Le Siège des exilées

Quatrième de couverture :

Depuis plusieurs années, il ne naît presque plus d’hommes. Ces derniers sont souvent réduits à leur rôle de partenaire reproducteur. La société s’est construite autour d’un système matriarcale. Ni guerres ni conflits ne viennent perturber le quotidien et l’équilibre.
Mes certaines ont décidé de fuir la ville. Elles se sont installées à l’extérieur, dans un bidonville.
C’est là que demeure Sanada. Cette dernière possède un secret… un secret qui pourrait bien attiser la convoitise de ses congénères.

Avec Le Sièges des exilées, série dystopique en deux tomes, Akane Torikai questionne sur le sexe, l’amour, la reproduction… et finalement, sur notre condition d’être humain.

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Mon avis :

J’ai découvert Akane Torikai avec son recueil d’histoires courtes You’ve Gotta Love Song, que j’avais apprécié tant par l’ambiance qui se dégageait de l’ensemble que par les récits et le trait de la mangaka. Récemment est sortie la dystopie Le Siège des exilées (en deux tomes) et j’étais donc curieuse de voir ce que donnait son travail dans un récit un peu plus long que quelques pages. Eh bien, pour être honnête, j’aurais voulu qu’il y ait un ou deux tomes supplémentaires afin de creuser un peu plus l’univers et l’intrigue.
Dans un futur pas si lointain, les hommes ont pratiquement disparu, et ceux pouvant procréer sont encore plus rares. Il y a donc un contrôle des naissances afin que les classes aisées puissent se reproduire, puissent avoir une descendance. Sanada, l’héroïne de ce manga, et son ami Reihô ont choisi de vivre loin de tout ça, de vivre libres. Si leur lieu de vie n’est rien d’autre qu’un bidonville, ces deux-là se débrouillent tout de même suffisamment bien pour vivre tranquillement. Reihô, qui se prostitue, à parfois affaire à des harceleuses mais, heureusement, Sanada est là pour veiller au grain – il faut dire que le jeune homme a tout ce qu’il faut pour plaire et attirer diverses convoitises.
J’ai eu du mal avec certains points de l’univers. J’aime beaucoup l’idée et l’on en apprend plus dans le second tome, mais cette histoire de contrôle des naissances s’accompagne d’un contrôle de la sexualité et j’ai été quelque peu chafouinée. La plupart des personnages, qui sont donc des femmes, n’ont aucune idée de leur anatomie – ça, d’accord, sans éducation, ce n’est pas vraiment évident d’apprendre à se connaître – mais aucune ne semble avoir non plus conscience du bien qui peut venir de ses parties génitales. Que ce ne soit pas toutes les femmes que l’on rencontre dans ce manga, je l’entends. Pourtant, à écouter divers podcast ou lire des témoignages sur le net, il apparaît que beaucoup ont découvert la masturbation (et donc le plaisir sexuel) un peu par hasard. Alors pourquoi pas dans Le siège des exilées ? D’autant plus que le plus vieux personnage rencontré au cours du récit semble avoir été présent aux prémices de la nouvelle gouvernance matriarcale. Cela semble tenir du détail, et c’est vrai. Toutefois, si l’histoire m’a plu et que je me suis attachée à de nombreux personnages, force est de constater qu’il y a, à mon sens, un manque de précisions tout au long du manga. Alors oui, de fait, on obtient une série qui se lit vite (deux tomes, pour rappel), on a là une lecture sympathique, mais je trouve que ça manque de profondeur. A noter que nous ne suivons pas uniquement Reihô et Sanada or, comme nous suivons plusieurs personnages et que le récit va à l’essentiel, j’ai parfois eu un sentiment de décousu, en plus d’avoir un manque de développement.
Quoiqu’il en soit, malgré ses défauts (qui tiennent surtout au fait que la série se conclue en deux tomes, à mon avis), Le siège des exilées propose un bon récit avec des personnages épris de libertés, préférant le taudis à une prison dorée. Et qu’il s’agisse de Sanada, de Reihô, d’Ejima ou de n’importe qui d’autre, il est indéniable que chaque protagoniste a été bien pensé·e et bien construit·e ; oui, ça va vite et j’aurais aimé que l’histoire et la psychologie de chacun·e soit plus creusée, toutefois on ne peut que constater que nous nous trouvons face à des êtres on ne peut plus humains.
Dernier point, et pas des moindres, c’est le dessin de Torikai. Il s’en dégage toujours un sentiment de mélancolie qui colle bien à l’œuvre, et la finesse de ses traits est juste remarquable. Je suis parfois restée plusieurs minutes devant certaines planches juste pour le plaisir d’en observer la construction et la beauté du dessin. L’ensemble donne corps à la personnalité de Sanada, d’Ejima, de Reihô… Même sans formuler quoique ce soit, on comprend d’emblée à qui nous avons affaire. Enfin, il est vrai que le dessin ne peut pas tout faire, cela dit.

Si vous vous lancez dans Le Siège des exilées, mon conseil est d’enchaîner les deux tomes.
Bien que l’ensemble soit appréciable, je regrette qu’il n’y ait pas eu un tome supplémentaire pour construire et consolider l’ensemble. Il est toutefois indéniable que je poursuivrais ma découverte d’Akane Torikai ; nul doute que cette mangaka sait écrire des personnages et des ambiances qui me plaisent, en plus d’avoir un trait délicat sous le charme duquel je suis tombée.
Bonne découverte à vous.

Le Siège des exilées, Akane Torikai • Titre VO : Mandarin Gypsy cat no rojo Traduction : Gaëlle Ruel Akata • 2021 (2018 pour la VO) • 176 pages/tome • 8,75€/tome • Genre : manga, dystopie • ISBN : 9782382120029

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

15 réflexions sur “Le Siège des exilées

  1. tampopo24 dit :

    Bonne future découverte de la suite du travail d’Akane Torikai alors !
    J’avoue être aussi restée sur ma faim. L’univers est trop survolé, tout va trop vite côté conclusion, et je te rejoins sur une certaine pudibonderie présente dans le titre avec ses femmes qui se connaissent si mal…

    Aimé par 1 personne

  2. Les Mots de Mahault dit :

    Je l’ai découverte avec En proie au silence de mon côté. Un manga que j’aime bien pour ce qu’il dénonce, même si parfois je ne comprends pas toujours les choix de l’autrice … Je suis néanmoins curieuse de la découvrir dans un genre différent comme ici.

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