Les sirènes noires

Les sirènes noires

Un grand merci à Fleuve Editions, ainsi qu’à Babelio, pour cette lecture qui nous plonge au cœur de la police parisienne.
La sortie du roman est prévue le 12 novembre 2015.

Quatrième de couverture :

03 h 20 du matin, Ouest parisien. Le commissaire Mistral écoute un morceau de jazz, son humeur à l’unisson. Les lumières de la ville défilent à travers la vitre. Plongée en apnée dans son âme. Il ne le sait pas encore mais le compte à rebours a commencé.
Plein jour, sud-est du Nigeria. Les tambours résonnent. Margaret, 17 ans, corps de déesse et coeur sur le point d’imploser d’émotion, s’avance sous la tente. La cérémonie débute. Elle ne le sait pas encore mais son destin, et celui de sa famille, sont sur le point de basculer.
Retour à Paris. Un homme guette, attend, les sens en alerte dans l’obscurité. Il n’en peut plus. Il fredonne comme une litanie sans fin son morceau culte d’AC/DC. Il savoure par avance le moment ou il possédera sa proie.
Le tic-tac s’égrène. Le point d’impact de ces trajectoires humaines est imminent.

Mon avis :
J’ai énormément apprécié cette lecture, et pourtant, je ne savais pas par où commencer ma chronique. Et puis il y a eu la rencontre, organisée par Babelio et Fleuve Editions, avec l’auteur lui-même. Au moment de me faire dédicacer mon exemplaire, Jean-Marc Souvira m’a demandé ce qui m’avait le plus marquée dans son roman. Les différentes enquêtes me sont alors toutes venues en tête, et j’ai parlé de l’affaire non-élucidée, de Notto, de Stella… Mais en rentrant chez moi, je me suis dit que non, ce n’était pas tout à fait ça. Plein de choses m’ont fait une forte impression dans ce livre, et il est je pense très important que je vous en parle ici.

Dans Les sirènes noires, nous suivons Mistral, qui n’est nul autre que le chef de Brigade criminelle de la police judiciaire de Paris. Mais pas que, puisque c’est en fait la vie du service que l’on découvre : comment les enquêtes sont menées, les communiqués de presse, les bavures, la gestion des équipes, etc. Déjà, cet aspect-là du livre ne m’a pas laissée indifférente. Il n’y a toutefois pas que cela : Mistral et ses coéquipiers bossent de front sur de nombreuses affaires, comme dans la vraie vie ! Il n’est pas rare, dans les romans policiers, de ne voir le héros mener qu’une seule enquête. Sauf que dans la réalité, ce n’est pas le cas : les policiers mènent plusieurs investigations, pas à la suite mais en même temps. Et c’est ce que nous retrouvons dans le roman de Souvira.
Mais quelles sont les enquêtes que nous suivons dans Les sirènes noires ? Nous avons le violeur assassin des parkings, l’histoire du démembreur, les prostituées africaines (avec notamment Stella), et le meurtre d’une prostituée venant des pays de l’est. Certaines d’entre elles se finissent assez brutalement, voire n’ont pas de résolution. Et puis il y a ces détails que nous, lecteurs, connaissons, mais qui passent totalement inaperçus aux yeux des policiers ! La frustration de l’omniscience…
Vous l’aurez compris, le réalisme de cette fiction m’a marquée, et surtout ça m’a plu. Il n’y a toutefois pas que cela : la traite des êtres humains est un sujet très délicat, et j’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur l’abordait, qui était du point de vue des policiers, mais aussi du point de vue des prostituées elles-mêmes. Il faut savoir que Jean-Marc Souvira a dirigé un moment l’Office Central pour la Répression de la Traite des Êtres Humains, et qu’il a réellement été confronté à de jeunes femmes persuadées qu’un sorcier les rendraient folles si elles parlaient aux policiers ; une telle force des croyances peut nous paraître ridicule, et pourtant cela existe et certaines personnes en profitent, et elles tirent bien leur épingle du jeu en se servant de jeunes filles pleines d’espoir pour elles et leur famille. Je ne savais pas tout cela, et c’était très intéressant – mais aussi très démoralisant et révoltant.
Ajoutons à cela que dans ce roman, certains personnages sont très attachants, comme Dalmate, Stella et Sylvie Ferrière. D’autres le sont un peu moins, comme Mistral : c’est comme si Souvira avait tenté de garder ses distances avec ce protagoniste, et cela s’est ressenti dans l’écrit – malgré son histoire, je n’ai pas réussi à m’attacher à lui. Enfin, certains personnages m’ont tout simplement énervée, et je n’avais qu’une envie : que Mistral et ses coéquipiers les jettent tous en prison ! Avec quelques coups bien placés auparavant, tant qu’à faire.
Aussi, l’histoire se déroule à Paris. Tout le monde connaît Paris, mais pour ma part, y vivant, j’avais une image très précise de certains lieux décrits dans le roman. Cela renforçait énormément la réalité décrite sous forme de fiction dans Les sirènes noires.
Enfin, l’une des dernières choses qui m’a marquée, c’est le titre : il est très beau, mais il fait référence aux prostituées africaines. Il est emprunt de tristesse, surtout lorsque l’on en apprend un peu plus sur ces jeunes femmes.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé Les sirènes noires, que ce soit grâce au réalisme de cette fiction, ou grâce aux personnages qui ne laissent personne indifférent ; Mistral, qui est pourtant le héros, s’est toutefois révélé un peu plus fade que les autres protagonistes.
Dans tous les cas, je ne peux que vous recommander ce livre, surtout si vous voulez lire un roman policier qui ne ressemble pas aux autres romans policiers !

Les Sirènes noires, Jean-Marc Souvira • Fleuve Editions • 2015 • 448 pages • 19,90€ • Genre : thriller • ISBN : 9782265099302

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7 réflexions sur “Les sirènes noires

    • malecturotheque dit :

      Avec plaisir 😉

      Souvira a aussi écrit « Le Magicien » oùbl’on retrouve Mistral, et « Le vent t’emportera ».
      À chaque fois, certains personnages s’inspirent d’individus qu’il a réellement rencontré : le magicien est un mélange de quatre personnes, et dans « Les Sirènes noires », Mr. Muscle, Mr. Mince, Stella… sont inspirés de personnes réelles.

      Enfin, il n’est pas obligatoire d’avoir lu les précédents romans de Jean-Marc Souvira pour lire « Les sirènes noires » 🙂

      Aimé par 1 personne

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