Mémoires de sable

Mémoires de sable

Résumé de l’éditeur :

La Bête n’avait pas de forme et les possédait toutes. Elle combinait les génomes de 666 espèces animales et de quelques animaux fabuleux produits par des milliers de puces combinatoires. C’était une super-chimère et rien n’était supposé pouvoir lui résister. Mais la forêt qui lui faisait face était vivante et pour un arbre arraché il en repoussait dix et lorsqu’elle parvenait à prendre l’avantage, les guerriers de bois l’attaquaient de toutes parts. Elle en démantibulait une centaine, il en réapparaissait un millier. Elle n’arrivait jamais à atteindre la petite lumière, le reflet de cristal qui étincelait au loin, comme une étoile de givre perdue dans la grasse pénombre de la sylve. Elle devait l’atteindre, la détruire, mais n’y parvenait pas. Pour l’instant. Mais elle avait reçu l’ordre de patienter et tôt ou tard…

Mon avis :
Avant toute chose, je pense qu’il est important de faire un bref retour sur l’origine de ce roman (vous en saurez plus dans la postface de Mémoires de sable) : Emmanuel Jouanne a commencé à écrire très jeune et, rapidement, il est devenu l’un des auteurs de SF les plus prometteurs. Suite à certains événements, Jouanne publie moins, vit de traductions (il a d’ailleurs traduit plusieurs romans de Philip K. Dick), et meurt en 2008, laissant un roman en suspens : Mémoires de sable.
C’est là qu’intervient Jacques Barbéri : ces deux auteurs avaient par le passé écrit ensemble à plusieurs reprises. Barbéri accepte alors de terminer le roman de Jouanne, sachant qu’aucune note ou piste ne pouvait l’aiguiller dans la direction à prendre.
Ce roman à quatre mains est une petite merveille, et même s’il ne s’agit pas d’un coup de cœur, il s’en approche.

Tout commence sur une plage. Arec est un effaceur : son métier est de supprimer ceux qui sont contaminés par les autres. Aujourd’hui, il doit éliminer Anjelina, mission qu’il accomplit avec succès. Seulement, une fois qu’il est de retour au bunker, il ne cesse de penser à la jeune femme. En rentrant, il évite les contrôles de sécurité – comme à son habitude – et c’est là que tout va déraper et que notre héros va bien malgré lui se retrouver à devoir fuir le bunker… Mais cette fuite va prendre un tournant assez inattendu.
Jouanne et Barbéri nous font alors suivre les aventures d’Arec, mais aussi celles de Kô, son ami, ainsi que d’autres protagonistes qui se rejoignent et se quittent au fil du récit. Toutefois, je vous rassure, nous n’avons pas affaire ici à une foule innombrable de personnages, et on s’y retrouve donc très bien. D’ailleurs, le groupe qui va se former petit à petit va s’avérer assez drôle, bien malgré lui : ses membres s’envoient régulièrement de bonnes répliques, tantôt ironiques, tantôt pour signifier que l’autre à tort, etc., ce qui donne lieu à des dialogues très appréciables, et amusants. Et s’ils ne s’avèrent pas tous très attachants au premier abord, on se prend vite d’affection pour les personnages principaux, à commencer par Arec, dont j’ai apprécié l’évolution, Ismaël et son flegme, Lia et sa fraîcheur, etc.
Quant à l’univers, plus on tourne les pages, plus on en apprend. Je vais vous le présenter brièvement, sans en dire trop pour ne pas gâcher le plaisir de la découverte : l’histoire se déroule durant le troisième millénaire, et les autres contaminent peu à peu la Terre. Heureusement, les effaceurs sont là pour veiller au grain (de sable) et s’assurer que l’expansion des autres soit la moins importante possible. Et donc, à chaque page que je tournais, j’en apprenais un peu plus sur les autres, sur les chimères, sur l’organisation du bunker et de la Girouette. Et en approchant de la fin, le résumé de Mémoires de sable a pris tout son sens ! J’aime ce genre de livre ou le résumé ne nous en dit pas trop ; plus je lisais le roman, et plus j’oubliais le résumé, jusqu’au moment où on nous parle de la Bête. A partir de ce moment-là, mon cerveau a fait « tilt! », et j’ai relu le résumé – c’était un peu comme une révélation pour moi.
Au final, les auteurs ont laissé quelques points en suspens, mais c’est le genre de roman où cela ne dérange pas du tout : on ne sait pas tout, mais on l’accepte sans problème, tellement l’intrigue principale est bonne.
A noter que contrairement à certains livres écrits à plusieurs mains, ici, on ne ressent pas le changement d’auteur : ils se connaissaient, et l’écriture reste alors fluide, similaire, ce qui est très agréable quand on est plongé dans un récit.

Au final, Mémoires de sable, c’est un très bon livre de SF, avec des personnages vraiment sympathiques, un univers très intriguant qui se dévoile peu à peu mais pas trop, une écriture très agréable, et je vous conseille donc vivement de le lire.

Mémoires de sable, Emmanuel Jouanne et Jacques Barbéri • La Volte • 2015 • 400 pages • 18,50€ • Genre : SF, aventure • ISBN : 9782370490100

Merci aux Editions La Volte pour cette très bonne lecture.

Ce livre participe au challenge Littérature de l’Imaginaire.
challenge-litteraturedelimaginaire
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17 réflexions sur “Mémoires de sable

    • malecturotheque dit :

      En fait la Bête est présente dès le début, mais nous ne la rencontrons qu’à la (presque) fin. C’est très intriguant, et en même temps, le reste de l’histoire est tellement prenant qu’on en vient à l’oublier, tout du moins à en faire abstraction ^^

      Aimé par 1 personne

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