hui, pour ce nouveau Premières lignes, j’ai opté pour celles du troisième tome de Millenium ; elles ne dévoilent rien de l’intrigue et pourtant en disent beaucoup. En les lisant, j’ai tout de suite été plongée dans le roman.

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1
Rencontre dans un couloir

8 au 12 avril

On évalue à six cents le nombre des femmes soldats qui combattirent dans la guerre de Sécession. Elles s’étaient engagées déguisées en hommes. Hollywood a raté là tout un pan d’histoire culturelle – à moins que celui-ci ne dérange d’un point de vue idéologique ? Les livres d’histoire ont toujours eu du mal à parler des femmes qui ne respectent pas le cadre des sexes et nulle part cette limite n’est aussi marquée qu’en matière de guerre et de maniement des armes.

De l’Antiquité aux Temps modernes, l’histoire abonde cependant en récits mettant en scène des guerrières – les amazones. Les exemples les plus connus figurent dans les livres d’histoire où ces femmes ont le statut de “reines”, c’est-à-dire de représentantes de la classe au pouvoir. La succession politique, fût-ce une vérité désagréable à entendre, place en effet régulièrement une femme sur le trône. Les guerres étant insensibles au genre et se déroulant même lorsqu’une femme dirige le pays, le résultat est que les livres d’histoire sont obligés de répertorier un certain nombre de reines guerrières, amenées par conséquent à se comporter comme n’importe quel Churchill, Staline ou Roosevelt. Sémiramis de Ninive, fondatrice de l’Empire assyrien, et Boadicée, qui me na une des révoltes les plus sanglantes contre les Romains, en sont deux exemples. Cette dernière a d’ailleurs sa statut au bord de la Tamise, en face de Big Ben. On ne manquera pas de la saluer si l’on passe par là.

En revanche, les livres d’histoire sont globalement assez discrets sur les guerrières sous forme de simples soldats qui s’entraînaient au maniement des armes, faisaient partie des régiments et participaient aux batailles conter les armées ennemies aux mêmes conditions que les hommes. Ces femmes ont pourtant toujours existé. Pratiquement aucune guerre ne s’est déroulée sans une participation féminine.

Millénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air, Stieg Larsson, 2005.

Milénium 3 – La reine dans le palais des courants d’air

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C’est lundi, que lisez-vous ? #207

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Ce que j’ai lu la semaine passée

Je suis contente, j’ai réussi à lire trois livres en entier. Il faut dire qu’un roman à destination d’un jeune lectorat, un essai écrit avec simplicité et assez court et une BD, c’est tout de suite plus facile ! J’ai également eu le temps de commencer ma relecture de Millenium 3 hier soir.

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Premières lignes #229

Bien le bonjour, les lecturovores !
Katherine Johnson, décédée au début de l’année 2020, était une incroyable mathématicienne afro-américaine et ses calculs ont permis, par exemple, aux hommes d’aller sur la lune. Vous la connaissez peut-être par le biais du film Les figures de l’ombre sorti en 2016 (que je n’ai toujours pas vu, hélas). Et l’an dernier est paru chez Albin Michel une biographie écrite par Carole Trébor et intitulée Combien de pas jusqu’à la lune. Je vous propose d’en découvrir les premières lignes du récit. On y découvre Joshua Coleman, le père de Katherine Johnson, et on est tout de suite plongé dans le monde des mathématiques…
Précisions : la règle de Doyle est une formule mathématique ; le pied-planche est une unité de mesure de volume.

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Chapitre 1

Été 1918

Combien d’arpents de bois la ville lit-elle ?

Les muscles de l’épaule bandés, Joshua Coleman brandit sa hache et l’abattit une fois encore sur l’arbre imposant. Le manche commençait à chauffer dans ses mains. Heureusement, le tronc émit un craquement sinistre : c’était le signe que Joshua attendait. Il recula vivement. Le cèdre fendit le paysage et s’effondra. Joshua refusait de s’habituer à ce bruit, la plainte d’un adversaire respecté.
Il essuya la sueur de son front et regarda l’arbre immense désormais à terre, vaincu.
Le silence était revenu.
Joshua estima le diamètre du tronc. Sans besoin de la règle de Doyle qu’ils utilisaient à la scierie, il sut exactement combien de pieds-planches il en débiterait. Il était ainsi fait. Il avait un compas dans l’œil et une calculatrice dans le cerveau.

Combien de pâte à papier serait tirée d’un tel volume ?
Combien de papier était nécessaire pour alimenter la ville de Washington en journaux ?
Combien d’arbres faudrait-il pour fabriquer la quantité de papier correspondante ?
Combien d’arpents de bois la ville lisait-elle ?

Son cerveau se mit en branle, véritable horlogerie mécanique.
Il calculait comme d’autres chantent, pour supporter le labeur.
Il calculait comme d’autres prient, pour se donner du courage.

Combien de pas jusqu’à la lune, Carole Trébor, 2019.

Combien de pas jusqu’à la lune

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