L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os

Quatrième de couverture :

Dans un empire contrôlé par la magie d’os,
LIN, LA FILLE DE L’EMPEREUR,
va devoir lutter pour réclamer son droit au trône.

Sur toutes les îles de l’Empire, on prélève sur chaque enfant un éclat d’os derrière l’oreille, lors d’un rituel trop souvent mortel. Depuis son palais, l’empereur utilise ces précieux fragments pour créer et contrôler de redoutables chimères animales, les concepts, qui font régner la loi. Mais son autorité vacille et partout la révolte gronde.
Sa fille, Lin, a été privée de ses souvenirs par une étrange maladie et passe ses journées dans l’immense palais plein de portes closes et de noirs secrets. Pour regagner l’estime de son père, elle décide de se lancer dans le périlleux apprentissage de la magie d’os.
Une magie qui a un prix… alors que la révolution vient frapper aux portes du palais, Lin devra décider jusqu’où elle peut aller pour conquérir son héritage… et sauver son peuple.

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Mon avis :

La première fois que j’ai entendu parler de L’empire d’écume, c’était sur le blog d’Apophis, quand il est sorti en VO. Il a désormais été publié en français et la précommande était l’occasion de recevoir quelques goodies – une carte, un carnet, des autocollants et un très joli marque-page (une clé dorée). J’ai donc cédé à la tentation et je n’ai pas tardé à lire ce roman une fois reçu.
Contrairement à ce que laisse supposer la quatrième de couverture, nous ne suivons pas uniquement Lin dans ce premier tome intitulé La fille aux éclats d’os. En effet, si elle est un personnage majeur de l’histoire, nous ne la suivons que par intermittence, laissant place à d’autres protagonistes tout aussi importants lorsque nous changeons de chapitre (comme dans pas mal de romans, un chapitre = un personnage). Nous avons donc Lin, la fille de l’empereur ; ayant perdu la mémoire suite à une grave maladie, il n’est plus certain qu’elle succède à son père et elle doit donc batailler avec son demi-frère afin de prouver qu’elle mérite d’être impératrice et, par la même occasion, qu’elle mérite d’apprendre la magie d’os. Au sud de l’empire, Jovis, un contrebandier, échappe de justesse à l’engloutissement d’une île. Ayant sauvé un gamin et un chaton, le voici changeant ses plans pour les mener en lieu sûr. En remontant vers l’est, nous faisons la connaissance de Phalue, fille de gouverneur, et de sa compagne, Ranami, fille des rues, prolétaire aux idées dangereuses. Enfin, loin dans le nord de l’empire, sur l’île de Maila, c’est Sable que nous rencontrons, une femme qui, chaque jour, ramasse des mangues – mais n’y a-t-il vraiment que cela ?
Je vous avoue avoir été quelque peu surprise par la narration. Le roman est bien écrit et bien traduit, je n’ai pas ressenti de lourdeurs, en revanche le récit débute à la première personne. Et si cela n’a rien de dérangeant, j’admets être peu habituée à ce qu’il y ait plusieurs points de vue avec une écriture à la première personne, et encore moins habituée à ce que ce soit à la troisième personne pour certains protagonistes que nous suivons. Toutefois, tellement prise par l’histoire, l’univers et les personnages, j’ai rapidement pris le pli et j’ai vite compris ce choix narratif, la fin apportant une autre dimension encore – dont je ne compte pas vous parler car je ne veux pas vous divulgacher ladite fin. En vérité, ce sont les chapitres concernant Jovis et Lin qui sont à la première personne, tandis que ceux concernant Phalue, Ranami et Sable sont à la troisième personne. Non pas que leurs actions n’aient pas d’incidences sur le récit, bien au contraire, mais l’autrice a ici choisi de mettre en avant les parcours de Lin et Jovis ; cela n’est pas anodin car ce sont ces deux-là qui nous permettent de bien découvrir l’univers et de nous y plonger pleinement. En effet, la future impératrice occupe une place de choix pour nous apprendre les rouages de l’empire, tandis que le contrebandier navigue pas mal et voit donc du pays. De leur côté, pour des raisons qui leur sont propres, Sable, Phalue et Ranami restent sur leur île durant tout le récit, leurs connaissances sont parfois limitées ou tournées vers des choses plus spécifiques. Je ne doute pas que ces femmes gagneront en importance au cours des prochains tomes. Aussi, notons que ces cinq personnages évoluent tous ; même s’il y en a qui sont un peu mis de côté par rapport aux autres, on ne peut que remarquer leur cheminement, parfois fait d’idéaux, de désirs, ou parfois même avançant au gré du hasard… Il y a un avant, au début du livre, et un après, une fois que l’on termine notre lecture : ils ne sont plus les mêmes que lorsque l’on a lu les premiers chapitres. J’ai également apprécié les interactions qu’ils avaient avec avec les gens, ou même entre eux pour les personnages qui se rencontrent. Non seulement cela fait avancer l’histoire, mais en plus cela soulève de nouvelles questions, les forçant de temps en temps à faire un choix, à prendre position. Il ne se passe pas un chapitre sans la moindre évolution, que ce soit pour l’intrigue, les héros et héroïnes, leurs rapports aux autres…
Pfiou, que de blabla ! Ça va, vous tenez le coup ? Parce que ce n’est pas fini !
Passons à l’univers. L’autrice, Andrea Stewart, est sino-américaine et elle s’est donc inspirée de la Chine pour l’imaginer. L’empire du Phénix est dirigé par la dynastie des Sukai, dont Lin est l’héritière. Le siège est situé sur l’île Impériale et le reste du pays est fractionné en une multitudes d’îles ; dans ce tome 1, nous naviguons entre l’île de la Tête-de-Cerf, Impériale, Nephilanu et Maila, mais la carte au début du roman (très plaisante et claire à lire) nous indique qu’il y a encore plusieurs îles à découvrir. Le fait est que cette topographie influence notre lecture car il y a pas mal de passages en mer et j’ai trouvé ça assez sympathique à lire car ça change (à moins que vous ne lisiez beaucoup de romans de pirates, ce qui n’est pas mon cas). Toujours dans la partie univers de L’empire d’écume, il y a les concepts – et c’est un franchement bon… concept (oui, j’ai osé) ! Ce sont des créatures créées et contrôlées par la magie d’os, prenant des formes chimériques très variées, et parfois effrayantes. Seul l’empereur connaît la magie d’os et seul lui peut la transmettre. C’est un secret de polichinelle et l’unique chose que savent ses sujets, c’est que tout cela demande à ce qu’un bout d’os leur soit prélevé derrière l’oreille – un acte dangereux, et il y a régulièrement des morts. Bref, l’univers, qu’il s’agisse de l’empire ou de la magie, est vraiment chouette, novateur sur certains points (en tout cas rarement vus ou jamais vu dans mes lectures). Dis comme ça, « îles et concepts », ça ne semble pas très riche, pourtant c’est très foisonnant ; c’est juste que je choisi de ne pas vous parler des gouverneurs, des rites, des contes et de l’Histoire… Il y a beaucoup d’informations dans ce premier tome ; même s’il n’est qu’introductif et que certaines choses restent en surface, même si l’on se doute qu’on apprendra encore d’autres faits en lisant la suite, il est déjà très complet. Cependant, même si Andrea Stewart nous donne beaucoup d’éléments concernant l’empire du Phénix, ce n’est jamais indigeste ; tout cela est bien dilué au fil du roman. De même, bien que ce soit dilué et qu’il y ait donc beaucoup de passages présentant des personnages, des lieux, des festivités…, La fille aux éclats d’os ne manque pourtant pas d’action ; l’ensemble est bien rythmé et je ne me suis jamais ennuyée. Si j’avais bien voulu trimballé le livre partout avec moi, croyez bien que je l’aurais dévoré en un rien de temps ! Cela m’amène à vous parler d’un dernier point : le livre lui-même.
Quel plaisir quand j’ai été cherché mon exemplaire : une belle couverture cartonnée. Le titre est doré, je trouve l’illustration très belle et elle n’a rien à envier à la couverture de l’œuvre originale (très blanche et un peu trop chargée à mon goût) ; en ouvrant le livre et en le refermant, on découvre une illustration de Lin et c’est vraiment beau. On doit ce travail à Johann Bodin. Enfin, il est à noter que si le livre fait un peu plus de 600 pages, le corps du texte est d’une taille suffisante pour ne pas fatiguer nos yeux – et ça a son importance, surtout quand le livre est aussi épais ! Bref, un bel objet et cela  explique que je n’avais pas envie de le fourrer dans mon sac où il risquait de s’abîmer.

La fille aux éclats d’os est donc un bon roman de fantasy qui puise son inspiration notamment dans la Chine. Avec ses personnages attachants, une histoire avec pas mal de mystères et un superbe univers, impossible de lâcher ce roman !
Bon, à quand la suite en français ?

L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os, Andrea Stewart • Titre VO : The Bone Shard Daughter  Traduction : Laurence Boischot Castelmore • 2021 (2021pour la VO) • 604 pages • 16,90€ • Genre : fantasy • ISBN : 9782362315251

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

22 réflexions sur “L’empire d’écume, tome 1 : La fille aux éclats d’os

  1. Lianne - De livres en livres dit :

    Haha, j’avoue que je vais craquer sur la suite en VO de mon coté, elle arrive en fin d’année.
    Je n’aurais pas la patience d’attendre la VF !
    Pour les différents points de vue à différentes personnes c’est pas très courant en effet, mais ça arrive plus souvent qu’on le pense. Je n’y fais pas vraiment gaffe de mon coté, du coup ça n’a pas non plus beaucoup d’importance.

    L’ayant lu en anglais je n’ai pas non plus remarqué de lourdeur, mais c’était peut être juste du au fait que tu n’avais pas l’habitude de ce genre de récit.

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    • Ma Lecturothèque dit :

      Je sais pas pourquoi, je pensais la suite en VO sortie… Bon, je craquerai peut-être pour la VO en ebook en attendant la belle sortie VF ^^
      Pour les différents points de vue, ce qui m’a également surprise, c’est d’être à la première personne puis de passer à la troisième, revenir à la première… C’est assez intéressant, cela dit.
      J’ai assez l’habitude de ce genre de récit, dense, nouveau (nouvel univers)… mais ça faisait longtemps, c’est clair !

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  2. tampopo24 dit :

    Comme toi, j’ai aussi cédé aux sirènes du service presse.
    J’ai aussi bien accroché à l’univers, au récit et à certains de ses personnages, même si certains passages étaient un peu plus mou ou longuets que d’autres.
    Après c’était entraînant mais assez classique au final et un peu léger pour ne pas dire immature parfois dans l’écriture, donc ça reste une bonne lecture mais pas un coup de coeur ^^

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    • Ma Lecturothèque dit :

      Je n’ai pas eu l’impression que l’écriture soit immature, quoiqu’elle reflète à plusieurs reprises l’immaturité de certains personnages. Il y a en effet quelques passages un peu mous, c’est vrai, mais j’ai trouvé ça presque apaisant, noyé dans ce flot d’événements et d’informations =)
      Pour l’instant, oui, c’est en effet assez classique ; je me demande vraiment ce que la suite donnera – il y a tellement de possibilités de rencontres, d’évolution… !

      Aimé par 1 personne

  3. Light And Smell dit :

    Je te rejoins sur ce roman que j’ai également beaucoup apprécié 🙂 J’espère aussi que Sable, Phalue et Ranami gagneront en importance dans la suite de l’aventure parce que si j’ai apprécié le changement de Sable, j’ai trouvé l’axe autour de Phalue et Ranami bâclé et ça m’a pas mal frustré. Mais le reste vaut vraiment qu’on s’attarde sur ce beau roman que, comme toi, je trouve sublime 🙂

    Aimé par 1 personne

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