La trilogie Gormenghast, tome 3 : Titus errant

Gormenghast, t.3 : Titus errant

Tome 1 : Titus d’Enfer
Tome 2 : Gormenghast

Quatrième de couverture :

Titus d’Enfer a grandi au cœur de la forteresse labyrinthique de Gormenghast. Il profite d’un déluge providentiel, et s’enfuit de ce monde fantastique et clos, où des rituels codifiés l’enferment depuis trop longtemps. Le jeune homme s’apprête à affronter le monde et ses dangers, affamé qu’il est d’aventures et de mises à l’épreuve…

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Mon avis :

Si vous avez lu mes chroniques précédentes sur cette trilogie, vous savez que je n’ai pas accroché. En cause la narration infiniment longue et certains personnages fort peu intéressants (je n’ai pas aimé suivre les professeurs ou encore Irma, par exemple). Pourtant, je n’ai pas trouvé ces romans dénués de qualités : l’écriture m’a plu, certains protagonistes m’ont  intriguée. Si ce dernier tome, Titus errant, n’avait pas été presque deux fois plus court que les deux premiers, je crois que je ne m’y serais jamais attelée et je l’aurais rendu sans scrupule. Mais voilà, je l’ai lu et… je l’ai apprécié. Je ne m’y attendais pas car, à en croire les quelques retours de lecteurs et lectrices qui ont aimé voire adoré Titus d’Enfer et Gormenghast, celui-ci leur a bien moins plu. Et pour cause, il change radicalement des précédents livres.
Dans Titus errant, nous reprenons le récit quelques temps après que Titus, notre jeune héros, ait quitté son château, Gormenghast. Et là est déjà le premier grand chamboulement : adieu les épais murs de pierre, adieu le Rituel, adieu les protagonistes que nous avions appris à connaître. Désormais, place à de nouvelles femmes et nouveaux hommes qui parcourent le récit, et alors que nous étions si sûr·es de l’existence de la demeure seigneurale, tout est remis en question : où Titus a-t-il donc atterri pour que personne ne connaisse Gormenghast ? Et il faut bien le dire, dans les tomes précédents, le château était un personnage à part entière.
Au cours de ses errances, Titus va faire la rencontre de nombreux personnages, notamment Musengroin et Junon qui vont être de véritables soutiens – à leur façon – pour le héros, ou encore Cheeta qui s’entiche un peu trop du jeune homme, au point de prendre très mal le moindre refus de quoi que ce soit. Et si cette dernière est bel et bien pénible, telle une écharde plantée dans votre voûte plantaire, les autres sont en revanche très intéressants : Musengroin avec son côté assez brutal mais qui cache au fond de lui un véritable amoureux de la vie, Junon et ses doutes, entremêlés de ses certitudes, elle aussi une grande amoureuse. Quant à Titus, il navigue entre son envie de Gormenghast (que deviennent ses habitants? comment va sa mère?), ses désirs et ses craintes (est-il fou?). Il a beau être le héros, ce n’est pas le personnage que j’ai préféré mais il est tout de même intéressant et ça a été un vrai plaisir de le suivre. Toutefois, il est vrai que certains individus qui parsèment le récit ne sont pas aussi passionnants que les quatre dont je viens de vous parler, pourtant ils n’ont pas été déplaisant à découvrir et à suivre.
Titus errant ne parle pas que d’errance, de doute ou même de folie, il parle aussi d’amour au sens large. C’est bien en suivant le héros et ses ami·es et ennemi·es que l’on s’en rend compte et, tout comme Titus, nous ne savons parfois plus vraiment de quoi il est question. Rien de gênant dans la lecture, au contraire cela nous plonge encore plus dedans.
Petit bémol pour la fin qui, si elle est bien menée et prenante, s’avère toutefois assez longue. Cela n’enlève toutefois rien aux qualités de ce roman qui est très bien écrit, qui a de bons protagonistes et une histoire intéressante.

Et voilà, c’est tout ce que j’ai à dire pour Titus errant. Il conclut très bien la Trilogie de Gormenghast et je regrette qu’il m’ait fallu passer par deux longs tomes interminables pour pouvoir enfin apprécier pleinement le talent d’écrivain de Mervyn Peake (et, oui, je précise « écrivain » car je connaissais déjà de longue date son travail d’illustrateur, notamment sur Alice au pays des merveilles, que j’aime beaucoup et que je vous invite à découvrir).

A noter que, si vous lisez ce livre, je vous conseille de lire la préface une fois le roman terminé, sinon vous risquez de vous faire dévoiler l’intrigue… Heureusement pour moi, pour avoir déjà vécu ça, je ne lis plus les préface sans avoir d’abord lu le bouquin.

La trilogie Gormenghast, tome 3 : Titus errant, Mervyn Peake • Titre VO : Gormenghast (Eyre and Spottiswoode) Traduction : Gilberte Lambrichs et Patrick Reumaux Editions Points• 1959 • 323 pages • 7,10€ • Genre : fantasy, errance, questionnement • ISBN : 9782757804650

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

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