Que cent fleurs s’épanouissent

Que cent fleurs s’épanouissent

Résumé de l’éditeur :

Quelle faute a bien pu commettre Hua Xiayu, élève de l’Institut d’art de Pékin et peintre promis à un brillant avenir, pour se retrouver du jour au lendemain dans une fabrique de céramique au fin fond de la Chine ? S’il le savait…
Commencent alors ses épreuves : pauvreté, brimades, amours brisées, amitiés trahies et l’exil, enfin, dans un camp de rééducation. Seule la certitude de créer lui fera accepter l’inacceptable…
Ce récit bouleversant sur la Chine de Mao évoque avec une grande délicatesse la magie de l’art, le bonheur de la création et dénonce l’intolérance impitoyable de la Révolution culturelle.

Mon avis :

« Que cent fleurs s’épanouissent » est un mot d’ordre lancé par Mao dans les années 1960, invitant alors les intellectuels de tous bords à partager leur opinion sans avoir peur de quelconques punitions. En vérité, il s’agissait d’un moyen de savoir ce que pensaient les intellectuels et il y a bien eu des représailles, et pas des moindres.
Dans ce roman, Feng Jicai nous parle de sa rencontre dans un train avec un dénommé Hua Xiayu. L’homme raconte alors à l’auteur sa propre histoire. Si le début du récit a Feng Jicai pour narrateur, c’est ensuite Hua Xiayu qui prend alors le relais afin de retracer les éléments importants de sa vie : promis à une belle carrière dans les arts, il se retrouve du jour au lendemain envoyé dans une fabrique de céramique au fin fond de la Chine. Il est alors très clair qu’il a fait ou dit quelque chose qui n’a pas plu au gouvernement, mais quoi ? Lui-même ne le sait pas. Après des débuts difficiles, Xiayu refait tranquillement sa vie dans la fabrique, crée des liens avec certains artisans et un chien, mais aussi avec une jeune femme. Finalement, cet état de félicité ne va pas durer et il va être de nouveau envoyé encore plus loin.
Je ne vous en dis pas plus quant à l’histoire, je pense que c’est suffisant pour vous intriguer. Poursuivons sur les qualités de ce roman : s’il est destiné à un public jeune, il peut toutefois être lu par tout le monde car le sujet est très parlant. Il s’agit en effet de s’interroger sur les idées, les idéaux, ainsi que sur la répression qu’un gouvernement peut exercer, allant d’une sorte d’exil à de la torture, qu’elle soit physique ou psychologique. Feng Jicai ne fait pas de descriptions détaillées de tortures, et les enfants peuvent donc lire le livre sans problème, tandis que les adultes comprendront parfaitement l’horreur qui se joue tout au long du roman. Que cent fleurs s’épanouissent est bien écrit, bien traduit, et si l’on nous narre un épisode terrible de l’Histoire de la Chine, on a là un beau texte à découvrir. C’est assez paradoxal mais ça fonctionne très bien.
Quant aux personnages, je me suis attachée à eux en peu de temps (le roman fait 125 pages seulement) et ce sont surtout Xiayu et Le Noir (c’est le chien) qui ont fait surgir chez moi de forts sentiments.

Un peu à l’image du titre, c’est une lecture à la fois belle et révoltante ; je vous conseille vivement Que cent fleurs s’épanouissent, l’histoire d’un homme féru d’art qui tente de survivre dans son propre pays qui lui est hostile.

Que cent fleurs s’épanouissent, Feng Jicai • Gan Xie Sheng Huo – Thank Life • Marie-France de Mirbeck et Antoinette Nodot Gallimard Jeunesse • 1990 (1986 en VO) • 125 pages • 7,90€ • Genre : roman historique, art, Chine, politique, amour • ISBN : 9782070556304

Ce livre participe au challenge Coupe des 4 maisons – 2017-2018.
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