La mécanique du diable

La mécanique du diable

Quatrième de couverture :

Par une nuit glaciale, dans une petite ville d’Allemagne, Karl l’apprenti horloger rumine son malheur. Il doit présenter le lendemain le nouvel automate de la grande horloge. Mais il n’a rien fait. L’inquiétant docteur Kalmenius arrive alors pour l’aider. Désespéré, Karl accepte.
La mécanique est enclenchée, c’est le début d’une abominable nuit…
Le pacte est scellé, impossible de faire marche arrière…

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Mon avis :

La seule fois où j’ai lu des romans de Philip Pullman, c’était quand j’étais adolescente, pour lire À la croisée des mondes, une trilogie de romans de fantasy jeunesse que j’avais beaucoup aimé, même si je pense qu’étant alors assez jeune, j’ai loupé pas mal de subtilités. Je pensais donc les relire un de ces jours et, finalement, c’est un autre livre de l’écrivain qui m’est tombé entre les mains : La mécanique du diable. L’édition que je possède, qui est une réédition, à dire vrai, est sortie cet automne et le livre est vraiment beau avec sa couverture rigide d’une belle couleur bleu-gris, les illustrations de Xavier Collette qui accompagnent le texte…  Sans parler du fait que ça promettait d’être un conte plutôt sombre ! Bref, j’ai décidé de me lancer dans cette lecture qui semblait avoir tout pour me plaire.
L’histoire débute dans une petite ville allemande, alors que la journée se termine. C’est le moment où les villageois se retrouvent à la taverne du coin pour boire un verre et écouter un écrivain lire ses textes. Mais pour Karl, l’apprenti horloger, ce n’est pas une bonne soirée : il doit présenter le lendemain un automate mais il ne l’a toujours pas terminé – il ne l’a même pas commencé ! Et c’est là que débarque le docteur Kalmenius… Une nuit terrible est sur le point de débuter.
Je m’apprêtais à écrire « Commençons par ce qui saute aux yeux » mais, en vérité, j’en ai déjà parlé plus haut : c’est le livre en tant qu’objet qui est vraiment beau. On peut regretter que le titre écrit sur le dos du livre (pas la quatrième de couverture, non, je parle bien du dos) n’ait pas un effet de brillance, tout comme on peut regretter que les illustrations de Xavier Collette ne soient pas en couleur (j’aime beaucoup ce que fait cet illustrateur). Mais en vérité, plus j’y pense et plus je me dis que cela ne fait finalement que renforcer la noirceur du récit, que cela ajoute un côté froid à l’histoire qui se déroule déjà au plein cœur de l’hiver… Plus j’y pense et plus ça me plaît de voir ainsi les choses.
Bon, un bel objet-livre, c’est bien mais, en tant que lecteurs et lectrices, ce qui nous intéresse le plus, ce sont l’histoire, les personnages, l’écriture… Et je vais d’abord m’attaquer à cette dernière. Quoique « attaquer » soit un bien grand mot pour le coup car je n’ai aucune raison de le faire : j’ai apprécié que Pullman reprenne les codes du conte (le début : « Un jour (au temps où les horloges étaient encore mécaniques), un étrange événement se produisit dans une petite ville d’Allemagne », l’emploi du passé, etc.), tout comme j’ai apprécié ses touches d’humour, un brin caustique mais tellement délicieux ! Il y a par exemple de petits encarts qui accompagnent ponctuellement le texte, soit pour revenir sur ce qu’il vient de se passer (« C’est ce qu’on gagne à faire ceci »), soit pour nous prévenir que c’est à ce moment que tel personnage aurait dû prendre telle décision mais que non et lisez la suite pour savoir ce qu’il a fait à la place. C’est réussi, ça donne un très bon rythme à l’histoire, on ne s’ennuie pas une seconde – je ne pourrais pas dire le contraire, j’ai dévoré le livre ! Quant au personnages, je ne vais pas m’étendre dessus car je n’ai pas grand chose à dire sur eux : ce sont de bons protagonistes, leur évolution est bien amenée en un court laps de temps (n’oublions pas que c’est un conte, le livre fait un peu plus de cent pages). Et puis il y a l’histoire : d’un côté, un apprenti horloger qui est bien dans la mouise, et de l’autre un roi – lui aussi dans la mouise, mais pour d’autres raisons. Entre les deux, le mystérieux docteur Kalmenius. Bien sûr, je ne peux pas vous en dire beaucoup plus sinon je risquerais bien de vous dévoiler trop de choses mais, ce qu’il faut retenir, c’est qu’il y a quelques rebondissements et que, si le conte s’apparente à l’horreur de prime abord, il y a quand même une beauté certaine qui s’en dégage et qu’il est vraiment plaisant à lire : pour son histoire, pour ses personnages, pour son écriture, pour ses illustrations.

Vous l’aurez compris, j’ai beaucoup aimé La mécanique du diable alors, si vous souhaitez lire un conte horrifique mais également beau, il est fait pour vous. C’est une bonne lecture qui ravira les jeunes et les moins jeunes en cet hiver qui débute.

La mécanique du diable, Philip Pullman • Titre VO : Clockwork or All Wound Up Traduction : Agnès Piganiol  Flammarion • 2020 pour cette édition (1996 VO) • 128 pages • 12,90€ • Genre : conte horrifique, jeunesse • ISBN : 9782081522084

Ce livre participe au Challenge de l’Imaginaire.

14 réflexions sur “La mécanique du diable

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