Claudine à l’école

Claudine à l’école

Quatrième de couverture :

Un titre bien sage pour un roman qui l’est moins. Claudine le reconnaît : « Vrai, cette école n’est pas banale ! » Comment pourrait-elle l’être ? Les élèves ont des personnalités peu communes : la grande Anaïs, que Claudine qualifie de menteuse, filouteuse, flagorneuse, traîtresse, possède en outre « une véritable science du comique » ; les Jaubert sont agaçantes à force de sagesse ; Marie Belhomme, « bébête, mais si gaie » ; Luce, charmeuse autant que sournoise ; et les autres, « c’est le vil peuple ». Quant aux maîtresses… Mlle Sergent, « la rousse bien faite », aussi intelligente que laide, est tout yeux pour son assistante, Mlle Aimée, la bien nommée. Ajoutez les instituteurs des garçons, le pâle Duplessis et le vaniteux Rabastens, le médecin scolaire, le Dr Dutertre, aux dents de loup, qui aime s’attarder auprès des grandes… et vous obtenez un mélange détonant. Pour parfaire l’ensemble, c’est une Claudine débordante de vitalité, excessive dans ses élans, qui mène la ronde.

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Mon avis :

Je n’ai pas beaucoup aimé Claudine l’héroïne. En revanche, j’ai beaucoup aimé Claudine à l’école.
Dans ce premier roman de Colette, d’abord signé sous la plume de son époux, Willy, on y découvre la jeunesse romancée de l’autrice. Âgée de quinze ans, Claudine est encore à l’école et passera dans quelques mois le brevet. Cette jeune fille est notre narratrice et elle se montre supérieure à ses camarades et les maltraite au prétexte qu’elles ne viennent pas de la bourgeoisie et qu’elles ont de moins bonnes notes. C’est vrai, elles ont moins d’éducation, mais est-ce une raison pour avoir un tel comportement ? Non, pas d’après moi. Heureusement, ce n’est pas ce qu’il y a de plus présent dans ce roman, et il faut également remettre dans le contexte de l’époque : Claudine (et Claudine) est un reflet de ce tout début du XXe siècle. Surtout, notre jeune héroïne ne manque pas de mordant ni de répartie et c’est ce qui fait son charme, c’est pour cela que je l’ai finalement tant appréciée.
Est-ce l’une de ces choses qui font que le roman était si transgressif au moment de sa sortie ? C’est probable mais, pour moi, le véritable aspect transgressif est l’homosexualité et la bisexualité de certaines des héroïnes de Colette. En effet, nous avons Claudine qui est sous le charme de Mademoiselle Aimée, cette dernière ne laissant pas non plus indifférente Mademoiselle Sergent. Et puis il y a des hommes, comme Dutertre qui n’a de cesse de faire des avances aux femmes et filles assez à son goût (personnage infect mais réussi ; Colette n’a pas eu besoin de nous en dire plus pour le rendre à la fois repoussant et pathétique), et d’autres messieurs que j’ai trouvés sympathiques (mais j’avoue avoir trouvé l’un d’entre eux – Duplessis ou Rabastens? je ne sais plus – assez naïf, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles on s’attache à lui, finalement).
Pour ce qui est du récit en lui-même, c’est vrai qu’il n’y a pas grand chose à dire : c’est tout simplement le récit de jeunes filles préparant le diplôme du brevet, on y découvre également leurs passions, leur vie à l’école, et c’est à peu près tout. Pourtant, j’ai été transportée dans l’histoire ; Colette, avec son agréable plume, a su accaparer mon attention et rendre ses personnages sympathiques, voire même amicaux, alors que je n’ai pas grand chose à voir avec eux. Comprenez par là que je ne me suis pas identifiée a ce groupe de jeunes filles mais je me suis en revanche vu comme une spectatrice, ou plutôt comme une connaissance à qui une jeune fille de Montigny raconterait les dernières nouvelles de l’école et les amours des copines. Je me suis donc sentie bien, parfois plus intéressée par certaines parties du récit que par d’autres, mais je ne me suis jamais ennuyée.
Une très bonne chose avec ce roman c’est que, même s’il est question d’adolescentes, même si la narratrice a quinze ans, l’autrice en avait presque le double au moment de la publication ; la plume n’est donc aucunement naïve ou mauvaise ; Claudine à l’école, c’est l’histoire de jeunes filles du début du XXe siècle racontée par l’une d’entre elles, mais pas n’importe laquelle : Claudine, qui a un regard critique et acéré sur ce qui l’entoure.

En somme, c’est un classique de la littérature française que je vous recommande chaudement. De mon côté, je compte bien lire Claudine à Paris courant mars.
Très bonne lecture à vous.

Claudine à l’école, Colette et Willy Le Livre de poche • 1900 • 256 pages • 5,70€ • Genre : classique, littérature française, adolescence, bisexualité • ISBN : 9782253010487

Ce livre participe au Feminibooks Challenge.

6 réflexions sur “Claudine à l’école

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