Défense des droits des femmes

Défense des droits des femmes

Quatrième de couverture :

« J’espère que, quand on reverra la Constitution, les droits de la femme seront enfin comptés pour quelque chose et respectés comme ils doivent l’être, surtout quand il sera bien prouvé, comme cela ne peut manquer de l’être, que la raison exige que l’on fasse attention à leurs plaintes et réclame hautement justice pour une moitié de l’espèce. »

Directement inspiré par la pensée des Lumières, un texte puissant et original, par une figure majeure du féminisme anglo-saxon.

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Mon avis :

Défense des droits des femmes est un texte paru en 1792 et il a été écrit par nulle autre que Mary Wollstonecraft, la mère de Mary Shelley (cette dernière étant la célèbre autrice de Frankenstein). Wollstonecraft est vue comme une figure emblématique de la lutte pour l’égalité femmes-hommes du XVIIIe siècle. En effet, Défense des droits des femmes est une réponse à Talleyrand, diplomate français qui affirmait que la seule éducation que les femmes avaient à recevoir était domestique ; or Wollstonecraft ne l’entendait pas de cette oreille et elle l’a fait savoir. Cette histoire a donc traversé la Manche et elle aura fait couler de l’encre.
Je ne peux juger du texte intégrale de Défense des droits des femmes puisque cette édition, celle de Folio à 2€, ne propose que certains chapitres du texte original. Toutefois, mon constat est simple : si ce texte était incroyablement novateur pour l’époque, aujourd’hui il nous apparaît particulièrement daté, malgré certaines idées mises en avant par l’écrivaine ; elles sont bonnes et elles sont intéressantes, seulement l’optique de leur mise en place vient nuire le discours, à l’heure de notre lecture. Effectivement, si Talleyrand propose une éducation domestique pour les femmes, c’est justement pour qu’elles s’occupent du foyer et des enfants ; Wollstonecraft, si elle propose une éducation des femmes égale à celle des hommes, c’est pour que le dit foyer soit encore mieux tenu et que la progéniture soit choyée et, à son tour, bien éduquée. Mais alors, qu’est-ce que cette éducation égalitaire changerait ? Eh bien, pour commencer, l’écrivaine pense au couple. Pour faire court, disons que les maris arrêteraient de chercher le plaisir ailleurs que dans le lit de leur épouse, et les épouses arrêteraient de ne vivre que pour plaire – à leur époux, à leurs amants… -, négligeant par la même occasion leurs enfants. Là où c’est intéressant, et où cela fait écho à notre époque, c’est ce que souligne Mary Wollstonecraft : la péremption des femmes. Tant qu’elles sont jeunes, elles sont belles, elles plaisent mais, passé un certain âge, on ne les voit plus (bon, heureusement, les choses évoluent quand même). D’après elle, si les femmes étaient éduquées, elles n’auraient donc pas que leur beauté (vite flétrie) pour séduire leur époux, mais aussi leur intelligence, leur discussion. De plus, avoir ce savoir leur permettrait d’éviter les erreurs qui pourraient nuire aux époux. Etc. Globalement, c’est comment l’éducation égalitaire ferait des femmes de meilleures épouses, et surtout comment cette éducation (et c’est là où je trouve le propos vraiment novateur, et ce il y a peu de temps encore) serait bénéfique pour les femmes comme pour les hommes – dans l’optique de créer des couples et des familles, soudées, certes.
Une chose encore : si vous lisez Défense des droits des femmes, sachez qu’il y ait beaucoup question de vertu ; c’est bien une Anglaise du XVIIIe siècle qui a écrit ce livre, c’est indéniable.

Je ne sais pas trop quoi rajouter concernant Défense des droits des femmes de Wolltonecraft ; pour sûr qu’il a dû être radicalement avant-gardiste pour son époque. Aujourd’hui, outre l’intérêt historique que l’on peut porter au féminisme, j’avoue être assez dubitative. J’ai trouvé l’écriture lourde, sans compter que j’ai parfois trouvé l’ensemble redondant alors, si ça avait été le texte intégral, j’aurais probablement abandonné ma lecture à un moment donné ou un autre.
Donc ce livre n’est pas dénué d’intérêt, entendons-nous bien, mais il n’est clairement pas pour tout le monde.
Si vous l’avez lu, je serais curieuse d’avoir votre avis.

Défense des droits des femmes, Mary Wollstonecraft • Titre VO : A Vindication of the Rights of Woman Folio • 2019 (pour cette édition) • 141 pages • 2€ • Genre : essai, féminisme, XVIIIe siècle • ISBN : 9782070469130

15 réflexions sur “Défense des droits des femmes

  1. Light And Smell dit :

    J’ai une version intégrale, mais je t’avoue que le coup de l’égalité pour faire perdurer le bonheur du foyer ne m’inspire guère même si je comprends qu’il faille replacer le texte dans son contexte. En revanche, c’est intéressant de voir cette volonté d’assurer un bel équilibre aux enfants et veiller à ce qu’ils soient choyés.

    Aimé par 1 personne

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