Le Clan des Otori – Le Fil du destin

Le Clan des Otori – Le Fil du destin

Quatrième de couverture :

Voici l’enfance des Otori. L’histoire commence lorsque le jeune Shigeru s’apprête à devenir l’héritier du clan. Formé à l’art de la guerre et de la dissimulation, le jeune sire doit faire face aux appétits de conquêtes de l’ambitieux Iida, et aux traîtrises de ses propres oncles. A la bataille de Yaegahara, son destin semble scellé : son père meurt et ses oncles prennent le pouvoir. Mais, préparant dans le secret sa revanche, Shigeru attend son heure…

Le cycle du Clan des Otori révèle un Japon féodal redoutable que Lian Hearn fait revivre avec une force évocatrice incomparable. Il trouve son accomplissement avec Le Fil du destin.

Voici l’intégralité de la saga Le Clan des Otori, présentée dans l’ordre des événements :
Le Fil du destin
Le Silence du Rossignol
Les Neiges de l’exil
La Clarté de la lune
Le Vol du héron

Mon avis :
Le Clan des Otori est une saga merveilleusement écrite par Lian Hearn, qui prend place dans un Japon féodal fictif.
J’ai commencé par Le Silence du Rossignol, qui est le premier tome de la trilogie initiale. J’ai ensuite enchaîné avec Le Vol du héron, qui se déroule seize ans après la trilogie. Il était temps pour moi de lire le préquel, Le Fil du destin, dans lequel on découvre l’histoire de Shigeru, personnage des plus important dans Le Silence du Rossignol, puisque c’est lui qui prend le jeune Takeo sous son aile.

Si les quatre tomes que j’ai lu auparavant m’ont énormément touchée, le début de ce roman a été un peu difficile pour moi. En effet, le récit commence avec le très jeune Shigeru, et l’auteure nous raconte son enfance de façon expéditive. Jusqu’au moment où le jeune sire part au temple de Terayama apprendre de nombreux enseignements qui lui seront fort utiles par la suite. A partir de là, l’histoire devient de plus en plus intéressante, d’une part parce que nous rencontrons des individus que nous connaissons et apprécions déjà (Matsuda et le Renard), mais aussi parce que les intrigues prennent place, et l’air s’emplit peu à peu de trahison, d’amour, de passion, d’alliances…
Ce qui est aussi captivant, c’est de voir l’évolution de Shigeru au fil du livre, de voir comment il est devenu l’homme que nous connaissons dans Le Silence du Rossignol : ses premiers émois, sa première rencontre avec Dame Maruyama, mais aussi celle avec Iida Sadamu, ses alliances, sa première bataille, sa première défaite, etc.
Si je ne m’attarde pas plus sur les personnages et leurs relations – bien que très intéressantes, si vous n’avez lu aucun tome du Clan des Otori, ce serait trop vous en dire – je vais tout de même vous parler un peu plus du héros. Ce dernier, un jour, découvre une plume de houhou, et Matsuda lui prédit alors le retour de la paix dans les Trois Pays, mais au prix d’un important sacrifice. Suite à la bataille de Yaegahara, Shigeru obéit aux dernières volontés de son père en ne mettant pas fin à ses jours. Ce qu’il faut avoir bien en tête, c’est qu’au Japon, l’honneur est quelque chose de très différent de chez nous, et en restant en vie, le jeune homme est humilié. Ce moment est crucial dans le roman car, plus que le séjour à Terayama, la vie de Shigeru va radicalement changer : il va prendre un rôle, et patienter jusqu’à l’instant propice pour abattre son ennemi, en gardant en tête la paix à venir. Ce moment arrive quand il tombe sur Takeo, ce qui advient à la dernière page du Fil du destin, et pourtant le préquel n’en reste pas moins prenant : l’un des tours de force de Lian Hearn, c’est d’avoir réussi à maintenir l’intérêt du lecteur jusqu’au bout. Cela passe notamment par des événements qui jalonnent le récit, et qui vont se révéler de plus en plus importants, mais c’est aussi grâce aux relations entre les protagonistes qui évoluent. Pour autant, je n’ai pas trouvé l’ensemble des personnages aussi attachant que dans n’importe quel autre volume de cette saga. La raison à cela tient certainement au fait que le récit soit à la troisième personne et non à la première, comme c’est le cas dans la trilogie. Toutefois, dans Le Vol du héron qui clôt Le Clan des Otori, la narration se fait aussi à la troisième personne ; peut-être est-ce alors la plume de l’auteure qui s’est quelque peu essoufflée ?
En parlant de l’écriture, elle est très belle, comme c’était déjà le cas dans les autres tomes : les descriptions sont magnifiques, et quand elle parle d’un paysage, nous ne pouvons que l’imaginer en face de nous. Le texte se lit assez vite, sans pour autant tomber dans un style simpliste. Bien au contraire, il garde le charme propre à la saga Le Clan des Otori.

Malgré un début expéditif, Le Clan des Otori – Le Fil du destin est pour moi un bon roman.
Si vous souhaitez découvrir l’œuvre de Lian Hearn, je vous conseille toutefois de lire dans cet ordre-là : Le Silence du Rossignol, le tome 2 : Les Neiges de l’exil, puis le troisième : La Clarté de la lune, avant d’enchaîner avec Le Vol du héron. Et si c’est pour vous une relecture, même des années plus tard, suivez le même ordre, en ajoutant Le Fil du destin en première lecture.
Ce préquel, bien que bon, et très intéressant vis-à-vis de Shigeru, n’apporte pas suffisamment de détails et d’intensité pour être essentiel à cette saga littéraire.

Le Clan des Otori – Le Fil du destin, Lian Hearn • Titre VO : Tales of the Otori – Heaven’s Net is Wide •  traduction : Philippe Giraudon • Gallimard • 2008 • 704 pages • 9,70€ • Genre : fiction historique, fantasy • ISBN : 9782070359899

Ce livre participe au challenge Littérature de l’Imaginaire.
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7 réflexions sur “Le Clan des Otori – Le Fil du destin

  1. Whalzz dit :

    J’ai dû vaguement entendre parler de cette saga il y a un moment, mais tu me donnes envie de m’y intéresser. L’univers a l’air d’être assez différent de ce qu’on peut lire habituellement, et j’ai envie de ça en ce moment.

    Aimé par 1 personne

    • malecturotheque dit :

      Je te conseille de ne pas forcément commencer par « Le Fil du destin », que j’ai moins apprécié par rapport aux autres tomes (et « Le Silence du Rossignol » est le tout premier publié).
      J’espère que tu te lanceras dans cette lecture, et que tu aimeras !

      J'aime

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