Enfants de Mars et de Vénus

Enfants de Mars et de Vénus

Quatrième de couverture :

« Sauf qu’on n’est pas un couple, a tranché Alys.
— Vraiment ? ai-je demandé, un peu surprise.
— Lev, je t’aime bien, mais pour l’instant on a à peine couché deux fois ensemble et, pour ce que j’en sais, tu couches avec toutes les filles trans que tu rencontres. »
J’ai levé ma main en signe de protestation.
« Ce sarcasme est complètement infondé. Et puis, qu’est-ce que tu fais des lacrymos, des machos, des bastons avec les skins, des interrogatoires musclés et tout ça ? Ça ne compte pas, pour toi ?
— Si, mais ça correspond plus à la description d’un gang que d’un couple. »
J’ai haussé les épaules.
« D’accord, ai-je concédé. Être en gang, ça me va aussi. »

.
Mon avis :

De Lizzie Crowdagger, j’ai lu plusieurs livres mais, mon préféré jusqu’à présent, c’était Une autobiographie transsexuelle (avec des vampires). Désormais, mon roman préféré de Crowdagger, c’est Enfants des Mars et de Vénus. Je préfère les héroïnes d’Une autobriographie transsexuelle (avec des vampires) en grande partie parce que je suis tombée sous le charme de Morgue, mais je préfère l’histoire d’Enfants de Mars et Vénus, de même que j’ai ressenti une meilleure maîtrise dans l’écriture et le rythme. Au fait, avant d’aller plus loin, si je vous disais de quoi ça parle ?
Le roman commence avec le début du chapitre 15, alors que Lev tue Alys. Mais pourquoi ? Eh bien c’est ce que nous allons apprendre par la suite. Le véritable commencement de ce roman, qui se fait avec le premier chapitre (logique, me direz-vous), c’est en faisant connaissance avec Lev, une gouine qui aime sa moto, le cuir, les armes…, qui déteste les flics et les fachos, et qui vit de cambriolages. Durant une manifestation, elle tombe sur Alys pour qui elle craque direct. Sauf qu’après avoir fait connaissance avec cette femme digne des Walkyries, elle commence à faire d’étranges rêves…
Comme je le disais plus haut, j’ai aimé le rythme du récit ; bien dosé, il n’y a pas de temps mort mais il n’est pas question pour autant de faire une overdose d’action, de révélations… Non, on respire, parfois on retient sa respiration, on se prend dans l’histoire et dans les pensées de Lev. Car oui, la narration se fait à la première personne et nous avons droit à tout ce qui passe par la tête de notre héroïne ! Si c’est parfois un peu vulgaire (pour moi, « vulgaire » n’est pas péjoratif), ce n’est jamais trop, entendons-nous bien (sauf si, pour vous, « connard », « gueule » et autres termes de ce genre le sont). De plus, elle nous offre parfois quelques ellipses qui nous permettent de nous concentrer sur l’essentiel, ce qui fait avancer l’histoire et nous fait découvrir plus intimement nos héroïnes, que ce soit en évoquant ce qu’elles aiment faire au lit ou tout simplement en parlant de sujets qu’elles apprécient (le vernis à ongles, par exemple). Même si ce ne sont que des détails, c’est ce qui permet aux personnages d’avoir du relief et de paraître exister pour de vrai.
Bon, même si j’ai préféré Morgue et compagnie dans le roman précédent de Crowdagger, je dois bien admettre que les personnages principaux d’Enfants de Mars et de Vénus sont quand même super cool ! Déjà, il y a Lev avec son tatouage de serpent sur le bras, ses rangers aux pieds ; elle ne manque pas d’humour ni de répartie (oui, bon, ça vole peut-être pas super haut mais c’est à mon niveau et ça me fait rire!). Puis il y a Alys ; on la découvre par le biais de Lev alors elle semble parfaite mais, même sans ça, on constate bien qu’elle aussi a de l’humour, et elle a une complicité avec l’héroïne qui marche du tonnerre. Elles étaient faites pour se rencontrer ! Et puis il y a d’autres protagonistes mais je ne peux qu’évoquer Lilith, qui apporte une touche de bonne humeur un peu folle. Pour les autres, lisez le livre sinon je risque de trop en dire !
Dans ce roman, on trouve également quelques pics bien senties concernant les translovers (les personnes qui n’ont d’attirance que pour les trans), mais aussi à l’encontre des psy, et plus largement le parcours psy obligatoire (qui n’est pas là pour aider les personnes à faire leur coming out et à gérer les difficultés qu’iels pourraient rencontrer, mais plutôt pour voir si ce sont bel et bien de vrais hommes – aimer le bleu, les voitures… – ou de vraies femmes – aimer le rose, les robes…). Il est également question de transphobie. Bon, dit comme ça, c’est pas du tout fun mais Crowdagger a bien tourné son texte pour que ce soit acerbement drôle donc ça passe très bien.

Pour faire simple, Enfants de Mars et de Vénus se lit très bien, et même assez vite car il est prenant. Passant d’une phase de rencontre à une phase d’enquête, avec ce qu’il faut de magie et de mystère, avec de chouettes héroïnes, on a là un bon roman de bit-lit (ou urban fantasy) que je vous conseille vivement.
Bonne découverte à vous !

Enfants de Mars et de Vénus, Lizzie Crowdagger Dans nos histoires • 2017 • 376 pages • 12€ • Genre : urban fantasy, sorcellerie, LGBTQI+ • ISBN : 9791092903027

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